Les Cahiers Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

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Les cahiers du Crasc, N°28, 2013, p. 123-133 | Texte Intégral


 

 

 

Faouzia BENDJELID

 

 

Boudjedra Rachid, né à Aïn Beida (Constantinois) en 1941, est un écrivain et poète algérien de langue française et de langue arabe. Il passe sa jeunesse à Aïn Beida. Issu d'une famille bourgeoise, il commence ses études à Constantine et les poursuit à Tunis (Tunisie). Dès 1959, il prend le maquis. Blessé, il voyage dans les pays de l'Est, puis l'Espagne, où il est représentant du FLN. En 1962, après l’Indépendance, il rentre au pays natal et devient un étudiant syndicaliste. Il entreprend alors des études de philosophie à Alger et à Paris. Il obtient une licence de philosophie à la Sorbonne en 1965 et achève son cursus en présentant un mémoire sur Céline. Il se destine à l’enseignement (Blida) mais en 1965, après la prise du pouvoir par Boumediene, il quitte l’Algérie. Interdit de séjour pendant plusieurs années, car il est l'objet d'une condamnation à mort par fatwa, il vivra d’abord en France de 1969 à 1972 (il sera professeur de philosophie au lycée de Coulommiers), puis au Maroc où il enseignera à Rabat jusqu'en 1975. En 1977, il devient conseiller pour le ministère de l'Information et de la Culture. Il participe à la rubrique culturelle de la revue hebdomadaire Révolution africaine. Il est membre de la ligue des droits de l’homme. En 1981, il est nommé lecteur à la SNED et enseigne à l'IEP d'Alger.

 

 

La déconstruction, la redondance obsessionnelle, les ambiguïtés ou les équivoques organisent la texture narrative de la fiction dont les principaux héros sont Rachid et Omar, deux cousins et amis inséparables depuis leur enfance. Avec Les Figuiers de Barbarie Rachid Boudjedra plonge ses personnages dans « les ambiguïtés de l’histoire de notre pays tant de fois colonisé, entubé, trahi, balayé, envahi … » (p.27) et dans « La guerre scabreuse et indécente » (p.40). Rachid, narrateur et personnage, dont l’angle de vision est largement dominant, raconte certains faits appartenant au passé colonial et d’autres au présent postcolonial. L’histoire du roman se déroule dans l’intervalle d’une heure de vol entre Alger et Constantine. Rachid et Omar embarquent dans le même avion et occupent leur temps dans un récit mémoratif de leur vie de maquisards. L’évocation du passé fait place à la mémoire collective de la guerre car les deux amis, « élèves modèles dans un lycée d’élite » (p.28) rejoignent le maquis et adhèrent aux rangs de l’Organisation de lutte pour l’indépendance nationale. Des réminiscences se déploient également pour relater la vie des protagonistes à Batna et Constantine autour de diverses situations liées à l’école, les vacances d’été à Constantine, l’école coranique, leurs relation féminines, les séjours dans les fermes du grand-père d’Omar, les relations compliquées et confuses avec leurs parents… C’est durant ce vol que Rachid décide d’aborder un sujet de discussion qu’Omar a toujours escamoté ou évité en s’enfermant dans son mutisme : celui relatif à la position équivoque de son père, commissaire divisionnaire à Batna, face à la résistance nationale et la guerre d’Algérie et l’engagement de son frère, Salim, au sein de l’organisation terroriste OAS :

« J’avais décidé d’en finir une bonne fois pour toutes avec ses hésitations sur son passé et avec sa mauvaise conscience. Un vol qui durait une heure exactement, pendant laquelle je devais faire cesser toute une confusion et tout cet amalgame qui le minait depuis une trentaine d’années » (p 26).

En fait, Omar ne se départit pas de son silence douloureux et habituel ; Rachid ne peut que constater la déréalisation du récit et donc de sa quête : « Et si l’on parlait de ton père ? Et de ton frère ? Surpris, il ne dit mot. Mais, il y avait dans ses yeux une douleur » (p. 83). C’est ce blocage de la parole d’Omar qui permet le déploiement des autres événements du récit sous forme de monologues ou de soliloques ou de brefs échanges de propos entre les deux. Le roman s’achève alors par le rappel d’événements liés à la vie de Rachid et de sa famille, de la guerre et des militants assassinés, de ses rencontres avec Omar, de leurs beuveries, de leur célibat, de l’insurrection populaire d’octobre 88, de son amour pour Kamar , de sa ménagerie …., et ce dans une suite de ruptures sémantiques.

L’évocation du présent -postcolonial- porte essentiellement sur les évènements d’octobre 88. Après l’indépendance, les deux amis quittent les rangs de l’Organisation qui, selon eux, est corrompue par les luttes de pouvoir et de l’argent trahissant ainsi l’idéal pour lequel ils se sont engagés: « Ils s’étaient donnés à la révolution sans compter, sans préjugés. Ils s’étaient sacrifiés » (p.34). Ils adhèrent au parti communiste. Ils ne peuvent que constater amèrement ce « ratage » du pays (p. 120). Ils reprennent également leurs études : Omar devient architecte prospère et notoire et Rachid, chirurgien dans un hôpital à Alger.

1. L’écriture de l’Histoire : entre déconstruction de l’évènement, ses ambiguïtés et ses violences

Un certain nombre d’axes définissent les procédés empruntés par l’écriture de l’ambiguïté caractérisant l’œuvre de Rachid Boudjedra :

- Les équivoques de l’Histoire à travers l’événement décrit puis inscrit sous l’angle du questionnement : l’évènement reste énigmatique, inexplicable ; la fiction se doit donc de ménager une place pour le lecteur et livre le texte à l’interprétation (contrat de lecture explicite) :

- L’organisation et l’exercice du pouvoir dans l’Algérie post-coloniale comme objet d’une dénonciation :

 « Nous parlions souvent des ratages de l’Indépendance, de la corruption généralisée, et de la lutte des clans. Nous nous posions alors cette question inévitable : Comment l’organisation qui pendant les années de la guerre, avait été quasi parfaite, s’est-elle transformée en un pouvoir véreux, enrichi, arrogant, et, finalement, idiot ? » (p.120)

-L’espace urbain post-colonial en question : l’effondrement de l’espace urbain est également le lieu d’une dénonciation ; l’énonciateur est l’architecte :

« ce front de mer faisait partie des lieux préservés de la ville et sauvés de la rancune des nouveaux riches qui avaient défiguré la ville en construisant d’une façon anarchique des immeubles d’une laideur incroyable. Ce front de mer échappe à leur férocité et à leur voracité, on ne sait pour quelles raisons. Nous nous posions la question. » (p.139)

- La thématique de la violence : elle est abondamment traitée et perçue selon différents angles d’énonciation. Violence, guerre, orgueil et héroïsme : la société est livrée à la violence, les frictions et les dissensions ne cessent de se déployer ; l’énonciateur expose sous forme de questions l’origine de la violence ; est-elle un façonnement des consciences dû à l’Histoire ?

« Dès le soleil levé, l’orgueil nous reprenait et devenions avides de violence, de prouesses militaires, de hauts faits d’armes, de bravoure et d’héroïsme jusqu’au vertige. (…) Ivresse de la vengeance ? Cruauté de l’esclave qui se déchaîne après un siècle et demi de silence, de peur, d’obséquiosité ? » p. 30

- La politique coloniale en Algérie et la question du pouvoir militaire : l’énonciation met l’accent sur les ambiguïtés ou les non-dits de la politique coloniale en Algérie par la gestion du politique:

« Mon père était fasciné par l’Histoire et il disait souvent : je ne sais pas très bien pourquoi le général Bugeaud, qui était affecté à l’Ouest du pays, fut nommé gouverneur général de l’Algérie. Est-ce à cause de sa victoire sur l’Emir Abdelkader (…) ou parce que le général de Bourmont, qui prit Alger, refusa l’avènement de Louis-Philipe et le coup de force contre Charles X, et pour cela abandonna son commandement à Alger pour laisser la place au général Clauzel ? » (p.79)

- Echec de la reconstruction et de l’édification du pays : « Pourquoi tant d’années après l’indépendance, nous pataugeons encore dans les ratages et l’échec ? Pourquoi nous n’avons toujours pas de calendrier, ni d’emploi du temps, ni d’almanach… ? N’est-ce pas une façon de fuir le temps ? » (p.176)

- Effusions de sang et génocides de toutes les parties en conflit : s’agit de dénoncer la tendance des hommes au meurtre, à l’extermination et au génocide quelle que soit leur obédience idéologique. Ce drame caractérise les outrances que peuvent commettre tous les hommes sous tous les cieux.

- Le discours des généraux français dans leur correspondance : l’idéologie coloniale de la violence et de l’épuration ethnique est inscrite dans la correspondance du général de Saint Arnaud, qui prit Constantine en 1836, écrit à son frère : « Quand les Arabes résistaient, nous les enfumions et les emmurions dans leurs grottes comme des renards » (p.32). Le général Pélissier écrit à Saint Arnaud : « J’ai fait enfumer cinq cents brigands dans une grotte située près de Tipaza ! Faites-en de même, c’est plus rapide. » (p82).Le texte évoque également les assassinats de Ben M’Hidi (par Bigeard), de Zabana guillotiné, de Mohamed Ferradj, de Taleb Abderrahmane, de Fernand Yveton, de Djamila Boupacha, de Djamila Bouhired

- Les assassinats et les massacres collectifs :

le 8 mai 45 avec « les massacres de Sétif, Guelma et Kharrata. Quarante-cinq mille morts en une semaine… » (p.49).

la guerre de libération nationale : « Cette guerre que la France féroce menait de façon impitoyable (…) le napalm, les bombes au phosphore, les tribunaux, les exécutions, la guillotine…. (p.34), « En plus des récoltes brûlées, des terres expropriées… » (p39).

les exécutions dans les rangs des Français partisans engagés dans la lutte aux côtés des Algériens : Fernand Yveton, Annie Steiner, Maurice Audin (professeur de mathématiques à l’université), Henri Maillot, (communiste pied-noir)

les épurations dans les rangs de l’organisation : l’exécution d’Abbane Ramdane qui « avait été assassiné par Boussouf, sur ordre de Krim Belkacem » (p.33)

la Liquidation physique de communistes et de villageois soupçonnés de collaboration dans le maquis de grande Kabylie et le complot contre Amirouche (p.37). De même, le narrateur nous apprend que l’année 1957 connait des liquidations physiques dans les « maquis rouges par l’Organisation (…), parmi lesquels celui de  Maître Amrani, dans les Aurès, qui comptait plus de trois cents combattants communistes (musulmans, juifs, chrétiens, athées), ils avaient été égorgés en l’espace d’une nuit, dont le professeur Cognot, pneumologue de l’hôpital de Constantine, Ahmed Inal, premier algérien agrégé en Français… » (p.101)

Les deux protagonistes - amis arrivent à une commune conclusion qui leur semble incontestable : l’exercice du pouvoir s’exprime incontestablement par la violence et l’injustice dans toutes les sociétés ; de ce fait, ils établissent ainsi un parallèle entre le pouvoir colonial et celui post-colonial : « Nous aboutissons toujours, Omar et moi, à ce constat amer : tout pouvoir est répressif et injuste. Hier le pouvoir colonial. Aujourd’hui une caste algérienne de nababs prédateurs. » (p.177)

2. Les voix des valeurs humanistes et de la conscience libre

- Le professeur d’Histoire Baudier : « Omar et moi n’oublions jamais ce courage français. Nous en parlions tout le temps et pensions à notre héros : Monsieur Baudier. » (p.117) / «Il nous parle à demi-mots de l’indépendance de l’Algérie » (p61)

- Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir et leur engagement aux côtés des luttes indépendantistes : « Gardiens vigilants de la vraie conscience française » (p.116)

- L’Eglise catholique ou l’apport du culte aux valeurs humanistes et humanitaires : « A l’époque de la guerre, l’Eglise algérienne était progressiste, anticoloniale et très proche des pauvres. Elle l’est toujours aujourd’hui. Monseigneur Duval, archevêque d’Algérie et d’Afrique, était haï des pieds noirs… » (p.86)

3. La guerre et la notion d’héroïsme

Le narrateur témoigne de son expérience de la guerre, la guerre immonde et déshumanisante : « La guerre c’était l’enfer arrosé  de sang et de vomi » (p.33) ; elle n’est pas toujours un signe d’héroïsme ; c’est ce que rapporte le narrateur dans un certain nombre de situations, de procès énonciatifs :

- Beaucoup de soldats français sont dans les maquis contre leur gré.

- Salim représente l’image de l’anti-héros : il affiche une passion immodérée pour la vie et les femmes européennes : « C’est que Salim, son frère cadet a adhéré à l’OAS, non pas par idéologie, non ! Pour les bals…. Pour se taper les nanas des colons. Le con. Il l’a bien eu dans sa gueule » (p.101). Il est assassiné à l’indépendance et son corps n’a jamais été retrouvé.

-  Ferradj représente l’ancien harki repenti :

« Le cas de Ferradj était très particulier ; il avait rejoint le maquis qu’après avoir été harki qui commettait d’horribles exactions contre la population. Un jour il abattit un soldat français pour une affaire insignifiante. Il se réfugie dans les maquis par peur des sanctions de l’armée française. Ferradj n’avait pas de convictions. C’est pourquoi il n’eut pas le courage d’affronter la guillotine» (101).

Conclusion : « Nous n’aimions pas les héros (…) Pourquoi ? Parce que la peur est si humaine ». C’est une façon de démystifier la notion d’héroïsm

4. Un espace-temps référentiel fracturé ou discontinu

- La topographie romanesque : France/Algérie (déplacement de la lutte d’un lieu géographique à un autre), Alger, Constantine et Batna sont des espaces parcourus par les personnages dans leurs différentes quêtes.

- Périodisation de l’histoire racontée : Passé /présent

Passé : évocation de la conquête coloniale à travers des bribes de propos de généraux français : enfumades et massacres collectifs :

Présent : l’Algérie post-coloniale : le discours porte sur l’insurrection populaire d’octobre 1988. L’énonciateur dénonce la responsabilité des anciens maquisards qui se sont arrogés le pouvoir et qui ont failli à leur mission une fois l’indépendance acquisse :

« les insurgés(…) n’étaient que des enfants poussés en herbe, abandonnés à eux-mêmes, coupés de toute tendresse, trahis par ces anciens résistants devenus les pires exploiteurs, arrogants, ignares, subissant quotidiennement les tracasseries policières et administratives, humiliés par l’étalage des richesses de certains nouveaux riches » (p.136).

La périodisation dans les discours des personnages : elle s’affiche dans des fragments discursifs brouillés et indéfinis dans le temps. Ils s’insèrent sous la forme d’un discours rapporté au style direct qui marque, au plan énonciatif, l’adhésion du personnage à son propre discours. Les fragments sont très concis et sont de nature métadiégétique (commentatifs)

5. Les personnages et leurs fêlures

La relation des protagonistes aux autres se fait dans les ruptures et douleurs : ils sont généralement psychologiquement déstabilisés ou atteints sérieusement et vivent dans les dérapages et l’outrance

- Rachid : retour à l’image permanente chez Boudjedra d’un père tyrannique, dominateur, méprisant, volage et obsédé sexuel : « Un salaud de père féodal, polygame et pédophile » (p.24) dans une « société archaïque, puritaine et hypocrite ». (p.24) Mais, un père haï et admiré en même temps : « Le marécage incestueux dont m’avait plongé mon féodal de père. Certes, il avait été nationaliste, certes il avait été érudit, mais c’était un salaud de père de la pire espèce… Il a été cruel et pervers ». (p.176)

- Omar : un discours contradictoire jalonne le texte sur son père et son frère qu’il condamne ou réhabilite sans pourvoir finalement trancher totalement, et pour cela il choisit de ne pas en parler, de tout refouler dans son inconscient : « Omar tentait d’échapper à cette confusion dont il souffrait à cause de cette réalité falsifiée, de ce père collaborateur et de ce frère OAS » (p.18)

- Zahir : ivrogne depuis la répudiation de sa mère n’a qu’un seul désir : consommer l’inceste avec Kamar ou assouvir son désir de la tuer.

Les relations entre les personnages sont fondées sur la non transparence, le doutes, la confusion, les mystères, les nombreux non-dits pesants et déroutants. L’incommunicabité les confine dans le désarroi. Omar, en dépit de la solide amitié qui le lie à Rachid, n’arrive point à abattre son mutisme relativement à sa tragédie familiale : « Mais dès qu’il s’agissait d’analyser le cas de sa famille, il perdait sa sérénité et s’enfonçait très vite dans sa paranoïa[1] (…) très vite, il changeait de sujet et revenait à l’assassinat d’Abane Ramdane… » (p. 122).

6. Représentation du personnage féminin 

La présence féminine se déroule dans l’exhibition d’un érotisme scabreux ; indécence lubricité et ostentation sulfureuses sont affichées par les personnages féminins ; telle est vécue l’expérience sexuelles des deux amis, Omar et Rachid, durant leur adolescence avec des « Jumelles nympho » (p.101) Dounia ou Mounia et leurs amours orgiaques, ces « jumelles que nous avions connues Omar et moi, quelques temps avant de rejoindre le maquis, incestueuses, dévergondées et impudiques. Surexcitées… » (p.33)

La sexualité est vécue par tous les personnages dans les fantasmes, les déviations ou dérapages : nymphomanie, homosexualité, inceste, adultère, pédophilie. Les tentations permanentes et confuses à l’inceste d’une kamar provocante, adolescente à peine nubile, épouse du père et qui excite les fantasmes concupiscents du père et de ses deux fils, Zahir (homosexuel déclaré) et Rachid.

7. Figuiers de barbarie: espace de signifiance ou multiplication du sens

racisme et ambivalence du sens (discours et contre-discours) : « Figuier était le mot raciste qu’on utilisait à l’époque pour désigner les Algériens ! Alors que pour nous, les figuiers de barbarie étaient devenus le symbole de la résistance » (p108).

résistance (contenu idéologique), les maquis (p. 108).

Espace de l’adolescence et des étés torrides : « les figuiers de barbarie avaient jalonné nos vacances estivales » (p.103).

Effet culturel : « sentinelles », protecteurs » : « Pour nous, les figuiers de barbarie symbolisaient les sentinelles qui veillaient depuis toujours sur le pays. Malgré tout, les désastres, les malheurs ; malgré les génocides » (p.103).

8. Les stratégies d’écriture boudjedrienne 

Ce roman reprend quelques techniques d’écriture majeures de l’œuvre de Boudjedra :

- déconstruction narratives et ambiguïté

- récurrence ou redondance obsessionnelle des mêmes faits

- digressions : liberté du genre

- structure phrastiques : courte, longues, nominalisées ainsi que la synonymie, accumulation de termes…

- trame narrative troublée par les ruptures sémantiques

- développement du discours de la conscience intérieure

- insertion du document authentique : fragments de textes journalistiques (des titres de la presse)

- apport de l’intertextualité dans l’écriture/lecture de l’Histoire : fonctionnalité à valeur documentaire, informative ou déploiement d’un discours métadiégétique/commentatif ou réflexion idéologique. (valeur d’essai)

Conclusion : dans leurs itinéraires respectifs, parallèles, identiques ou contigus, Les personnages sont l’enjeu et le jeu de l’Histoire qui les fait et les défait : « l’Histoire, ce terrible maelström »[2] (p122).


NOTES

[1] Paranoïa : psychose à caractère délirant dans laquelle le malade se persécuté ou menacé

[2] Maelstrom : tourbillon