Les Cahiers Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des cahiers

Les cahiers du Crasc, N° 34, 2018, p. 85-102 | Texte intégral


 

 

 

 

Ouardia YERMECHE

 

 

 

Introduction

Les noms propres de personnes et de lieux sont un paradigme majeur du patrimoine immatériel et mémoriel universel. L’onomastique, dans ses deux grands domaines que sont la toponymie et l’anthroponymie, est un domaine encore peu connu au Maghreb en général et en Algérie en particulier où les études sur le nom propre en sont à leurs premiers balbutiements. En Algérie, cette science a été mise en lumière, il y a de cela à peu près 25 ans grâce à un collectif d’enseignants-chercheurs du CRASC d’Oran, pionniers dans le domaine. Les études en onomastique connaissent depuis un regain d’intérêt dans la recherche universitaire.

Notre exposé se propose de faire l’état des lieux de cette science nouvelle en Algérie. Dans un premier temps, nous définirons la science onomastique, nous en déclinerons les différentes composantes puis nous présenterons un bref historique de son apparition, nous exposerons enfin le problème définitionnel de l’objet d’étude de l’onomastique en l’occurrence le nom propre. Dans un deuxième temps, nous brosserons un état des lieux des études onomastiques en Algérie. Nous terminerons enfin notre exposé par l’énonciation de quelques perspectives quant à l’avenir de la recherche onomastique en Algérie et au Maghreb.

L’onomastique

Définition

Etymologiquement, le terme « onomastique » vient du grec onomastikos qui signifie « propre à donner un nom », lequel dérive du terme onomasia « désignation par un nom ». Tous deux remontent au grec ancien onoma qui signifie « nom ».

Cette science étudie les noms propres sous toutes ses formes en s’intéressant à l’étymologie de leur formation et de leur(s) usage(s) à travers les langues et les sociétés. Elle se propose de rechercher leur signification, leur histoire, leur évolution et leur impact sur les sociétés[1].

Les catégories onomastiques

Comme nous venons de l’énoncer, l’onomastique est une science sociolinguistique, son approche est pluridisciplinaire. Elle étudie toutes les formes de nomination, toutefois, les deux catégories de noms propres les plus importantes sont celles des noms de lieux ou toponymes du grec tópos, « lieu » et ónoma, « nom » et  des noms de personnes ou anthroponymes, (du grec anthropos « personne » et ónoma, « nom ».

Chacune de ces catégories se subdivise en sous-catégories. Ainsi dans la toponymie, nous avons :

- La macro-toponymie qui comprend l’oronymie ou noms de relief (du grec oros « montagne »), l’hydronymie ou noms de voie d’eau (du grec hydro « eau »), l’odonymie ou noms des voies de circulation (du grec hodos « rue »),

- la microtoponymie qui renvoie aux noms de champs, parcelles de terre, lieux dits….).

- Des disciplines nouvelles plus pointues, relatives  au nom propre, ont vu le jour ces dernières années ainsi l’onomastique signalétique (noms des panneaux de signalisation), l'onomastique mercatique qui étudie les noms de marques et de produits,

L’anthroponymie, quant à elle, étudie toutes les formes d’appellation des personnes :

- les noms de famille ou patronymes (gentilices),

- les prénoms (ou nom individuel ou nom d’ego),

- les surnoms, les sobriquets,

- les hypocoristiques (surnoms affectueux ou enfantins),

- les ethniques (noms de tribus),

- les hagionymes (noms de saints).

Nom propre et nomination

L’onomastique, en tant que science des noms propres constitue une voie royale pour la connaissance humaine du fait qu’il existe un rapport étroit entre la personne et le nom qui le désigne ou entre le lieu et le nom qui le dénomme. Les noms propres sont les témoins d’un capital linguistique, culturel et religieux, transmis de génération en génération. En tant qu’objets linguistiques de culture et de mémoire, les noms de lieux et de personnes sont porteurs de valeurs culturelle et mémorielle fondamentales pour la construction de l’identité individuelle et nationale. Véhicules de transmission de l’expérience humaine, ils constituent un trait d’union entre le lieu, l’homme et son histoire. Ainsi observer la nomination et les systèmes dénominatifs, c’est étudier une société dans toute sa subjectivité, ses représentations, ses us et coutumes et ses pratiques sociales.

L’acte de nommer est un fait socioculturel universel. Le nom est un vecteur de référenciation spatio-temporelle et de structuration de la société (Bourdieu, 1970). De tout temps, en tout lieu et dans toutes les sociétés, les personnes et les espaces sont nommés. Par ailleurs, le nom propre classe, individualise et identifie les personnes en les inscrivant dans l’ordre symbolique et social. Il joue un rôle de différenciation, de repérage et de positionnement social par rapport d’une part, aux individus d’un même groupe socioculturel et d’autre part, par rapport à des individus exogènes à cette société. (F. ZONABEND, 1980).A titre d’exemple, nous pouvons citer la dénomination des personnes dans les sociétés amazighophones qui s’opère selon le mode lignager et patrilinéaire. Dans la famille restreinte, l’individu se voit octroyer à la naissance un prénom ou nom individuel ou encore dit nom d’ego qui lui assigne ainsi une identité et qui lui permet par là-même de se distinguer des autres membres de la fratrie (Menad, Ziri, Amokrane, Ameziane…). Un petit nom ou surnom affectueux appelé dans le jargon onomastique, l’hypocoristique, lui est également attribué dans certains cas (Hamou dit Hammouche).

A l’extérieur de la famille restreinte, au sein de la communauté villageoise, ce même individu est désigné par rapport à ses ascendants directs, père, grand-père… à l’exemple de Mohand Ou Ali N’Cherif, voire par rapport à son ancêtre éponyme qui a généralement donné son nom au groupe des descendants ainsi Belaïd n’Ali ou Seghir Aït Saadi. Souvent, il se verra affublé d’un surnom ou sobriquet reflétant une caractéristique physique ou mentale, un trait de caractère, une expression dite…. comme Azroual, Azarqaq.

A l’extérieur du village, cet individu est le plus souvent dénommé par son appartenance ethnique en l’occurrence par le nom de sa tribu : Amokrane n’At Djennad ; Mennad n’At Menguelett.

Enfin, la dénomination d’un espace est un acte d’appropriation, de territorialisation, preuve en sont les différentes phases successives de nomination/dé-nomination/ re-nomination que connaissent les lieux occupés par différentes civilisations.

Historique de l’onomastique

Depuis les temps les plus anciens, en Europe ou en Orient, le nom propre a fait l’objet d’un intérêt certain de la part des chercheurs de différents domaines. Toutefois les études onomastiques restent relativement récentes et fortement influencées par les études philologiques qui les ont orientées vers la recherche étymologique et historique pour retrouver l’origine des noms. En Europe par exemple, les premières études onomastiques sur le nom propre n’ont débuté qu’au 16ème siècle, avec l’ouvrage de Ch. ESTIENNE, publié en 1553 sous le titre de Guide des chemins de France. Ce n’est qu’à la fin du 19ème siècle, avec les débuts de la linguistique moderne et l’apparition du concept de dialectologie (1881 : création par Gilliéron de la chaire d’onomastique à l’Ecole pratique des Hautes Etudes) qu’apparaît l’onomastique moderne. Grâce à Albert DAUZAT (1949), l’onomastique va être considérée comme une science linguistique du fait que son objet d’étude est le nom propre en tant que fait de langue, donc relevant de la linguistique et prenant en charge les études du vocabulaire commun, des nomenclatures étymologiques et qui désignent par ailleurs une réalité topographique, archéologique, historique, anthropologique et sociologique.

Théorie du nom propre et onomastique

Le problème de l’onomastique réside dans le fait qu’elle n’arrive pas à cerner clairement son objet d’étude[2]. Depuis sa création, la science onomastique a connu une évolution sensible tant dans son objet d’étude que dans ses outils théoriques et méthodologiques. La difficulté de cerner son objet, donc de définir la nature du nom propre, va orienter les recherches onomastiques vers les fonctions que s’assigne celui-ci.

L’onomastique va s’appliquer  à expliquer le nom propre dans ses multiples formes et à les décrire pour retrouver leur signification et leur motivation[3].

Elle étudie  ainsi le nom propre comme un nom commun.

« Puisqu’en fait, le nom propre est, diachroniquement, un nom commun dont on ne comprend plus le sens : et comprendre ce sens c’est, diachroniquement toujours, le reverser au compte de ce nom commun qu’il a été »[4].

Le travail de l’onomasticien se limite à observer cet objet qu’est le nom propre et à décrire « le comportement sociolinguistique », les réalisations des noms propres en tant que systèmes désignatifs organisés dans une communauté linguistique donnée ainsi d’essayer de comprendre les motivations qui sont à l’origine de telles ou telles forme dénominative.

« Le contact avec ces noms propres, mal définis […] a appris à l’onomasticien à voir vivre ces noms, à les voir s’organiser en systèmes désignatifs au sein même d’une communauté linguistique donnée. Au-delà de sa visée historico-philologique qui s’efforce de les explique, cela lui permet à défaut  de les définir) de les décrire dans leur comportement sociolinguistique)»[5].

De cette façon, le nom propre se définit de façon pragmatique c’est-à-dire par l’étude de sa fonction[6]. C’est ainsi que nous voyons naître des sciences onomastiques nouvelles telles que la toponymie sociolinguistique, une approche pluridisciplinaire qui englobe la linguistique, la sociologie, la dialectologie, la géographie, l’histoire mais aussi l’anthropologie et l’ethnologie. Toutes ces disciplines confondues sont nécessaires voire indispensables à une bonne compréhension des faits de nomination au sein desquels interviennent des facteurs sociologiques, culturels, religieux, politiques et historiques, comme l’énoncent les travaux de M. Th. MORLET et plus encore ceux de M. MULON.

L’onomastique algérienne et maghrébine: une science en devenir

Historiquement, le Maghreb, au-delà des états politiques, est une unité anthropologique. Des invariants cristallisés dans les noms propres de lieux, tribus, personnes, animaux, végétaux, espaces sacrés, structurent ce territoire de l’Est à l’ouest, et le définissent comme une entité culturelle et linguistique. La permanence des schèmes amazighs dans les noms propres contemporains montrent, si besoin en est, la continuité de l’onomastique libyque dans l’onomastique amazighe.

De même, la pérennité d’un fonds lexical commun amazigh a permis la perpétuation, à travers les siècles, de dénominations authentiques maghrébines et sahariennes et ce, malgré, les différents courants civilisationnels exogènes qu’a connus le Maghreb. L’imaginaire onomastique local a été marqué de manière cyclique, par des repositionnements géopolitiques, des changements culturels et linguistiques et des résurgences identitaires.

Tous les chercheurs en onomastique maghrébine de la période coloniale (Mercier, Pellegrin, Laoust, Galand) et postcoloniale (Cheriguen, Parzymies Atoui, Haddadou, Allati, Bendjaffar, Benramdane, Yermèche, Toudji, Ahmed-Zaid, Tidjet ...) reconnaissent que la nomenclature onomastique tant ancienne qu’actuelle résulte de la co-pénétration de plusieurs systèmes.

A la différence des études menées ailleurs dans le monde et qui mettent plutôt l’accent sur la gestion rationnelle du fonds onomastique local et l’attachement au terroir, les études onomastiques maghrébines contemporaines restent sous-tendues et déterminées par des questionnements de nature identitaire.

C’est dire combien, dans les sociétés maghrébines, le questionnement identitaire reste une problématique majeure.

Jusqu’à l’indépendance des états, l’onomastique maghrébine, qui constitue une voie directe pour retrouver les référents identitaires,  n’a fait l’objet que de travaux produits par des missionnaires, explorateurs et militaires français (Laoust, Pellegrin, Mercier, Galand). L’intérêt des autochtones pour l’onomastique est relativement récent, en Algérie du moins, cette science  a commencé à voir le jour vers les années 80. La visibilité de la science onomastique est l’œuvre de trois chercheurs universitaires, les linguistes Foudil Chériguen, Farid Benramdane et Ouerdia Yermèche.

Pionnier dans le domaine, Foudil Chériguen a introduit l’onomastique dans ses enseignements universitaires vers les années 89. Il est l’auteur de deux ouvrages en toponymie: Toponymie algérienne des lieux habités (les noms composés), Epigraphe, Alger, 1993; Dictionnaire d'hydronymie générale de l'Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie) 2014. A la suite de quoi, un mémoire de magister de toponymie est soutenu en 1995 par F. Benramdane, qui a porté sur la « Toponymie de l’Ouest algérien», suivi, en 1996, de la thèse de doctorat en géographie de B. Atoui : « La toponymie et l’espace en Algérie ».

En 1999, une thèse de doctorat intitulée Contribution à l’étude de la toponymie villageoise kabyle, est soutenue par M. Ahmed-Zaid-Chertouk. En 2008, deux thèses de doctorat, l’une en toponymie (F. Benramdane : Toponymie de l’ouest algérien, origine, évolution, transcription) et l’autre en anthroponymie (O. Yermèche : Les anthroponymes algériens : études lexico-sémantique, morphosyntaxique et sociolinguistique) inscrivent définitivement la science onomastique dans les recherches universitaires en Algérie.

Depuis 1995, ces chercheurs n’ont eu de cesse, par leurs travaux et par l’organisation de manifestations scientifiques nationales et internationales (journées d’étude, séminaires, colloques) d’œuvrer à promouvoir cette science et à la faire connaître dans les cercles universitaires. Des enseignements commencent à être dispensés dans les universités sous forme de séminaires, dans la formation théorique de doctorat, de magister ou de master en science du langage. De plus en plus d’étudiants, intéressés par le domaine, décident de se lancer dans l’aventure onomastique et entreprennent des magisters et des doctorats en onomastique (toponymie, anthroponymie et autres) dont certains sont déjà soutenus (à peu près une vingtaine au niveau national) ou en voie de l’être (une trentaine) dans les différentes universités du pays notamment à Alger, Mostaganem, Oran, Constantine, Bougie et Tizi-Ouzou.

Les recherches en onomastique étaient inscrites au sein du CRASC jusqu’en 2012, date qui a vu la création d’une unité de recherche RASYD (sur les systèmes de dénominations), constituée de deux divisions d’une quarantaine de chercheurs répartis sur dix projets de recherches.

Cette unité constitue la fierté des chercheurs onomasticiens car elle est la preuve concrète de l’implantation de la recherche onomastique dans le champ universitaire. Dans la même année, a été créée une société savante SAO (la société algérienne d’onomastique), qui regroupe tous les chercheurs de diverses disciplines s’intéressant de près ou de loin à l’onomastique (linguiste, historien, sociologues, littéraires, géographes, ethnologues, anthropologues, archéologues, dialectologues…).

Neuf projets nationaux de recherche (PNR) (2005/2009 et 2009/2013) ont été achevés, pour certains par des publications d’ouvrages (cf. bibliographie ci-dessous). Autant de projets d’établissement CRASC sont menés par différentes équipes. Toutes les études et réflexions, menées à ce jour, laissent présager d’un avenir heureux pour les sciences onomastiques en Algérie.

Bien que de plus en plus répandus, les travaux et les études universitaires menés en onomastique restent circonscrits à certaines wilayas du nord algérien dans lesquelles nous avons eu à intervenir et à faire connaître cette science, soit par nos interventions, soit par la démultiplication de nos étudiants. L’impact qu’ont eu nos enseignements dans les différentes universités dans lesquelles nous avons intervenu, es nombreux projets de recherches (PNR ou projets d’établissement) initiés par Benramdane, Yermeche et Atoui au niveau du CRASC, les nombreuses manifestations scientifiques (colloques et séminaires nationaux et internationaux, journées d’études…) que nous avons organisées ici et là à travers le pays ont également stimulé l’intérêt de nos étudiants en graduation et post-graduation ainsi que nos jeunes chercheurs envers la science onomastique. Il faut signaler que les travaux menés en onomastique sont circonscrits aux départements de français et de tamazight des différentes universités signalées ci-dessus. Ceci s’explique par les pionniers de cette discipline en Algérie qui sont comme signalées plus haut des enseignants chercheurs en sciences du langage des départements de français, qui ont organisé des magisters en onomastique ou enseigné des modules d’onomastique.

La création de l’Unité de recherche RASYD a également favorisé l’extension de cette discipline à d’autres départements tels que celui de Tamazight. Cette unité composée de deux divisions de recherche (toponymie et anthroponymie) regroupe 10 équipes de recherche et 45 chercheurs venant des différentes universités du pays (Tizi-Ouzou ; Béjaïa ; Bouira ; Batna, Alger ; Oran ; Mascara ; Tlemcen ; Sidi-Bel-Abbas ; Mostaganem ; Relizane ; Adrar).

Par ailleurs, les  chercheurs qui ont initié cette science (Benramdane, Atoui et Yermèche) ont mené parallèlement à la recherche proprement dite, des actions de vulgarisation auprès des institutions concernées (MICL, Wilayas, APC, M. Justice et Garde des sceaux…) pour les sensibiliser à l’importance de la prise en charge institutionnelle des noms propres anthroponymiques et toponymiques notamment en ce qui concerne la normalisation graphique (enquête menée sur la ville d’Oran pour le wali).

Toutes ces actions ont favorisé la visibilité de cette science encore méconnue en Algérie il y a seulement 30 ans. Cette action qui vise à faire connaître cette science onomastique s’est concrétisée par de nombreux travaux  académiques (mémoires de licence, de master, de magister et thèses de doctorat) à travers les différentes universités du pays. ous n’avons malheureusement pas encore réussi à comptabiliser l’ensemble des travaux effectués dans le domaine onomastique.

Les chiffres que nous donnons restent incomplets faute de fichier national.

Toutefois, à titre indicatif, nous pouvons avancer les chiffres suivants : Plus de 200 mémoires de fin de licence relatifs à l’onomastique dans le département amazigh de Bejaia, environ 70 de mémoires de master et 2 magisters (2003 et 2001) et 2 doctorats (2010 et 2015). Pour l’université de Tizi-Ouzou, nous savons que 10 magisters ont été soutenus et 8 masters à l’Université de Constantine. Il en est de même pour l’université d’Alger.

Perspectives et éléments de propositions

Le patrimoine onomastique est un legs mémoriel inestimable qu’il est de notre devoir de préserver et de transmettre aux générations futures. En ce début du troisième millénaire, il est urgent pour les chercheurs maghrébins de promouvoir les recherches en onomastique. Pour cela, il est indispensable de donner une visibilité à cette discipline par son introduction dans les programmes de l’éducation nationale (cours de culture onomastique aux jeunes enfants) et la mise en place de modules d’onomastique géographique et littéraire à l’université tout en orientant les recherches vers la socio-toponymie, la microtoponymie et la dialectologie et de coordonner les recherches en onomastique maghrébines  par la  création d’équipes de recherches des trois pays en vue de croiser les résultats de recherches en onomastique.

Pour installer définitivement la culture onomastique dans nos sociétés, il est également nécessaire voire urgent d’organiser et de multiplier, dans une perspective pluridisciplinaire, des manifestations scientifiques de réflexion partagée sur le nom maghrébin.

Enfin, il faut s’atteler à élaborer des banques de données onomastiques maghrébines, créer des atlas toponymiques maghrébins, multiplier les recherches et enquêtes sur le terrain. C’est à ce prix seulement que nous pourrons sauvegarder ce patrimoine mémoriel onomastique et le transmettre aux générations futures.

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Notes

[1] Dauzat A. (1942), Les noms de personnes, Paris, Delagrave, p. 6/7 : « Pour qui sait les interpréter, les noms de personnes portent sur leur visage le reflet, l’empreinte des civilisations passées |…]. Avec les noms de personnes, on peut plonger au tréfonds de l’âme populaire parmi les âges défunts. Ne sont-ils pas les symboles vivants de croyances, de superstitions évanouies.»

[2] Mulon, M. (1977), L'onomastique française. Bibliographie des travaux publies jusqu'en I960, La documentation française, p. 4.

[3] Fabre, P. (1987), « Théorie du nom propre et recherche onomastique », Cahiers de praxématique n°8.

[4] Fabre, P., « Le nom propre est finalement plus une fonction qu’une catégorie.», p. 16.

[5] Fabre, P. (1987), « Cette description, encore et toujours faute de mieux, nous livre bien des enseignements et sans doute toute une toponymie sociolinguistique est-elle à naître…», p.17.

[6] Fabre, P., op.cit., p. 16.