Les Cahiers Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

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Les cahiers du Crasc,  N° 25, 2012, p. 5-8 | Texte Intégral


 

 

 

Aicha BENAMAR

 

 

Le rôle et le mode d’implication des différents acteurs de l’environnement éducatif sont, depuis quelques années, en pleine évolution. Dans les différents champs des sciences sociales, le développement des connaissances est en train de favoriser le rapprochement de ces acteurs qui gravitent autour de l’enfant depuis le préscolaire. Si la famille peut apparaître comme la cellule de socialisation qui se fonde sur des référents culturels communs, l’école est la structure qui constitue un espace mû par un projet socio-cognitif dont la réalisation nécessite la mise en synergie des logiques d’action, des systèmes de valeurs qui sous-tendent les modèles éducatifs de tous les acteurs impliqués dans la l’éducation de l’enfant. L’école constitue un important sujet d’échanges dans les familles autour des notes, du contenu des rapports au savoir, du rapport aux enseignants et des problèmes de discipline.

L’année 2008 a été marquée par la parution au journal officiel 04 du 27 janvier, de la loi d’orientation sur l’éducation qui définit, entre autres, comme missions pour l’école de: « garantir à tous les élèves un enseignement de qualité favorisant l’épanouissement intégral, harmonieux et équilibré de leur personnalité en leur donnant la possibilité d’acquérir un bon niveau de culture générale et de connaissances théoriques et pratiques suffisantes en vue de s’insérer dans la société du savoir. (Art. 4)». Selon la loi d’orientation, les missions de l’école nécessitent, pour leur accomplissement, le concours de la communauté éducative (Articles de 19 à 26) dont les principales composantes sont les parents et les enseignants. L’ordonnance du 16 Avril 1976 avait abordé les relations entre les familles et l’école dans le cadre de la socialisation de l’enfant. La participation parentale dans le cadre d’associations a de tout temps était reconnue voire recherchée. Ces associations participent par leurs représentants aux différents conseils et leurs rôle et place font partie des préoccupations affichées dans les différentes circulaires concernant le fonctionnement des établissements. La question est de savoir si l’école actuellement offre les conditions favorables à un « agir communicationnel » au sens d’Habermas ; autrement dit constitue-t-elle un espace de parole pour les parents ? Si les relations parents-enseignants apparaissent de prime abord comme consensuelles, se fondent sur des coopérations effectives ?

La loi d’orientation sur l’éducation de 2008, dans son article 19 concernant le rôle et la place des familles à l’école, réaffirme que les parents sont des membres à part entière de la communauté éducative. Ils contribuent directement ou indirectement à la réalisation du projet éducatif scolaire, avec les enseignants reconnus comme professionnels de l’enseignement et de l’apprentissage. L’école et la famille ne sont pas les seuls espaces d’éducation ; d’autres milieux interviennent : ceux des pairs et du quartier.

Depuis quelques temps, la fonction parentale est devenue une préoccupation des pouvoirs publics. Dans une société en mutation, où les repères sociaux en général et familiaux en particulier changent sans cesse, de nombreux problèmes apparaissent. La tendance à se retourner vers la famille, se fait, soit pour rappeler son importance dans l’éducation de l’enfant soit pour l’accuser d’être responsable du désordre scolaire et de la violence qui se manifeste dans le comportement des enfants. Quel rôle les parents assument-ils en réalité et/ou souhaitent-ils assumer pour contribuer à la réussite scolaire de leurs enfants? Si le modèle d’autorité parentale semble changer, notamment par la place accordée à l'épanouissement et au développement de l'enfant, quelle place les parents accordent-ils au suivi du travail scolaire de leurs enfants ? Quel type de contrôle exercent-ils ? Contrôle des notes, des devoirs, des loisirs ?

L’objectif majeur visé par ce colloque est d’appréhender les types de relations Famille/Ecole et de comprendre leurs dynamiques respectives, du préscolaire à la 5ème année primaire. L’étude de ces relations et l’analyse des styles éducatifs familiaux nous permettra de savoir comment le contexte social et culturel mais aussi les valeurs et les actions spécifiques des familles vis-à-vis de l’éducation ont un impact sur la vie scolaire de l’enfant et de répondre à la question de savoir s’il existe un partenariat école/famille en dehors de celui mis en place de manière épisodique par certaines associations de parents d’élèves plus ou moins actives ?

La scolarité crée, aujourd'hui, au sein des familles, des tensions très fortes, liées à des préoccupations pour l'avenir. Les parents n'ont jamais été aussi concernés par la scolarité de leurs enfants qu'ils le sont aujourd'hui  Les difficultés  scolaires les responsabilisent au même titre que les enseignants.  Qui souvent n’ont pas de solutions. Ils ne peuvent pas faire progresser tous leurs élèves, dit-on, à cause de la formation reçue qui ne les a pas préparés à gérer les situations et pallier in fine les problèmes d'apprentissage.

Les principales questions auxquelles nous tenterons de répondre durant ce colloque sont de savoir :

- comment les familles s’investissent-elles dans la scolarité de leurs enfants ?

-quelle place l’école accorde-t-elle aux parents dans la vie scolaire de l’établissement ?

-si la réforme est axée en grande partie sur l’amélioration de la qualité du processus d’enseignement/apprentissage, quelles sont les stratégies mises en œuvre par les enseignants en vue d’y répondre ?

Ces questions trouveront quelques réponses au niveau de trois axes

Axe 1 : Famille/école

Axe2 : Parents/enseignants/éducateurs: logiques d’action éducative en présence

Axe3 : Des compétences des enseignants aux compétences des élèves