Les Cahiers Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des cahiers

Les cahiers du Crasc, N° 27, 2013, p. 151-175 | Texte Intégral


 

 

Mustapha MEDJAHDI

 

 

I. Introduction

La lecture de la littérature accumulée dans le champ d’études consacré au rapport médias et société nous renseigne sur le recours fréquent aux  concepts comme  « société du savoir », « société de l’information », entre autres. Ces concepts montrent bien cette volonté de compréhension et d’explication des changements successifs provoqués par l’émergence des technologiques au sein de la société et qui mettent  la réflexion face aux nouveaux défis. C’est ainsi  que la notion « société de l’information » dans les travaux qui s’intéressent à  la question médiatique intervient pour  désigner un stade de développement des sociétés modernes. Mais, d’autre part, peu d’auteurs précisent ce que signifie pour eux société de l’information, on ne sait pas s’il s’agit en fait de celle qui accumule un certain nombre d’outils technologiques, ou celle dont l’usage de ces moyens est devenu structurant des différents rapports économiques, politiques et sociaux. La différence entre ces deux positions n’est pas un hasard, elle  est la résultante de deux traditions théoriques qui cadrent jusqu'à nos jours la réflexion sur la question médiatique et qui débouchent logiquement sur deux positions distinctes. « La première, à vocation techniciste, explique les phénomènes sociaux liés au NTICs par les qualités de la  technique à l’œuvre »[1]. Elle présume que, pour comprendre et expliquer les changements provoqués par l’outil, il faut penser les qualités spécifiques de la technique. Ainsi, Vinck ne manque pas d’expliciter la logique de ce paradigme en disant  en clair : que le « changement technique provoque un changement social »[2]. Dans ce sens, l’outil ordonne  la nature du changement. La critique formulée à l’égard de cette explication du phénomène par le technicisme figé réside dans l’exclusion du rôle de la société et des individus comme acteurs et usagers de ces outils.  « C’est à partir de cette critique  que le deuxième courant construit le champ des usages sociaux des technologies considérant que le changement doit être abordé du point de vue des usages et de l’appropriation »[3]. Le propos de Florence Millerand nous paraît représentatif pour l’ensemble des critiques avancées à la vision techniciste. Elle précise que « l’insertion sociale d’une NTIC, son intégration à la quotidienneté des usagers, dépendent moins de ses qualités techniques « intrinsèques », de ses performances et de sa sophistication, que des significations d’usage projetées et construites par les usages sur le dispositif technique qui leur était proposé »[4]. Donc c’est  le contexte  qui réinvente l’outil, cela dépend  des pratiques dans lesquelles il s’insère. « Si  l’outil, par sa nature, exige des applications techniques, les différents buts projetés, les besoins socio-économiques et culturels ordonnent  la forme d’usage et d’appropriation et déterminent les buts réels de l’outil »[5]. C’est pour cette raison que Josiane Jouet, dans son article « retour critique sur la sociologie des usages », précise qu’ « il n’existe pas d’extériorité de la technique à la société, l’usage étant incorporé, entre autres  dimensions du social, dans la conception même de l’objet technique »[6]. Cela montre comment l’innovation dans le domaine « de l’information et de la communication se confrontent à des usages et à des pratiques culturelles, informationnelles et communicationnelles socialement construites et ancrées »[7].

II. Méthodologie

La présentation de ce cadre théorique n’est pas une fin en soi, elle est à notre sens importante du moment qu’il s’agit dans ce travail du rapport familles/NTIC et plus particulièrement de l’usage des différents outils par les membres de la famille. Ce rapport et ces usages sont  indissociables du contexte socioculturel auquel appartiennent les familles, à savoir : la nature de l’habitat et sa situation par rapport  aux zones, le niveau scolaire des parents et leurs fonctions. De ce point de vue, l’entrée  théorique structuro-fonctionnaliste, à savoir le « modèle de dépendance », nous paraît la plus appropriée dans la mesure où elle considère la structure médiatique comme partie intégrante de la structure globale et propose pour l’étude d’un phénomène médiatique de prendre en considération trois variables : l’usager, le système social et le système médiatique. Il considère les médias comme structure  faisant parti d’un ensemble et du moment que  les outils technologiques domestiques sont intégrés dans la quotidienneté, ce rapport aux médias et ses effets afférents  ne sont pas limités dans le temps : en fait, les individus et les groupes sont censés modifier leurs pratiques, leurs normes et valeurs pour permettre à l’outil de s’insérer et s’adapter à leur vie quotidienne selon leurs besoins, leurs attentes ainsi que selon le degré de la résistance sociale et culturelle. Tous ces éléments déterminent la vitesse et le temps demandé avant qu’une technologie ne devienne un outil domestique.

En ce qui concerne l’approche quantitative, nous avons analysé dans un premier temps les données de deux enquêtes : la première est celle des services de l’Office National des Statistiques (enquête menée par questionnaire), tandis que la deuxième a été menée par l’équipe du projet. Malgré l’importance de l’analyse quantitative qui est en mesure de nous renseigner d’avantage sur les tendances, l’approche qualitative est nécessaire pour comprendre les effets des usages sur les liens familiaux et cela est l’objectif même de notre axe de recherche. Dans ce sens, nous avons mené une enquête par guide d’entretiens auprès de quelques familles à Oran.

III. Structures familiales et  contraintes du concept « société atomisée » 

L’analyse qui s’intéresse au rapport famille/ média  est confrontée à une difficulté en ce qui concerne le concept famille. Si celle-ci  est prise comme unité d’analyse, il est nécessaire de prendre en ligne de compte la diversité des structures familiales car à notre sens « les pratiques médiatiques et les effets qui affectent une famille nucléaire ne sont pas les mêmes lorsqu’il s’agit d’une famille élargie »[8]. Cela est important pour éviter de reproduire de manière inconsciente le sens de « la société atomisée » qui a longtemps accordé peu d’importance à la structure sociale et  la diversité des couches et des groupes sociaux qui composent la société globale. Nous pensons que la  compréhension  du rapport (Famille/Médias) dans sa profondeur, et sa diversité, exige une vigilance, parce que la vision réductrice qui présente la famille comme étant une structure figée  cache la complexité  des rapports de la famille aux médias ; ces rapports  dépendent de la nature de la famille (étendue, nucléaire, etc.).

Le lien entre les pratiques telles qu’elles se manifestent au sein des  familles  elles-mêmes et le contexte socioculturel auquel elles appartiennent nous met face à deux gammes de variables : la première est celle des pratiques tandis que la deuxième relève de l’appartenance aux types de familles du moment que le concept famille ne renvoie pas à une structure sociale homogène. Si le mot famille désigne un ensemble d’individus qui se partage un foyer, en réalité, la manière par laquelle ces individus se partagent les rôles diffère d’une structure à une autre. Plusieurs facteurs sont à l’origine de ces différences. A titre d’exemple, le pouvoir de la fille qui exerce une fonction rémunérée n’est pas celui de la fille qui limite son activité aux tâches ménagères. En même temps, évoquer ces rôles et les pouvoirs afférents n’est pas une finalité en elle-même, il s’agit en fait de comprendre sur la base des travaux entrepris en psychologie, en anthropologie ou en sociologie de la famille, comment  la distribution des rôles et des pouvoirs au sein de la cellule familiale détermine les pratiques projetées sur  les NTICs dans la famille. En d’autres termes, l’outil impose par sa nature et sans doute les pratiques techniques, alors que les individus qui occupent des statuts hiérarchisés dans une structure familiale insèrent l’outil dans leur quotidienneté sans pour autant que ce dernier ne change les rapports de pouvoir. La résistance sociale et culturelle contre le changement veut que l’outil soit lui-même garant de continuité du mode de vie. Cette résistance contre le changement n’est pas spécifique à une société ou un milieu social défini, mais une réalité qui traverse l’ensemble des milieux sociaux, c’est ce que d’ailleurs a pu remarquer  E. GIANNOULA au cours d’une enquête entrepris sur l’insertion de l’outil informatique dans le milieu éducatif. Dans ce cadre, elle confirme que « dans l’espace éducatif, l’introduction de l’ordinateur n’a pas été sans poser de  nombreux problèmes, outre les traditionnelles résistances des acteurs au changement technologique »[9].

Il nous  semble donc que la prise en considération des résultats des enquêtes sur la famille algérienne est  un cheminement qui servira à dépasser le concept de « la société atomisée » sur laquelle s’est construite la théorie de l’aiguille hypothermique de Lasswell, considérant les individus et les structures sociales comme semblables, sans pour autant accorder aux divergences un intérêt et cela malgré l’importance de cet aspect. La prise en ligne de compte des différences entre les familles (élargies, nucléaires, etc.), permet d’observer les nuances et la complexité des rapports des familles aux  NTICs.

IV. Rapport aux médias dans le contexte local

La première étape, qui peut dessiner les traits importants de ces pratiques, réside dans l’acquisition de ces médias. En fait,  les familles peuvent choisir  parmi une gamme variée des outils technologiques disponibles celles qu’elles considèrent comme importantes dans leur vie. Les statistiques montrent l’inadéquation en matière d’acquisition. Nous constatons de manière claire que l’antenne parabolique, qui implique la télévision, vient à la tête et dépasse de loin les autres outils en question. Une petite comparaison nous montre que les moyennes d’acquisition des NTICs enregistrées à Oran dépassent celles qui ont été recueillies à l’échelle nationale.

Graphe n° 01 : L’acquisition des NTICs en Algérie

                                                       Source : ONS –RGPH, 2008.

Si la moyenne nationale  de l’acquisition de la télévision est de 93,4%, celle d’Oran a atteint 97,8%. La différence est de 4,4%, mais elle n’est pas aussi importante en comparaison avec le taux enregistré en ce qui concerne l’antenne parabolique, elle est en fait de 13%, sachant que 97,8% des téléviseurs réceptionnent les programmes transmis par satellites. Les taux concernant les autres moyens d’informations et de communication, à savoir le téléphone, l’ordinateur et l’accès à Internet, n’échappent pas à cette réalité. En somme, Oran demeure l’une des Wilayas les plus médiatisées en Algérie. Généralement, lorsqu’une société règle le problème de l’émergence des NTICs, il devient légitime d’évoquer la notion des rapports sociaux médiatisés. Mais les effets des NTICs sur les liens familiaux à Oran ne vont pas de soi, l’outil est là, tout le reste dépend de son usage et son appropriation.

Graphe n°02 : Acquisition des NTICs à Oran 

                                                                   Source : ONS –RGPH, 2008.

V. Outils informatiques et accès à Internet : exigences et formes de résistances

Parler d’Oran, c’est évoquer un territoire géographique assez étendu où les populations sont loin d’être homogènes. A la commune d’Oran, 5,7%  des questionnés possèdent l’accès à Internet à domicile (voir tableau 64 en annexe) tandis qu’à  Boufatis seulement 0,3% bénéficient de cet avantage.

Les données de notre enquête montrent que la possession du micro-ordinateur est plus élevée chez les familles touchées par l’enquête. Elle est de 18,18% alors que la moyenne à Oran est de 13,6% d’après les données du RGPH-2008. Ce taux correspond parfaitement à la tendance générale, une tendance qui se caractérise par une émergence inéquitable de cet outil chez les familles dans les communes d’Oran. Le taux le plus élevé de la propriété du micro-ordinateur est enregistré à la commune d’Ain El Biya (30,2%) alors que la commune d’Oran n’enregistre que 15,6% ; alors qu’à la commune d’Ain Kerma ce taux n’excède le 1,5%. Le graphe n°03 montre les disparités en matière d’acquisition dans un espace géographique limité, et chaque fois que cet espace s’étend, les divergences deviennent encore plus importantes.

Graphe n°03 : Possession du micro-ordinateur  dans la wilaya d’Oran   

                                                                   Source : ONS –RGPH, 2008.

Ces disparités nous incitent à nous demander quels sont les facteurs socio-économiques qui affectent la possession ? La question relative au traitement de l’acquisition des outils technologiques en rapport avec la différence entre les milieux n’est pas nouvelle. En fait, depuis l’apparition  des outils technologiques les différentes recherches ont essayé de comprendre les causes de ce déséquilibre entre les zones[10].En fait, l’enquête réalisée par François Chevaldonné dans les campagnes algériennes dans les années soixante-dix explique les causes du déséquilibré. Le micro-ordinateur n’était pas à l’ordre du jour à l’époque où la télévision elle-même n’était présente que dans quelque rares foyers. Néanmoins, cette recherche nous renseigne sur la manière par laquelle les technologies de l’information et de la communication émergent dans la société algérienne. Elles émergent d’abord dans les zones urbaines avant de se propager dans les zones rurales. Les données de notre enquête ne font que corroborer cette tendance, ils montrent bien que la propriété est plus élevée dans les quartiers du centre : sur 77 répondants de cette zone, 22% déclarent posséder le micro-ordinateur tandis que le taux est nettement plus bas chez les familles résidantes dans les quartiers de la périphérie, il est de  14,28%.

Tableau 59 : Acquisition de l’ordinateur selon les quartiers

Réponse

 

Zone

Oui

Non

Total

Centre

11

22%

66

78%

77

100%

Périphérie

17

14,28%

60

85,72%

77

100%

Source : Famille éducation santé mentale/ Crasc, 2008-2010

L’analyse chiffrée est importante dans la mesure où elle nous renseigne d’avantage  sur les tendances des ménages en ce qui concerne la propriété du micro-ordinateur. Il demeure intéressant de rappeler que le questionnement important relatif  aux rapports des familles aux NTICs est celui qui a été formulé par la sociologie des médias, il s’agit de l’appropriation et l’usage de cet outil : les projections se manifestent à travers les usages et les représentations.

Que ce soit dans les quartiers du centre où ceux de la périphérie, il est pertinent de comprendre comment le Micro-ordinateur intègre le foyer familial. Nous avons tendance à croire  que plus les parents sont instruits, plus l’accès aux NTICs est fréquent ; en fait les données de l’enquête remettent en question la pertinence de cette corrélation « mécanique ». L’investigation qualitative nous dévoile que le micro-ordinateur arrive chez les familles de plusieurs manières. C’est plutôt la fonction du père et de la mère qui favorise l’achat du micro-ordinateur. L’initiative vient du côté des parents lorsque ces derniers ou du moins l’un d’eux exerce une fonction dans une institution qui nécessite l’usage de l’outil informatique, même s’il est d’un niveau scolaire moyen  ou secondaire ;  un père de 42 ans, fonctionnaire ayant un niveau terminal, nous confirme cela en disant : 

« Toutes les institutions utilisent actuellement l’informatique, si nos enfants n’apprennent pas à manipuler cet outil dès un jeune âge, ils ne pourront pas  travailler à l’avenir, j’ai acheté un micro-ordinateur et je reste longtemps avec mes enfants pour qu’ils apprennent au moins les notions de base».

L’idée de l’achat du micro-ordinateur n’est pas toujours une décision des parents. Elle est chez plusieurs familles une idée des enfants, surtout ceux qui ont réussi à prendre contact avec cet outil à l’extérieur du foyer. C’est l’une des manières par lesquelles se généralise l’acquisition du micro- ordinateur. Un père de 57 ans nous dit :

« C’est mon fils ainé qui a eu l’idée, c’est lui qui a fait les démarches, nous l’avons seulement aidé ».

D’autres parents sont conscients de l’importance de cet outil, mais ils ne peuvent pas en acheter, « J’aimerai bien en avoir un (micro-ordinateur), mais ma paie ne me permet pas cela, j’arrive juste à couvrir les dépenses nécessaires ».

Ahmed, enseignant de 39 ans, nous fait part d’une autre expérience :

«  J’ai acheté un micro- ordinateur, mais il tombait souvent en panne, je devais à chaque fois l’emmener au réparateur. La dernière fois j’ai dit s’il tombe en panne je ne le répare plus, il est en panne ça fait huit mois ».

Les parents ne représentent pas un obstacle pour l’accès de l’enfant à l’ordinateur, 88,89% déclarent que leurs enfants ont le droit d’utiliser le micro-ordinateur. Ils autorisent leurs enfants tout en sachant que le micro-ordinateur est utilisé pour le travail et le jeu en même temps. Cette position tolérante des parents ne converge pas de toute façon avec le préjugé qu’on avait sur leur position vis-à-vis du jeu. On croyait que les parents refuseraient le jeu considéré comme activité qui réduit les chances de la réussite scolaire.

Dans cette logique, il est  important de rappeler que le jeu est nécessaire  pour l’équilibre psychologique de l’enfant, même s’il est difficile d’établir l’équilibre entre les rôles projetés sur  le micro- ordinateur.  Cette inadéquation  est présente même dans d’autres sociétés, cela a été constaté par E. Giannoula lors d’une enquête menée dans les banlieues de Paris où elle a pu remarquer que « même si l’éducation prime dans la représentation de l’informatique par les familles, le jeu arrive en première place dans les pratiques constatées »[11]. Il reste à noter que cette question est très importante, qu’elle nécessite d’être étudiée de manière indépendante pour pouvoir mieux  situer  l’apport de l’outil informatique dans le contexte de l’éducation. Par ailleurs, le « temps » consacré au jeu est important, puisque 39,13% des enfants passent 02 heures par jour pour à jouer micro-ordinateur. Cette activité demeure importante dans la mesure où elle assure l’équilibre de l’enfant, c’est l’avis de plusieurs psychologues, pédagogues et didacticiens, qui considèrent que « le jeu occupe une place de choix dans la vie de l’enfant. On considère même que le jeu est nécessaire au développement harmonieux de l’enfant »[12].

Tableau 60 : Le temps réservé au jeu sur ordinateur

Réponse

Effectif

%

Non-Répondants

165

-

1h/8jrs

2

8,70

2h/1jr

9

34,78

3h/1jr

3

13,04

3h/2jrs

1

4,35

4h/2jrs

1

4,35

2jrs/semaine

1

4,35

3fois par semaines

2

8,70

le moment de l'école

1

4,35

tous les jours

4

17,39

Total répondants

23

100

Source : Famille éducation santé mentale/ Crasc, 2008-2010

Plusieurs parents considèrent le jeu comme  activité négative. Mais en contrepartie ces auteurs perçoivent le jeu comme pratique fructueuse qui permet à l’enfant d’être créateur. C’est ainsi que Retschitzki et  Gurtner se prononcent dans le chapitre consacré aux avantages et inconvénients sur l’interaction active avec l’ordinateur : « Si l’utilisateur ne fait rien, l’ordinateur non plus ne fera rien. Pour que l’interaction s’anime il faut alors que l’enfant ait dans sa tête un projet qu’il entend réaliser avec l’ordinateur ou que l’adulte qui l’accompagne dans cette exploration lui en  ait proposé un ». Bien que cette perception converge parfaitement avec les principes de l’approche par compétences adoptée par le système éducatif national, ce rapport à l’ordinateur ne va de soi. Il nous a été donné de constater lors de notre présence[13] dans les espaces du cybercafé que  plusieurs enfants s’adressent aux cybercafés pour avoir un exposé « prêt à porter » et ni les enseignants ni les parents n’ont réussi à stopper cette pratique qui pousse l’enfant de plus en plus vers la passivité et le plagiat en ce qui concerne le rapport au micro-ordinateur et à l’Internet.

Cet outil d’information et de communication (Internet) relativement nouveau n’échappe pas à la règle même si l’écart n’est pas aussi important en comparaison à celui de l’antenne parabolique : en fait, l’accès à Internet à Oran enregistre 4% alors que la moyenne nationale tourne autour  de  3,4%. L’espace hors foyer demeure une marge de l’expérimentation de l’outil. L’internet a pris une connotation négative véhiculée par les formes de communications sociales directes. Cette image sociale construite sur l’Internet a été  liée à l’abondance des sites pornographiques. La résistance contre ce support se construit sur la base de normes religieuses : les Imams, lors des prêches, ont évoqué cela à plusieurs reprises. Cette image sociale va dissimuler les autres fonctions de cet outil. Cela  nous rappelle l’histoire de l’émergence de la télévision satellitaire dans les foyers, une histoire qui révèle les formes de résistances qui s’éteignent par le temps du moment que la télévision satellitaire elle-même était perçue comme un moyen qui menace les valeurs en vigueur, notamment religieuses. Nous avons parlé un peu plus haut de l’espace (hors foyer familial), nous visons les cybercafés, bien entendu. L’internet n’a intégré les foyers que bien plus tard, après l’émoussement de cette connotation avec le temps. Mais cela ne nous empêche pas de relever les observations qui se dégagent à travers cette enquête et les enquêtes précédentes : si l’internet est loin d’être un outil familial, cela ne veut pas dire que les usages n’en existent pas. On constate dans les rues et les quartiers le nombre important de Cybercafés. Cela nous amène à penser aux trajectoires différentes et aux éléments qui ordonnent l’émergence des NTICs. Si la télévision satellitaire et la téléphonie mobile en Algérie ont connu une émergence accélérée, le micro-ordinateur et l’accès à Internet peinent à se généraliser malgré les encouragements de l’Etat.      

Graphe n°04 : Accès à Internet selon la commune dans la wilaya d’Oran

                                                                  Source : ONS –RGPH, 2008.

VI. Télévision et rapports intrafamiliaux

Nous constatons en ce qui concerne la télévision que la moyenne nationale est de 93,4%, ce pourcentage est plus élevé à Oran où la moyenne atteint 97,8%. La différence est plus importante lorsqu’il s’agit de l’antenne parabolique : le pourcentage à Oran  dépasse la moyenne nationale de 10%  (87,4% à Oran, la moyenne nationale 74,4%). Cette situation nous permet d’affirmer  qu’Oran est l’une des villes les plus médiatisées en audioviosue

Graphe n° 05 : Possession de l’antenne parabolique selon la commune dans la wilaya d’Oran

Source : ONS –RGPH, 2008.

Selon David Morley, les pratiques télévisuelles sont une marge à travers laquelle on peut comprendre le pouvoir lié au statut et à la distribution des  rôles au sein de la cellule familiale. Dans notre enquête, les réponses à deux questions (qui contrôle l’utilisation de la tv ? Qui choisit les programmes télévisés ?) peuvent fournir suffisamment d’indicateurs pour comprendre la relation entre le statut, le genre et même l’âge avec l’exercice de ce pouvoir au sein de la famille. Parmi l’ensemble des réponses recueillies auprès des  familles, 53,85% déclarent que c’est le père qui contrôle la télévision. Le pouvoir de contrôle de la mère n’apparait qu’en deuxième position avec un taux de 25%. Et pour bien observer le pouvoir selon le genre, c’est plutôt le frère qui contrôle (3,85%), la sœur ne vient qu’en dernière position avec un taux minime de 1,92%. Mais ce contrôle parental ne se décline pas de la même manière lorsqu’on prend en considération la différence entre les quartiers du centre et ceux de la périphérie. En fait, le contrôle du père sur la télévision est plus présent dans les quartiers de la périphérie, selon les réponses des familles 69,62% exercent ce contrôle, tandis que dans cette région la mère ne pratique ce contrôle qu’à la limite de 13,92%. Les choses sont différentes chez les familles du centre où seulement 37,66% des pères contrôlent, mais la présence de la mère est très importante, 36,36% ; ce taux se rapproche de celui du père, cela veut dire que la tâche de contrôle se partage de manière équitable en comparaison avec les différences enregistrées dans les quartiers de la périphérie.

Tableau 61 : Contrôle des programmes TV

Réponse

Effectif

%

Non-Répondants

00

-

Père

84

53,85

Mère

39

25

Grand-père

01

0,64

Grand-mère

00

00

Frère

06

3,85

Sœur

03

1,92

Autre

01

0,64

Personne

22

14,10

Total répondants

156

100

Source : Famille éducation santé mentale/ Crasc, 2008-2010

Cette convergence entre le contrôle de la télévision et le pouvoir d’imposer un choix du programme est–elle le produit du hasard ? Certainement pas. Il s’agit bien du statut du père au sein de la famille. Les membres de la famille se soumettent volontairement à cette volonté en reconnaissant la responsabilité du père sur la vie morale au sein du foyer familial. Cette responsabilité lui donne l’autorité de définir la nature des programmes que les membres doivent regarder. Nous constatons en ce qui relève des choix des programmes que 47,37% des pères de famille questionnés choisissent eux-mêmes les programmes, cela reflète le statut du père. La mère n’intervient  qu’en deuxième position (19,08%) pour confirmer cette place dans la structure familiale. Ce classement de pouvoir dans l’environnement de la télévision selon le genre s’applique aussi  pour la dualité frère/sœur. Si 15,13% des frères jouissent du pouvoir de choix des programmes pour l’ensemble des autres membres de la famille, seulement 2,63% des filles bénéficient de cet avantage. Si on compare les dualités (père/ mère) et (frère/sœur), on constate que ce pouvoir lié à la différence genre se construit dès un jeune âge. Ces pratiques dans l’environnement télévisuel ne sont, en fait, qu’une marge qui nous renseigne sur la question. Cette constatation n’est pas spécifique à cette enquête qui vient confirmer les résultats des enquêtes antérieures.

Ce pouvoir lié aux choix de programmes n’est pas une question tranchée de manière figée, nous avons constaté lors des enquêtes précédentes[14] que cela est à l’origine de plusieurs conflits entre les membres de la famille. La nature du confit change chaque fois qu’un individu détient la télécommande. Nous avons pu constater cela à travers les réponses formulées aux questions suivantes : si le père/ la mère/ le grand-père/ Grand-mère/ le frère/ la sœur détient la télécommande pouvez-vous lui demander de changer la chaîne ? S’il refuse que faites-vous ?

Ces pratiques télévisuelles familiales sont à l’origine des chamailles et des fois des bagarres qui surgissent au sein des séances de réceptions familiales télévisuelles ; elles  obéissent  à une culture que les parents ont développée au sein du groupe familial. Ces pratiques sont issues des modèles familiaux[15] : si les parents adoptent une culture de débat cela peut certainement avoir des incidences sur la manière par laquelle les enfants formulent leur demande ou sur la forme par laquelle ils  répondent à un souhait formulé  par un autre membre de la famille. A titre d’exemple, les questions réservées à la relation  jeune / famille autour de la télévision nous révèlent que 55,3% sur 500 jeunes questionnés ne sont pas en général d’accord avec le choix imposé par celui qui détient la télécommande et 141 sur 500 préfèrent quitter la séance, mais c’est plutôt les jeunes garçons qui quittent la séance (39,3%) et moins les filles (29,2%).

Tableau 62 : Le choix des programmes TV 

Réponse

Effectif

%

Non-Répondants

04

-

Père

72

47,37

Mère

29

19,08

Grand-père

03

1,97

Grand-mère

00

00

Frères

23

15,13

Sœurs

04

2,63

Autres

21

13,82

Total répondants

152

100

Source : Famille éducation santé mentale/ Crasc, 2008-2010

Les parents reconnaissent que leurs enfants ont des choix précis. Les réponses confirment une tendance déjà connue, il s’agit bien entendu des dessins animés. 22,73%  des parents questionnés déclarent que leurs enfants préfèrent ces programmes tandis que les  programmes religieux viennent en deuxième position dans ce classement des choix (20,78%), suivis par les programmes sportifs (18,18%). Mais s’il est important de connaitre les choix des enfants, il est important aussi de savoir si l’enfant dispose d’une liberté pour exercer ses choix. Pour comprendre cela, nous avons posé la question suivante : si votre enfant vous demande de changer un programme que vous regardez, en général ?

Tableau 63 : Les programmes  préférés par les parents  pour leur enfant

Réponse

Effectif

%

Non-Répondants

02

-

Informations

13

8,44

Séries dramatiques

19

12,34

Programmes sportifs

28

18,18

Programmes religieux

32

20,78

Dessins animés

35

22,73

Feuilletons

09

5,84

Politique

01

0,65

Autres

17

11,04

Total répondants

154

100

Source : Famille éducation santé mentale/ Crasc, 2008-2010

Il s’avère que,  généralement, lorsque l’enfant  demande à celui qui impose le choix de changer le programme, sa demande est refusée, c’est le cas de 79,26% des enfants et ce sont les parents eux-mêmes qui le disent. De ce point de vue,  l’effet de l’âge est un autre élément  de ce classement de pouvoir. Victime de son âge qui ne lui procure aucun pouvoir, l’enfant doit négocier ces choix.

Tableau 64 : Attitudes des parents vis-à-vis de la demande de leur enfant

Réponse

Effectif

%

Non-Répondants

21

-

Acceptation

28

20,74

Refus

107

79,26

Total répondants

135

100

Source : Famille éducation santé mentale/ Crasc, 2008-2010

L’enfant exerce ces choix lorsque quelques réalités de la vie quotidienne s’imposent. Par exemple, la mère, seule à la maison, doit quitter le foyer pour une mission rapide, elle préfère laisser son enfant (âgé entre 5- 12 ans) devant la télévision, ou si les parents reçoivent des invités et doivent avoir un moment de solitude avec eux, ils mettent l’enfant dans une chambre face à la télé. C’est justement là que la sociologie des usages intervient pour expliquer comment les usages sociaux des médias s’insèrent dans l’ensemble des pratiques des individus et des groupes, et par conséquent, comment ils attribuent à l’outil des missions sociales le déviant des fins informationnelles  et communicationnelles pour lesquels il a été conçu. C’est à travers ces pratiques médiatiques qu’on peut comprendre les effets pervers des médias, les effets qui ne découlent pas de l’outil lui-même, mais des pratiques sociales dans lesquelles il a été inséré. La sortie de la mère du foyer laisse à l’enfant une liberté totale, il dispose d’une liberté de choix, la mère ne sait pas exactement si son fils regarde tel ou tel programme, par conséquent, personne ne  peut définir la nature des interactions de l’enfant avec le contenu télévisuel, ni les effets de la réception sur sa psychologie.

VII. Conclusion 

L’intégration d’une technologie à la quotidienneté des usagers n’engage pas un processus de développement par elle-même. L’insertion de l’outil dans le contexte  social est une réinvention qui se décline à travers les pratiques des individus et des groupes projetés sur  la technologie. La nature de l’outil cadre sans doute les pratiques techniques, mais les différents buts en projet, les besoins socio-économiques et culturels déterminent  la forme d’usage et d’appropriation du moment que les outils technologiques domestiques sont intégrés dans la quotidienneté des individus. Ce rapport aux médias  et ses effets afférents  ne sont pas limités dans le temps ; en fait, les individus et les groupes sont sensés modifier leurs pratiques, leurs normes et valeurs pour permettre à l’outil de s’insérer dans  leur quotidienneté.

Pour aborder le rapport de la famille aux médias et l’analyse du lien familial, nous avons adopté l’entrée  théorique  structuro-fonctionnaliste, à savoir le « modèle de la dépendance » qui considère la structure médiatique comme partie intégrante au sein de la structure globale, et propose dans l’étude d’un phénomène médiatique de prendre en considération trois variables : l’usager, le système social et le système médiatique.

Les statistiques montrent l’inégalité en matière d’acquisition. Nous constatons de manière claire que l’antenne parabolique, qui implique la télévision, vient en de liste et dépasse de loin les autres outils en question. Une petite comparaison nous montre que les moyennes d’acquisition des NTICs enregistrées à Oran dépassent celles qui ont été recueillies à l’échelle nationale. Les taux qui concernent les autres moyens d’information et de communication, à savoir le téléphone, l’ordinateur et l’accès à internet, n’échappent pas à cette réalité. En somme, Oran  demeure l’une des Wilayas les plus médiatisées en Algérie. Mais d’autre part, la tendance qui se décline à travers la comparaison de l’acquisition entre les communes d’Oran révèle une distribution inégale. En ce qui concerne  l’outil informatique, le taux le plus élevé de la propriété est enregistré à la commune d’Ain El Biya* alors que la commune d’Ain Kerma n’enregistre qu’un taux minime. L’investigation qualitative nous dévoile que le micro-ordinateur  entre chez les foyers de plusieurs manières. C’est plutôt la fonction du père et de la mère qui favorise l’achat du micro, donc ce n’est pas le niveau d’instruction qui est le plus prégnant, mais la connaissance de l’outil et la compréhension de ces différentes fonctions qui pousse les parents ou les enfants aînés à l’introduire au sein du foyer familial. Cela, du moins, remet en question la pertinence de la corrélation « mécanique » qui stipule que plus les parents sont instruits plus le micro est présent au sein du foyer.

Les parents ne se représentent pas un obstacle de l’accès de l’enfant à l’ordinateur. Ils autorisent leurs enfants bien qu’ils savent que le micro est utilisé pour le travail et le jeu en même temps. Cette position tolérante des parents ne converge pas avec le préjugé qu’on avait sur la position des parents vis-à-vis du jeu. On croyait que les parents refusaient  le jeu dans la mesure où ces derniers le considéraient comme activité qui réduit les chances de la réussite scolaire, ce qui  pousse les parents  à faire travailler leurs enfants d’avantage et prendre du mauvais côté toute activité qui s’inscrit dans le cadre des loisirs d’enfant. Dans cette logique, il est  important de rappeler que le jeu est nécessaire  pour l’équilibre psychologique de l’enfant, même si c’est difficile d’établir l’équilibre entre les rôles projetés sur  le micro-ordinateur.

En ce qui concerne les pratiques télévisuelles, elles ne sont qu’une marge à travers laquelle on peut comprendre le pouvoir lié au statut et à la distribution des  rôles au sein de la cellule familiale. Dans notre enquête, les réponses à deux questions (qui contrôle l’utilisation de la tv ? Qui choisit les programmes télévisés ?) peuvent fournir suffisamment d’indicateurs pour comprendre la relation entre le statut, le genre et même l’âge avec l’exercice de ce pouvoir au sein de la famille. Parmi l’ensemble des réponses recueillies auprès des  familles, on peut comprendre que c’est le père qui contrôle la télévision. Le pouvoir de contrôle de la mère n’apparait qu’en deuxième position. Et pour bien observer le pouvoir selon le genre, c’est plutôt le frère qui contrôle, la sœur ne vient qu’en dernière position. Mais ce contrôle parental ne se décline pas de la même manière lorsqu’on prend en considération la différence entre les quartiers du centre et ceux de la périphérie. En fait, le contrôle du père sur la télévision est plus présent dans les quartiers de la périphérie. Ces pratiques télévisuelles familiales ne sont que le reflet des modèles parentaux, en d’autres termes la culture que les parents ont instauré au sein du foyer familial.  Dans cette dynamique de l’exercice du pouvoir de choix, l’effet âge est un autre élément.  Il s’avère que,  généralement, lorsque l’enfant  demande à celui qui impose le choix de changer le programme, sa demande  est refusée dans la plupart des cas. Cependant, les parents reconnaissent que leurs enfants ont des choix précis. Les réponses confirment une tendance déjà connue, il s’agit bien entendu des  dessins animés. L’enfant exerce ces choix lorsque quelques réalités de la vie quotidienne s’imposent. Cet outil devient un moyen pour régler les situations du quotidien et n’est pas seulement un outil dont on a besoin pour s’informer.

Bibliographie 

Chevaldonné, F., La communication inégale : l’accès aux média dans les campagnes algériennes, Paris, Edition CNRS, 1981.

Giannoula, E., L’enfant et l’ordinateur : pratiques familiales et attentes scolaires, mémoire DEA en sciences d’éducation, Université Paris V, Département de sciences d’éducation, 2000.

Josiane, J., «Retour critique sur la sociologie des usages », in revue Réseaux, Hermès Science Publications, n°100, 2000.

Medjahdi, M., « Jeunes et usages d’Internet », axe de recherche du projet CARSC : « jeunesse et société en Algérie », Sous-direction de Mourad Moulai Hadj, enquête  CRASC, 2006.

Millerand, F., « La dimension cognitive de l’appropriation des artefacts communicationnels », in http://grm.uqam.ca/textes/Millerand2002.pdf (site consulté le : 07-06-2007).

ONS, données du RGPH 2008,

Retschittki, J & Gurtner, J.L., L’enfant et l’ordinateur, Margada, Edition Hayen  Sprimont, 1996

Vinck, D., Sociologie des sciences, Paris, Armand Colin, 1995.

Annexe

Tableau 65 : Possession des NTICs à Oran selon la commune de résidence (%)

Commune

Ligne  téléphonique

Antenne       parabolique

Ordinateur

Accès à Internet

Oran

38,3

89,1

15,6

5,7

Gdyel

24,8

84,8

10,6

1,9

Bir El Djir             

23,1

88,2

17,6

4,9

Hassi Bounif

4,7

76,2

5,9

0,6

Es Senia                

21,0

90,0

13,4

4,0

Arzew                   

39,6

91,3

17,6

4,6

Bethioua                

15,4

80,2

7,4

1,3

Marsat ElHadjadj   

18,9

83,4

7,7

1,3

Ain Turk                

30,2

94,0

20,0

5,1

El Ancar                

10,1

88,5

4,7

1,1

Oued Tlelat             

23,8

87,8

9,8

1,2

Tafraoui                

12,3

71,7

3,1

0,4

Sidi Chami              

7,8

86,0

5,5

1,2

Boufatis                

10,0

91,5

3,4

0,3

Mers ElKebir         

20,6

88,6

6,6

1,3

Bousfer                 

9,7

86,4

6,1

1,2

El Karma                

23,3

85,9

11,8

2,7

El Braya                

16,5

85,8

5,2

1,2

Hassi Ben Okba       

23,0

85,9

7,9

1,7

Benfreha                

12,4

75,0

5,8

1,0

Hassi Mefsoukh      

15,8

77,4

8,7

1,9

Sidi Ben Yabka

21,6

84,2

5,9

1,7

Misserghin              

20,4

76,4

10,7

2,7

Boutlelis               

16,2

79,2

8,1

0,9

Ain Kerma               

8,0

74,9

1,5

0,4

Ain Biya                

22,8

91,2

30,2

3,2

Total

27,7

87,4

13,6

4,0

Source : ONS –RGPH, 2008.


Notes

[1] Medjahdi, M., « Jeunes et NTIC : Usages et appropriation de l’Internet à Oran », in Najar S., Les nouvelles sociabilités du Net en Méditerranée, Paris,  ed. IRMC-KARTHALA, 2012, p. 161.

[2] Vinck. D., Sociologie des sciences, Paris, Armand Colin, 1995, p. 232.

[3] Medjahdi, M., op. cit., p. 162.

[4] Millerand, F., « La dimension cognitive de l’appropriation des artefacts communicationnels », in http://grm.uqam.ca/textes/Millerand2002.pdf , consulté le : 07/06/2007.

[5] Medjahdi, M., op. cit., p. 162.

[6] Josiane, J., « Retour critique sur la sociologie des usages », in revue Réseaux, n°100 (Communiquer à l’ère des réseaux), 2000, p. 499.

[7] European researches on Media Sociology

[8] Medjahdi, M.,  « Télévisions satellitaires et incidences sur la sphère familiale », in African Review of  Books, mars 2008.  

[9] Giannoula, E., L’enfant et l’ordinateur : pratiques familiales et attentes scolaires, mémoire DEA en sciences d’éducation, Université Paris V, Département de sciences d’éducation, 2000, p. 03.

[10] Chevaldonné, F., La communication inégale: l’accès aux média dans les campagnes algériennes, Paris, Edition CNRS, 1981.

[11] Giannoula, E., op. cit., p. 43.

[12] Retschittki, J. & Gurtner, J.L., L’enfant et l’ordinateur, Margada, Edition Hayen  Sprimont, 1996, p. 81.

[13] Cette présence s’inscrit dans le cadre d’une enquête menée en 2006 (jeunes et usages de l’Internet), axe de recherche du projet « jeunesse et société en Algérie » au CRASC, piloté par Mourad Moulay Hadj.

[14] Il s’agit de l’enquête menée en 2007 dans le cadre d’une thèse de Doctorat : La télévision satellitaire et son influence sur le public : cas des jeunes de la ville d’Oran.

[15] Mimouni, M.B., « Modèles d’enfants: du fantasme à l’action éducative », communication présentée lors du  séminaire « autour des notions clefs », projet : «Famille, éducation, santé mentale», CRASC, février 2008.

* Il faut noter que c’est la zone des industries pétrochimiques avec une forte concentration d’entreprises de haut niveau technologique (SONATRACH, ses filiales et les entreprises complémentaires) : l’accès aux NTICs est important du fait des types d’emplois, du niveau scolaire ainsi que de l’influence du voisinage, etc.