Les Cahiers Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

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Les cahiers du Crasc, N°27, 2013, p. 7-9 | Texte Intégral


 

 

 

Badra MOUTASSEM-MIMOUNI

 

 

 

Introduction

De nombreuses études[1] (CRASC, ONS, CREAD, etc.) ont porté sur les transformations de la structure familiale en Algérie. La tendance croissante vers la nucléarisation de la famille (69% de l'ensemble des familles algériennes), l’augmentation de l'espérance de vie (de 53 ans en 1970 à 76 ans en 2006), la participation plus visible de la femme dans le monde du travail, l’augmentation importante du taux de scolarisation (97%), sont parmi les facteurs les plus influents du changement, non seulement de la structure familiale dans son ensemble, mais également au niveau des individus qui la constituent.

Le réseau de relations sociales, par exemple, s'élargit et se diversifie : alors que la grande famille était autrefois l'unique refuge, un certain nombre de services est aujourd'hui assuré collectivement sans qu'intervienne obligatoirement un lien affectif. Des organismes spécialisés (crèches, hospices) prennent le relais de la famille et introduisent de nouveaux codes de comportements de ses membres.

La famille en devenir ne peut être, à notre avis, ni définie ni décrite de façon rigide et définitive. Elle sera vraisemblablement moins large et plus en difficultés, indéfiniment variée dans ses nuances psychologiques et ses rôles affectifs et sociaux. De nouveaux rapports entre hommes et femmes s'établissent et, ce faisant, cette nouvelle famille va donc recomposer les catégories telles que celles de parents, enfants, adolescents, en nuançant et en différenciant selon les sexes et selon les situations de chaque cas.

Nous nous sommes interrogés dans cette recherche sur les pratiques familiales et sur les différentes représentations qu’ont les différents acteurs des rôles au sein de cette famille en évolution en tentant de répondre aux questions suivantes :

Quels sont les différents modèles familiaux (modèles parentaux, d’enfants, d’adolescents) ?

Comment sont-ils remodelés par les changements intervenus dans la société et par voie de conséquence dans la famille ?

De nombreuses études[1] (CRASC, ONS, CREAD, etc.) ont porté sur les transformations de la structure familiale en Algérie. La tendance croissante vers la nucléarisation de la famille (69% de l'ensemble des familles algériennes), l’augmentation de l'espérance de vie (de 53 ans en 1970 à 76 ans en 2006), la participation plus visible de la femme dans le monde du travail, l’augmentation importante du taux de scolarisation (97%), sont parmi les facteurs les plus influents du changement, non seulement de la structure familiale dans son ensemble, mais également au niveau des individus qui la constituent.

Le réseau de relations sociales, par exemple, s'élargit et se diversifie : alors que la grande famille était autrefois l'unique refuge, un certain nombre de services est aujourd'hui assuré collectivement sans qu'intervienne obligatoirement un lien affectif. Des organismes spécialisés (crèches, hospices) prennent le relais de la famille et introduisent de nouveaux codes de comportements de ses membres.

La famille en devenir ne peut être, à notre avis, ni définie ni décrite de façon rigide et définitive. Elle sera vraisemblablement moins large et plus en difficultés, indéfiniment variée dans ses nuances psychologiques et ses rôles affectifs et sociaux. De nouveaux rapports entre hommes et femmes s'établissent et, ce faisant, cette nouvelle famille va donc recomposer les catégories telles que celles de parents, enfants, adolescents, en nuançant et en différenciant selon les sexes et selon les situations de chaque cas.

Nous nous sommes interrogés dans cette recherche sur les pratiques familiales et sur les différentes représentations qu’ont les différents acteurs des rôles au sein de cette famille en évolution en tentant de répondre aux questions suivantes :

Quels sont les différents modèles familiaux (modèles parentaux, d’enfants, d’adolescents) ?

Comment sont-ils remodelés par les changements intervenus dans la société et par voie de conséquence dans la famille ?

Quelles grandes tendances se dégagent  de la (ou des) nouvelle(s) famille(s) algérienne(s) ?

Quels changements en termes de genre ?

Comment s’opère l’inter-influence entre les perceptions, les représentations et les pratiques des parents (de leurs rôles, de leur statut) et celles des enfants, au sein d’une même structure familiale ?

Les évolutions et les changements ne se font pas sans difficultés et sans conflits. Comment les parents règlent-ils ces difficultés ? Quelles sont les types de pratiques en termes de sanctions et de récompenses au sein de la famille ? Comment se représentent et se situent les parents par rapport à leur propres parents (les grands parents) ? Voici quelques autres questions importantes auxquelles nous voulons répondre dans notre recherche.

Sur le plan méthodologique, deux démarches de travail ont été privilégiés :

- Un travail collectif basé sur l’approche des pratiques familiales et modèles d’enfants à travers deux questionnaires - l’un pour les parents et l’autre pour les enfants et adolescents - qui regroupent les questionnements de tous les axes de recherche par des questions ciblées selon la problématique abordée dans chaque axe.

- un travail individuel laissant à chaque chercheur le choix des outils appropriés à la problématique de son axe  telle l’approche des modèles d’enfants/adolescents et les pratiques familiales; l’approche des modèles de familles à travers l’analyse des manuels scolaires issus de la réforme ; l’approche du lien familial à travers l’analyse du rapport de la famille aux médias  et NTIC ; l’approche ethnographique des nouvelles formes familiales et leurs effets sur les rôles, statuts et relations entre les membres d’une population locale…

La problématique de notre projet, trop large au départ, a été réajustée au fur et à mesure de l’avancée dans l’approche du terrain par chaque membre de l’équipe de recherche.

Ainsi, d’autres pistes ont été explorées, ce qui a enrichi ce projet au-delà de nos espérances : les axes de recherches ont abordé des thèmes variés (les modèles de parents, les modèles d’enfants, les pratiques éducatives, les modèles dans les livres scolaires, les pratiques familiales face au NTICs, etc.). D’autre part, plusieurs catégories de population ont été étudié (parents de familles, femmes travailleuses, étudiants, adolescents, personnes âgées, enfants privés de famille). Ce souci de diversification de thèmes et de populations était dicté non seulement par l’ampleur de sujet étudié, mais aussi pour mettre en valeur un travail collectif d’une équipe de recherche pluridisciplinaire. Notre objectif commun visait, avant tout, à approcher le changement social et ses effets sur la famille.

Le premier chapitre présente les résultats de l’enquête commune à tous les axes et qui a porté sur 150 ménages à Oran. Ont été enquêtés les parents et leurs enfants âgés de 10 à 18 ans.

Les autres chapitres sont consacrés aux travaux réalisés par chaque axe et, à la fin, une synthèse générale et des conclusions clôtureront cet ouvrage.  


Notes

[1] a) Benghabrit-Remaoun, N. (dir.), Famille et intégration socioéconomique. CRASC/MDCFCF, 2004. b) Revue INSANIYAT :« Familles d’hier et d’aujourd’hui »,  n°4, Janvier-avril, 1998. c) Benghabrit-Remaoun, N. (dir.),  Femmes et développement, Oran,  CRASC, 1995. d) Violence à l’égard des femmes en Algérie, MDCFCF/CRASC, 2006. e) Stratégie nationale de la famille, SNAFAM, 2010, MDCFCF/CRASC ; Benamar, A. (s.c), Ecole, Famille : quels modèles éducatifs, cahier du CRASC, n°25, 2012.

Voir également : « Changements familiaux, changements sociaux », Actes du 3ème colloque. Département de sociologie. 20, 21 Janvier 2004, Le Lien, n°3, Alger, 2006.