Les Cahiers Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

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Les cahiers du Crasc, N°1, 2001, p. 21-29 | Texte intégral


 

 

 

Kenza BENAMAR

 

 

 

Comment aborder une question aussi délicate que le travail de terrain dans un espace qui connaît une instabilité politique depuis plus de six années ?

D’abord, commençons par exposer les difficultés de terrain que rencontre le chercheur placé dans un rapport social précis, dans un environnement ignorant la signification du travail de terrain articulé avec un savoir scientifique acquis, et enfin face au groupe social étudié avec lequel il va tisser des liens objectifs mais subjectifs  aussi.

Pour l’étudiante que je suis, la recherche de terrain se posait comme une évidence pour accéder à la connaissance ou pire à la vérité. Plus tard, je compris que la vérité recherchée ne se retrouvait que dans ma tête, que les statistiques n’étaient pas un critère de «scientificité», encore moins les questionnaires.

Je découvris les bienfaits de l’entretien mais, également, l’autre face de cet outil de travail. En effet, le rapport direct qu’il impose au chercheur n’est pas sans risque. Cependant, l’entretien a le mérite de «fixer» pour un moment un cadre de vie, comme le photographe fixe un paysage où se retrouvent, comme par magie, tous les éléments recherchés, pour donner le sens qu’il faut.

Néanmoins, le travail de terrain s’avère difficile dans un espace où règnent la méfiance, la mort et la menace en tous genres. Le chercheur devient alors l’espion, ou simplement l’importun «qui se remplit les poches sur le dos des autres», car, pense-t-on, «l’État le paye bien pour les informations qu’il lui fournit».

Dans cette atmosphère de peur et de méfiance, voire de mépris, le chercheur est frustré et se demande si le questionnaire ne pouvait pas être une «miséricorde».

J’avais décidé de faire cette recherche malgré les oppositions familiales et amicales. J’ai déposé l’intitulé de la recherche pour une réinscription en magister et je n’ai eu, contrairement à toutes les idées reçues, aucune objection.

En effet, j’ignorais que le problème se posait à un autre niveau, individuel, et collectif.

Mon bagage scientifique ne me permettait pas de mener à bien l’entretien. Dans le face-à-face, il ne faut pas simplement demander une information mais il faut la quémander[2]. En effet, le rapport entre l’enquêteur et l’enquêté se veut un rapport d’écoute, d’attention et d’apprentissage. Il s’agit d’une attitude démocratique vis-à-vis de la personne avec laquelle nous faisons l’enquête. Cette attitude est un témoignage de tout l’amour que le chercheur peut porter à sa société.

En effet, le fait de ne plus chercher à la transformer, à la hausser au niveau «des sociétés modernes», mais d’être simplement à son écoute, demande énormément d’efforts. Il s’avère plus difficile de se mettre à l’écoute de la société que de lui imposer notre interprétation du monde.

Le face-à-face instaure des liens dont le cumulus scientifique ne donne aucune idée, car il faut utiliser, non pas des «recettes», mais du «savoir-faire». Ainsi, la chercheuse débutante doit faire face à plusieurs portes claquées au nez, à des situations gênantes avec nos «enquêtés».

Le travail de terrain est formateur dans la mesure où il met à l’épreuve notre personnalité, notre savoir scientifique et enfin nos savoir-faire dans des situations sociales complètement artificielles. Plusieurs situations peuvent mettre à l’épreuve notre amour propre, notre vanité ou encore l’estime et le respect qu’on a pour la science. En effet, le travail de terrain met à l’épreuve notre foi en la science.

Lorsque le chercheur est objet de méfiance, il en est perturbé. Cependant, lorsqu’il est objet risible et sujet à des tentatives d’intégrations dans le groupe objet de la recherche, cela peut devenir dangereux pour lui, s'il prend au sérieux les propositions faites. Le chercheur, dans ce cas-là, devient à la fois objet du groupe            et sujet de sa propre recherche.

Mon savoir et les leurs

Un de mes enquêtés me demanda un jour quel sens avait le fait de chercher les raisons de la violence. Je commençai par lui fournir l’explication que j’avais acquise à travers mes connaissances livresques. «Je n’y comprends rien, pourquoi chercher dans ces systèmes explicatifs au lieu de chercher à tracer l’itinéraire de cette violence ?».

La réalité était là, l’histoire de cette violence l’attestait, mais à vouloir trop comprendre, je finissais par tout compliquer. Il est vrai aussi que l’absence d’information concernant l’identité sociale des acteurs de la mort rendait le travail très difficile et l’interprétation impossible.

Mon travail changea d’aspect (et ce processus ne finit qu’une fois le travail achevé), mes indices et mes questionnements également. Il fallait, alors, assister à des sessions criminelles et faire l’inventaire des actions violentes par quartiers dans la ville d’Oran.

Je pensais que pour étudier ce phénomène nouveau (et cela se passait en 1992), il me fallait simplement appliquer les indices sociologiques que j’avais ingurgités durant mon parcours universitaire, afin de présenter une «bonne thèse comme tout le monde», me disais-je naïvement.

Ma problématique se situait entre un savoir local sur la mort naturelle. Et une importance louée aux espaces urbains comme lieu où se sont déroulées la contestation et la violence politique. Il fallait faire son propre choix.

J’ai voulu par ce détour (G. Balandier) décrire les tâtonnements de cette recherche sur la violence.

En effet, l’accès au terrain ne me fut pas possible, pas plus que la possibilité de consulter les documents concernant les indices sociologiques des «terroristes». Les statistiques pour faire «du remplissage» datent de 1987.

Alors que toute recherche en sciences sociales sur l’Algérie se fait en comparant un avant et un après octobre 1988.

Une fois les problèmes rencontrés assumés, mais nullement résolus, le travail de terrain allait encore une fois s’imposer avec toutes ses difficultés méthodologiques, idéologiques et «communicationnelles».

En effet, je ne me suis pas limitée à une seule technique, ou méthode. Ce terrain peut relever à la fois de l’ethnographie, de la monographie, de la sociologie…

Mon enquête devenait une investigation qui n’avait plus de fin. Mes hypothèses, construites à partir d’une pré-enquête, perdaient leur sens à un moment donné. Il fallait alors ou bien s’y accrocher en dépit du terrain, ou bien les changer radicalement, ce qui n’est pas entièrement «juste», puisque ces mêmes hypothèses avaient «fonctionné» dans la réalité sociale à un moment donné.

La situation d’enquête

Mon contact avec mes enquêtés n’a pas été facile. J’avais pu me mettre en relation avec mon «informateur privilégié» (ou encore mon médiateur) en 1995. Je lui avais parlé de mes préoccupations, de mes problèmes ; je lui avais également dit que les institutions n’avaient pas voulu m’aider. Cette dernière phrase fut presque magique, car il accepta.

J’ai pu faire cinq entretiens avec lui, deux sur son quartier (et, jusqu’à présent, lorsque nous nous rencontrons, il me parle de son quartier). Quant aux deux autres entretiens, il a été question de son itinéraire avec les djama’at’, et de sa vision de la violence actuelle. Grâce à lui, j’ai pu établir le contact avec mes enquêtés.

Des questions logiques et des questions réelles

Le guide d’entretien m’a été inspiré par mes discussions avec les habitants des quartiers populeux, avec des procureurs, des policiers, des femmes, des jeunes… J’utilisais, ainsi, tous ceux à qui je pouvais parler.

J’espionnais les discussions de jeunes sur l'État, leur façon de tourner les horribles «terros» ou les terribles «ninjas» en dérision (je les encourageais par un sourire, ou tout simplement en m’immisçant dans leurs discussions, et cela ne «marchait pas à chaque fois»).

L’effet de ces discussions n’avait pas seulement bouleversé en profondeur mes hypothèses, mais avait également modifié ma position vis-à-vis des «savoirs locaux». En effet, mon imagination sociologique, façonnée à l’université, faisait rire mes interviewés : ainsi, lorsque je posais la question de la relation entre chefs de bande et «terroristes» (voir l’article de A. Khalladi dans un des numéros de Confluence), on me répondait souvent, pour finir : «Tu sais, le chef de bande existait avant le terroriste.» Implicitement, cette dernière réflexion m’inspirait un travail sur les représentations qu’on avait des rodjlas (chefs de bande), dans les quartiers à Oran, et sur leurs façons à eux de voir le meurtre politique actuel.

La question philosophique du pourquoi indigné s’était transformée en un comment efficace, moins aveugle à la réalité quotidienne. De fait, la violence politique actuelle est devenue un moyen efficace pour se débarrasser de la violence sociale. En effet, la violence sociale (telle que je l’ai conçue dans ma recherche) est plus ancrée dans la réalité, donc plus difficile à faire disparaître, elle représente la preuve palpable d’une certaine forme de précarité de l'État. Aujourd’hui, les rodjlas se trouvent devant une alternative : partir ou adhérer aux groupes des acteurs de la mort. Ce qui représente, dans les deux cas, la mise entre parenthèses de la violence sociale avec tout ce qu’elle comporte comme moyens de survie, comme savoir-faire, créés dans une situation de crise.

Prendre réellement part ou jouer la comédie

Durant mon travail de terrain, je me suis rendu compte que je ne savais rien des jeunes, encore moins de leurs cultures. J’ai donc commencé à m’imprégner de leurs expressions, de leurs façons de parler, de leurs façons d’être par rapport aux autres. Cela me parut une condition sine qua non pour mener à bien mon travail. Lorsque je m’entretenais avec mes enquêtés, j’adoptais leur registre discursif. Je disais à titre d'exemple : «Et la zetla ?» Étonnés, mes enquêtés sourient et me répondent (j’en parle par rapport à l’espace domestique, propre à une certaine culture locale, dans la ville).

Je jouais la comédie, mais sincèrement. À chaque rencontre avec mes enquêtés, les discussions sur la violence, le quartier… reprenaient. En fait, mes enquêtés me parlaient comme si j’allais vivre à Oran. Ils m’informaient sur le mode de vie urbain, leurs endroits secrets, ou encore sur les visites nocturnes des acteurs de la mort.

Il est certain qu’à partir du moment où le chercheur commence à aborder des questions intimes, telles que l’endroit où fumer un «joint», ou sa vision par rapport à l'État (service national, les biens publics…), il peut alors parler plus facilement des acteurs de la mort, puisqu’ils font partie «non pas du décor», mais d’une certaine représentation mi-mythique mi-réelle.

J’étais submergée par le flot des discours, je prenais tout en vue d’éventuelles utilisations. En effet, rien ne se perd, tout s’utilise.

Le contact avec les djma’istes : un entretien ou un  prêche ?

Mon expérience avec les djama’istes est particulière (elle se poursuit toujours). D’abord, je n’avais aucune idée de leur existence à Oran. Je ne savais pas comment il fallait leur parler ni comment m’habiller devant eux. Ces questions furent pour moi une véritable obsession, qui dure toujours. En effet, si un membre des khouroudjs m’acceptait telle que je suis, un membre des khalafis ne me regardait même pas, tout en me parlant. Les questions que je me posais sur ma présentation extérieure hésitaient entre une envie de jouer à la tête de Turc, et un désir de manifester une position personnelle en restant comme j’étais, c’est-à-dire sans foulard.

La situation, qui m’a mise en relation avec les djama’istes, paraissait aux autres (ceux qui regardaient) bizarre. Non seulement, j’étais dévisagée, mais j’étais également questionnée (je répondais : «Ce sont mes étudiants.»).

Le regard est un paramètre essentiel dans l’entretien, il me fut interdit. Les djama’istes ne regardent pas les femmes, c’est une fitna. Les poignées de mains sont également interdites, ainsi que le rire à gorge déployée ; il fallait faire attention à ne pas qualifier les violences durant les premières époques de l’islam, ni poser des questions à leur sujet.

Si j’étais devant un membre de la da’awa, j’étais plus ou moins à l’aise, mais si j’étais devant un khalafi, il fallait prendre toutes les précautions (un khalafi avait fait toute une argumentation religieuse à son enseignante pour lui montrer que le contenu de l’examen relevait de l’impiété), car, à ses yeux, j’étais à moitié kafira. C’est la raison pour laquelle les khalafis pensaient que je voulais retrouver le «chemin d’Allah» après l'avoir quitté.

Écrire et surveiller :  le flou des frontières entre l’entretien et l'interrogatoire

Mon contact se passait bien jusqu’au moment où je sortais une feuille vierge et un stylo : mon enquêté était alors mal à l’aise. Il ne cessait de me regarder, de m’épier. Il me certifiait que ses connaissances se trouvaient dans les livres, que sa djama’a n’avait aucun lien avec ce qui se passait actuellement… J’étais gênée, mon entretien se transformait en interrogatoire. Je me mettais alors à lui expliquer que je n’étais pas ce qu’il pensait, et que je prenais des notes pour d’éventuelles lectures livresques. Depuis, je demande à mes enquêtés une feuille, pour pouvoir écrire ; c’est également une façon de leur demander la permission de la faire. Et si jamais elle est remplie, ils me demandent si j’en veux une autre (même si mon enquêté n’a pas de feuilles, on se débrouille ensemble pour en trouver, cela fait moins «universitaire», et donne plutôt l’impression d’une étudiante meskina, c’est-à-dire qui n’a rien à voir avec l'État). Il s’agit, bien sûr, d’une impression, nécessaire pour répondre à une certaine situation de l’entretien, mais cela ne veut aucunement dire que le problème du caractère coercitif de l’entretien (dans la mesure où il ressemble à un interrogatoire) soit résolu. Il s’agit plutôt d’une atténuation de l’effet policier crée par cette position du chercheur qui pose des questions.

Obliger l’autre, même gentiment à y répondre, est l’expression d’un rapport social asymétrique. Les effets des questions posées à l’enquêté sont incontrôlables : ainsi, certains enquêtés, lorsqu’ils me rencontrent, me disent par exemple : «J’aimerais bien qu’on en reparle ; tes questions, je n’y ai pas encore pensé», ou encore «J’aimerai te dire des choses que je n’ai pas pu te dire la dernière fois». Ces réactions réconfortent certains chercheurs, mais elles ne me font pas le même effet, je me dis que peut-être je n’aurai pas dû ; l’action sociologique s’exerce, malgré le chercheur, sur ses enquêtés, du moment que le travail de terrain influe sur le travail théorique.

Des confidences ou un exercice de prosélytisme

La position de l’enquêté est parfois celle du détenteur de la vérité. Les questions ne pouvaient être que didactiques. Tout esprit critique vis-à-vis des pratiques de l’islam était exclu : «Tu ne peux pas comprendre», me disait-on en me parlant des karamates. «Vous, les universitaires, vous ne croyez pas…»

Et lorsque je protestais, on ne m’aidait plus, on relatait ses karamates : l’entretien se transformait en action de da’awa. J’étais prise comme personne à islamiser, et non plus comme «policier». Dans le prosélytisme, l’eschatologie est un moyen efficace d’obtenir l’attention d’autrui et de miser sur les sentiments pour mieux les orienter. J’ai su à la suite d’un de mes entretiens qu’un djama’iste s’était levé un matin et avait dit à ses rifaks : «Je suis le mehdi el-mountadar

Lorsque j’eus fini mon premier entretien avec l’un des djama’istes, alors qu’il s’apprêtait à sortir, je lui lançai ma question favorite : «Que penses-tu des violences actuelles ? » «Tu sais, me répondit-il, nous sommes pris entre deux feux : l'État, et les «terroristes» ; plusieurs de nos membres ont été tués.» Il me parla enfin de la violence politique, sociale (j’ai su qu’il était un marginal avant de connaître son groupe), de son quartier, des «blagues» qui se racontaient sur les autres groupes… Bien sûr, j’ai repris tout cela plus tard, en tant qu'universitaire, chercheur… mais pas complètement. Les djama’at ont des rituels d’initiation que je ne connais pas encore. (Il existe un tas d’éléments que je n’ai pas connus de la bouche de mes enquêtés.)

Les remarques

Je pris conscience – et il m’est difficile de me défaire de cette idée – que le sociologue avait «ce don de se placer au-delà du social», dans son rapport avec le terrain. Cela le mettait en retrait de la société, dans une position qui lui permettait de considérer les «faits comme des choses». Cette sorte de transparence du chercheur émanait de cette foi dont on a parlé au début.

En effet, mon désir, et ma conviction d’être transparente, m’avaient jetée dans une situation de suspicion de la part de ceux que j’avais en face de moi. Il fallait, non seulement, dire son opinion («Quoi ? tu penses que ceux qui égorgent viennent tous de la même catégorie ? Si tu penses cela, tu es encore naïve !», ou encore : «L’islam est le véritable système de gouvernement pour les Arabes. Si tu penses le contraire, tu ne dois plus vivre en Algérie.»).

La troisième remarque tient au fait que je suis une femme qui travaille sur un phénomène supposé être produit par des hommes. De plus, il existe un stéréotype qui fait de la femme le lieu «lieu de la vie». «Quoi ? me dit un universitaire, tu fais un travail sur la mort ? Les jolies demoiselles comme toi s’intéressent à ces horreurs ?».

La réaction de mes enquêtés ne m’étonne guère, comparée à celle des intellectuels ! Il est sûr que le rapport de force est plus asymétrique entre une chercheuse et son enquêté qu’entre un chercheur et le sien. Le plus intéressant dans tout cela, c’est que je faisais pitié et donnais, par là, l’impression d’être perdue au sens religieux du terme, ou alors d’être une étudiante dans le besoin.

Le problème du sexe du chercheur dans la société algérienne n’a pas été posé, le silence sur cet aspect est la preuve même de son évidence.

Pour faire cette enquête j’étais partie d’une triple position :

- Je n’appartiens pas à l’univers cosmogonique de mes enquêtés (en dépit du fait que je sois musulmane) :

- Je suis une femme qui fait une enquête sur des islamistes hommes ; cet élément a son importance dans notre société (est-ce l’occasion de faire une enquête avec les femmes djama’istes pour un travail post thèse ?).

- Je ne suis pas de la ville. Je suis originaire d’une zone semi-urbaine à dominante paysanne. Et même si j’ai fait mes études  secondaires et universitaires en ville, ceci ne veut guère dire que je suis de la ville. Cette position me permet d’avoir une distance par rapport à ce qui fait la ville, mais elle m’exclut en même temps de l’univers idéel du quartier qui est à l’origine des violences sportives entre quartiers, entre rodjlas appartenant à différents quartiers, enfin de ce qui fait  «le fait citadin à Oran».

  1. Étudiante magister de sociologie (université d'Oran), collaboratrice au CRASC.
  2. Sur le terrain, le chercheur se rend compte de la difficulté de l’entretien et de ses implications psychiques et sociales. Il comprend qu’un «bon» travail de terrain ne peut venir que de cette attitude démocratique et courageuse : celle de donner la parole aux autres, et laisser ces derniers interpréter à leur façon leur quotidien.