Les Cahiers Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

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Les cahiers du Crasc, N° 23, 2012, p. 86-105 | Texte Intégral 


 

 

 

III. Du Gap à sa réduction : quel plan d’action ?

Le portrait statistique dressé en seconde partie met en évidence un gap dans la scolarisation des enfants de Charouine  que nous pouvons qualifier de non scolarisation et de déperdition scolaire.

La non scolarisation désigne l’état des jeunes âgés de 6 à 16 ans qui ne sont pas scolarisés et dont les parents sont  en infraction avec la législation sur l'obligation scolaire.  La déperdition est un  terme générique qui englobe à la fois la déscolarisation[1], l’abandon, le redoublement et le retard dans le parcours de l’apprenant. La déperdition scolaire désigne un phénomène complexe que Pauli et Brimer (1971) définissent comme le résultat de la combinaison de l’abandon et du redoublement.

Ce gap n’est pas dû seulement au manque de moyens infrastructurels mais à la conjugaison  de facteurs  socio-culturels et socio-économiques.

En effet, s’agissant du primaire par exemple, l’analyse a montré  un excédent de salles de classes non utilisées: 195 salles de classes dont 172 utilisées avec une capacité moyenne de 30,63%. On peut probablement souligner l’éloignement des écoles, des CEM et du lycée  par rapport  aux zones rurales les plus reculées. On peut également déplorer l’inexistence de lycées dans les communes de Talmine et de Ouled Aïssa, mais on reconnaîtra que les facteurs déterminants de la non scolarisation sont pluriels.

Si le mode de vie et/ou d’organisation socio-communautaire en constitue le premier facteur déterminant, les problèmes spécifiques à l’institution scolaire, notamment ceux inhérents à  l’instabilité du corps enseignant, notamment dans le milieu rural, ne sont pas à exclure.

1. La non-scolarisation à Charouine : un phénomène complexe

La non-scolarisation, aussi bien des garçons que des filles, constitue  un phénomène observable dans toute la daïra. Pour être inscrit en première année primaire il faut un extrait de naissance. Or, selon les autorités locales, beaucoup d’enfants  sont victimes du sous-enregistrement à l’état civil. Nous avons eu à constater que parmi ces enfants non-scolarisés un grand nombre se retrouve dans les kuttabs des mosquées des ksours qui alphabétisent en langue arabe.           

Par ailleurs, selon les communes, on se rend compte, que les inscriptions des enfants non victimes du sous-enregistrement, se font assez correctement  au début du cycle primaire  aussi bien pour les garçons que pour les filles. 

Parallèlement à ce problème de sous-enregistrement à l’état-civil, les coûts d’opportunité  d’éducation des filles en particulier, qu’ils soient directs ou indirects,  influent sur les décisions de leur non-scolarisation.  Le conflit entre l’école et le travail en économie paysanne et/ou domestique  montre  combien la scolarisation en milieu rural limite la contribution des enfants et en particulier des filles  au travail domestique et/ou agricole. Cet arbitrage  entre l’école et les travaux de jardinage ou à la maison  amène  forcément certains parents  à ne pas scolariser et/ou à déscolariser leurs enfants puisque la contribution à l’économie paysanne est prioritaire. Dans la mesure où les filles sont de plus en plus associées à ces travaux, une faible importance est accordée à leur éducation.  .          

Le profil des non-scolarisés nous informe sur le fait que parmi ceux-ci, les filles constituent la sous population qui a une proportion un peu plus élevée que celle des garçons. Et entre la mosquée pour apprendre gratuitement à faire la prière (en attendant le mariage) et l’école pour laquelle il faut engager[2]  des financements, le choix des parents est vite fait.

La préoccupation des autorités locales est la scolarisation de toute la population et la facilitation de  l'accès à tous à l'enseignement de base. Ainsi, disposer d'une frange de la population n'ayant jamais été à l'école est un handicap qui pourrait plus tard être un danger social.

Graphe 17 : niveau d’instruction des parents / déscolarisation des enfants

Source : étude Charouine - UNICEF/Crasc 2010

Au niveau des zones rurales, en l’occurrence celles des ksours, la « non-scolarisation » des enfants est reliée au manque de moyens. Ce problème est clairement posé par les responsables locaux, les chefs de famille et même les enfants. Ils considèrent qu’ils sont tenus d’inscrire leurs enfants, de les  envoyer à l’école à condition qu’ils soient entièrement pris en charge au plan matériel. Des propos recueillis auprès du chef de daïra de Charouine, montrent combien les parents en général comptent sut les pouvoirs publics pour résoudre tous leurs problèmes.

Pour la plupart des parents la scolarité obligatoire et gratuite engage exclusivement l’Etat qui doit assurer les fournitures scolaires, la cantine et le transport et en particulier  le trousseau et l’indemnité de rentrée (ou prime de scolarité).

 Le trousseau scolaire est porteur d’un ensemble de significations pour les parents et même les enseignants et les enfants. Il est, pour les parents, symbolique de l’entrée digne de leur l’enfant à l’école et c’est cette dernière qui doit se charger des conditions d’admission et de fréquentation car, c’est encore l’école qui doit supporter les frais de son alimentation et de son transport ; quant aux études, les parents, en particulier ceux des ksours, pour la plupart,  ne cherchent souvent aucune information sur les résultats scolaires : on leur demande d’envoyer leur enfant à l’école et il  le font parce qu’ils le veulent bien, ils ne se sentent nullement obligés de le faire et pour preuve, ils décident que la fille n’aille pas au CEM et encore moins au lycée. Ce trousseau va de pair avec la subvention octroyée aux enfants nécessiteux.

L’indemnité de rentrée (ou prime de scolarité) n’est versée qu’à une partie seulement des enfants scolarisés. Or, tous les enfants des ksours sont en général nécessiteux (leur famille vivant des revenus maigres des produits du jardinage), aussi, la plupart des bénéficiaires et, c’est ce que nous avons constaté de visu lors de nos visites dans les classes, partagent avec les autres les affaires scolaires notamment les livres. Les parents des enfants lésés ne comprennent pas cette situation et la traduisent comme une injustice de l’école à leur égard. « Il y a, nous ont dit les directeurs d’école de la commune de Ouled Aïssa, certains enfants qui sont assidus au début de l’année seulement en quête du trousseau et de la prime, de même que leurs parents vigilants ; cette assiduité et cette vigilance s’estompent par la suite ».

2. La déscolarisation

Si les inscriptions en première année primaire  semblent se faire assez correctement pour les garçons et les filles, c’est vers la fin du cycle que les filles en particulier sont déscolarisées.  La plupart des trente-quatre élèves (filles) réparties en deux focus groups, de 4ème année du CEM de Talmine, avec lesquelles nous avons eu une longue discussion n’espèrent pas poursuivre après le BEM. Elles sont presque unanimes quant au fait qu’elles doivent rejoindre leur Ksar pour s’adonner  exclusivement au jardinage et aux tâches domestiques en attendant qu’on « les marie ». Elles sont meilleures que les garçons disent-elles sur le plan scolaire mais elles doivent s’arrêter. La plupart de leurs camarades ont été arrêtées bien avant la 4ème année.  Elles considèrent être plus chanceuses d’être arrivées jusqu’en 4ème année.

Pour ce qui est des abandons particulièrement, il faut remarquer que ces derniers sont très précoces. Les facteurs constituant des obstacles  à la scolarisation féminine sont nombreux. Pour en apprécier certains au sein de notre population d'étude, une question portant sur les raisons de l'abandon ou de la déscolarisation a été soumise aux enquêtés. Il ressort des résultats que l'une des principales raisons évoquée est l’enclavement de la région. La lutte au quotidien contre l’ensablement  mobilise tous les membres de la famille. Le mode de vie des ménages participe  à l’explication des déperditions scolaires dans l’ensemble de la daïra.

La rupture scolaire est étroitement liée au mode de vie et d’organisation socio-communautaire des familles.

C’est surtout au  niveau rural que les problèmes de non-scolarisation, sont perçus de manière aigüe. Il se trouve que c’est surtout dans les ménages où le niveau d’instruction est faible, que nous avons enregistré le plus d’enfants non-scolarisés        

Si la déscolarisation pour éloignement de l’établissement n’existe pas au primaire, au collège elle semble réelle. En effet  le maintien collégiennes, en particulier, au CEM  augmente en fonction de la proximité de l’établissement scolaire par rapport au domicile parental. Si on réduisait les distances parcourues par certaines, même quand les moyens de transport existent,  on contribuerait à enrayer le phénomène de déscolarisation.

A titre d’exemple, le CEM de Ouled Aïssa reçoit  305 élèves (sur 762) qui parcourent  de 12 à 30 Kilomètres par jour 

Tableau 36 : distances parcourues par plus de 40 % des élèves du -CEM de Ouled Aïssa

Ksar

Filles

Garçons

Total

Nombre de kilomètres

Tasfaout

07

21

28

30

Gantour

32

72

104

20

Lahmar

17

26

15

25

Semjen

11

28

39

20

Taounza

15

19

34

20

Hiha

34

86

120

16

Yakou

22

36

58

14

El kort

08

16

24

12

Jdir

00

01

01

12

Nombre  d’élèves

148

157

305

 

Croquis   : Un aperçu des distances parcourues par les élèves pour parvenir au CEM de Ouled Aïssa

Source : étude Charouine UNICEF/Crasc, 2010

Ce qu’il faut sans doute noter c’est le temps  mis pour parcourir ces distances au quotidien ainsi que les retards occasionnés  par l’attente des transports scolaires. 

Toutefois, parmi les problèmes évoqués lors des entretiens et des focus groups avec les responsables du secteur et des collectivités locales, celui des conditions matérielles des élèves dont une partie seulement bénéficie du trousseau et de l’indemnité de rentrée. 

Quels sont les  facteurs qui déterminent les disparités entre les sexes en matière d’éducation dans la Daïra de Charouine ?

Environnement familial

Environnement scolaire

Facteurs socio-économiques :

-Pénibilité des conditions climatiques.

-Déterminisme des difficultés matérielles au niveau des ménages : revenu bas, conditions de vie difficiles, malnutrition (déséquilibre alimentaire).

Facteurs politiques institutionnels :

-Sous enregistrement des faits d’état civil.

-Eloignement des établissements scolaires  par rapport aux domiciles parentaux.

 

Facteurs culturels :

-Non investissement parental dans le fait scolaire.

-Retrait des filles en particulier au moyen.

Facteurs liés à l’école :

-Inadaptation des périodes et horaires scolaires aux rythmes  de la vie sociocommunautaire.

- instabilité des enseignants (contractualisation, statut, logements).

Conséquences :

-Sous-estimation de la population scolarisable.

-Non maitrise des données  statistiques au niveau  des établissements scolaires.

-Absences  répétées des élèves  requis pour des tâches dans l’environnement familial.

-Non- implication  parentale dans la scolarité des garçons et particulièrement des filles.

- Conditions d’exercice de la profession enseignante dans  la Daïra.

3. La réduction du gap : quel plan d’action ?

Le plan d’action  que nous proposons repose sur trois principes directeurs  pour le développement de l’éducation dans la daïra de Charouine

  • La particularité et/ou la spécificité du contexte socio-économico-culturel
  • La dispersion des communes de la daïra et la diversité  des conditions de vie de leurs populations
  • L’implication et la participation des populations locales à l’amélioration des services offerts

Compte tenu des enjeux et des défis qui se posent au système éducatif dans la daïra  Charouine, ce plan d’action  est articulé autour d’une série de stratégies

3.1. Assurer la protection et l’éveil de la petite enfance

En renforçant  l’accès au  préscolaire  dans les kuttabs des mosquées  et les classes préparatoires  dans les écoles primaires où elles n’existent pas.

3.2. Renforcer l’accès et le maintien  à l’école de tous les enfants de 6 à 16 ans

En dépit des progrès réalisés, l’objectif de l’accessibilité de  l’Ecole demeure d’actualité. En plus  de viser l’élargissement de l’accès à l’enseignement obligatoire à tous les enfants  d’ 6 à 16 ans, il faut également viser à y maintenir le plus grand nombre. Le défi donc, se pose  à la fois en termes de : recrutement  autrement dit d’admission en première année primaire des garçons et des filles  et de  rétention  ou maintien dans le cursus des élèves scolarisés. En outre, il faut absolument réduire les déperditions en cours de scolarité ainsi que les exclusions qu’elles soient le fait de l’Ecole, des familles ou des élèves eux-mêmes.

3.3. Réduire les disparités de scolarisation :

Garantir l’équité et  l’égalité des chances dont la recherche devient ainsi stratégique pour la réalisation d’un système éducatif  local plus  intégrateur et renforcer la scolarisation des filles. Ce renforcement de la scolarisation des filles constitue un enjeu et un défi pour ce plan  d’action 2011-2013 et pour l’atteinte de l’objectif de parité.

3.4. Mettre en place  des structures opérationnelles de santé et d’hygiène scolaire 

Promouvoir l’éducation à la santé  à l’école obligatoire  en vue d’apporter à l’enfant et à sa communauté plus des connaissances et des attitudes capitales pour leur développement physique, psychologique et social et pallier les lacunes en matière d’hygiène corporelle, vestimentaire, nutritionnelle   des enfants.

3.5. Améliorer la qualité et la pertinence des enseignements et des apprentissages 

L’amélioration de la qualité à tous les niveaux constitue le cœur des  mesures d’action inscrites dans le cadre de la réforme  du système éducatif. Cette exigence de qualité est inscrite  dans la loi d’orientation.  Dans cette perspective, il faut s’assurer, dans tous les degrés d’enseignement, que les élèves acquièrent les connaissances et compétences qui leur permettent de comprendre le monde et leur propre milieu et de continuer à apprendre.

Plan d’Action

Question principale

Objectifs  stratégiques

Résultats attendus

Actions

Partenaires associés

Indicateurs

O .V.

 

 

 

 

Quelles sont les

 Actions stratégiques à entreprendre pour résoudre les problèmes structurels qui  limitent

L’action des pouvoirs publics dans l’accès et le maintien  à l’école de tous les enfants de la daïra  de Charouine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-Assurer la prise en charge éducative de la petite enfance

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’accès au préscolaire   toutes structures confondues : classes préparatoires, Kuttabs privé, est assuré et facilité ;

-Structures disponibles.

Formation à la spécialisation les éducateurs (trices) avec statut particulier

-DE

-Direction de la formation professionnelle de la wilaya d’Adrar

Des éducatrices seront recrutées avec une formation spécialisée, spécifique à la prise en charge de la petite enfance.

- Création des classes enfantines dans les établissements où elles  n’existent pas et  admission de  tous les enfants sans discrimination de sexe ou d’handicap

-Société civile

-DAS

 

 

Les quarante écoles primaires actuelles auront une classse préparatoire chacune

Equipement des classes selon le besoin (structures publiques) ;

-Disponibilité de fournitures préscolaires (cahiers spéciaux) et cantine ;

 

-DE

-DAS

 

Tous les Kuttabs sont équipés : chaises, tables etc.

-tous les enfants mangent à la cantine

-Réaliser l’objectif de l’obligation scolaire des  enfants de 6 ans.

 

 

 

Le problème du sous-enregistrement  des faits de l’état civil est résolu

-mobiliser les instances sociales

-Collectivités locales

- Justice

Tous les enfants jouissent d’une filiation juridiquement légale.

 

 

-les parents sont obligés  d’envoyer leurs enfants à l’école ;

Règlement du problème des sous effectifs par la création de classes uniques à plusieurs niveaux  et

 formation spécialisée de l’encadrement motivé par certains avantages matériels;

- DE

-Collectivités locales

 

 

 

 

100% des enfants  sont scolarisés en 2012

- les enfants de 6 ans sont admis à l’école sans discrimination de sexe ou d’handicap ;

-Règlement du problème du sous enregistrement à l’Etat Civil par dérogation interministérielle afin de permettre la réalisation de la généralisation  de la scolarité 

 


-création  de classes mobiles (caravanes itinérantes) avec des enseignants  se déplaçant vers les Ksours pour  prendre en charge les petits effectifs non scolarisés à 06 ans.

MEN

Equipe MEN

Justice

Médiation

 

 

 

 

 

 

MEN

Collectivités locales

solidarité

100% des enfants de 6 ans sont scolarisés en 2012

 

 

 

 

 

 

100% des enfants de 6 ans sont scolarisés en 2012

 

 

Question principale

 

 

 

 

 

 

Quelles  sont  les

 Actions stratégiques à entreprendre pour résoudre les problèmes structurels qui  limitent

L’action des pouvoirs publics dans l’accès et le maintien  à l’école de tous les enfants de la daïra  de Charouine

 

Objectifs  stratégiques

Résultats attendus

Actions

Partenaires associés

Indicateurs

O .V.

-Maintenir Les enfants dans le système éducatif jusqu’à 16ans (respect de l’enseignement obligatoire)

 

 

 

Tous les scolarisés sont maintenus à l’école jusqu’à  16 ans ;

 

-Adapter les périodes scolaires aux rythmes et horaires de l’organisation de la vie communautaire

-Mise en place d’un dispositif de suivi de la fréquentation scolaire au niveau communal ; 

 

 

-DE

-société

Civile

 

DE

Commune

Systématisation 2011-2012

-Fiche de suivi de la fréquentation des élèves ;

 

 

 

 

 

 

-Des moyens adéquats sont mis en place pour leur maintien.

 

 

-Mise à disposition de l’institution de moyens adéquats pour assurer la régularité de la fréquentation : transport, cantines, fournitures scolaires

 

-Mise en place de cellules de proximité au niveau des communes  pour le suivi et intervention auprès des parents en cas de nécessité.

 

-DE

 

 

 

 

 

-DAS

 

-Rapport  sur  les abandons et l’absentéisme ;

 

 

 

-cellules de proximité opérationnelles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-Réduire les disparités dans la scolarisation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les problèmes qui limitent la scolarité sont pris en charge

  - retard scolaire,

  -handicaps légers ou profonds, -nécessité socio économique.

- Adaptation des périodes scolaires  aux rythmes et horaires de la vie communautaire

 

-DE

 

 

 

 

 

 

Systématisation en 2011-2012

-Mise en place d’un système de suivi et d’évaluation de la scolarité à tous les niveaux ;

-Mise en place d’un dispositif de remédiation (rattrapage de retard scolaire)

 

 

Solidarité

Collectivités locales

Grille de suivi et d’évaluation renseignée

-Fiches individuelles de remédiation

 

-Mise en place d’un enseignement spécialisé adapté pour enfants handicapés (moteurs, mentaux etc..).

 

 

DE

DAS

-Programme spécifique pour handicapés

 

 

- Généralisation des internats dans les collèges et lycée notamment pour faciliter la scolarité des  Filles

DE

-Internat généralisé  selon les besoins identifiés

 

 

Question principale

 

 

Quelles  sont  les

 Actions stratégiques à entreprendre pour résoudre les problèmes structurels qui  limitent

L’action des pouvoirs publics dans l’accès et le maintien  à l’école de tous les enfants de la daïra  de Charouine

 

 

 

 

 

 

Objectifs  stratégiques

Résultats attendus

Actions

Partenaires associés

Indicateurs

O .V.

 

 

-Mise à disposition de tous les  élèves de :

     -fournitures scolaires et prêt des manuels

     - trousseau vestimentaire,

      -moyens de transport au quotidien,     

Commune

DAS

Société civile

-compte rendu  de l’opération d’affectation des trousseaux et des fournitures scolaires ;

 

 

Améliorer la qualité et la pertinence des enseignements et des apprentissages

 

 

 

-Les conditions adéquates de scolarité existent ;

-l’encadrement pédagogique est qualifié ;

-Les moyens de réussite scolaire disponibles

-Formation et recyclage des enseignants aux méthodes innovantes ;

 

 

Amélioration des moyens matériels et outils didactiques pour les enseignants ;

 

 

-Adaptation des moyens pédagogiques (méthodologie) aux besoins de chaque groupe de niveau

 

 

-DE

-inspecteurs

enseignants,

-Nombre de regroupements pédagogiques et stages ;

 

-Cellule de réflexion composée d’enseignants motivés, opérationnelle ;

 

-Résultats aux examens en progrès.

Conclusion

L’étude à la base de ce cahier avait pour objectif majeur d'analyser la situation de l'éducation dans la daïra de Charouine afin de mettre à la disposition des décideurs locaux des informations adéquates susceptibles de contribuer à la mise en œuvre de stratégies en vue d’améliorer  le taux de scolarisation et de réussite scolaire pour tous. Pour y parvenir, deux hypothèses ont été émises.

Selon notre première hypothèse, le contexte local et les attitudes parentales influent sur les taux de scolarisation. Cette hypothèse a été éprouvée dans l’ensemble des communes et à Talmine en particulier où l’obligation scolaire n’est pas suivie de manière rigoureuse : un certain nombre d’enfants d’âge scolaire ne sont pas admis à six ans pour cause de non constitution de classes de 1ère année au vu de la faiblesse d’effectifs ou d’absence de documents d’état civil ;

Une approche différenciée des obstacles à la solarisation met en évidence  le déterminisme du sous-enregistrement et des sous-effectifs sur la non-scolarisation au primaire, l’influence de l’éloignement  des établissements par rapports aux domiciles parentaux  sur la déscolarisation dans l’enseignement moyen et l’impact de l’inadaptation  des périodes et horaires scolaires aux rythmes de la vie sociocommunautaire  sur les abandons au secondaire.

L’analyse des éléments du contexte local  met en exergue  le besoin de main-d’œuvre juvénile  dans la maîtrise de l’ensablement constituant une lutte pour la survie  et dans les tâches agricoles. Or, nous avons noté que les 4-6 ans  étaient inscrits en grand nombre  dans les classes préparatoires ainsi que dans les kuttabs. Ceci s’explique  par le fait que ces classes, ne fixant aucune exigence d’ordre pédagogique ou matérielle, fonctionnent comme des espaces de « gardiennage »  utile pour les parents et les mères en particulier.

Les parents ne se sentent pas impliqués dans le fait scolaire ; aucun investissement, énergétique, matériel et financier n’est consenti. Ils considèrent  que la scolarité   de leurs enfants  est l’affaire de l’Etat

La seconde hypothèse a été vérifiée en partie. En effet, si les inscriptions en première année primaire  semblent se faire assez correctement pour les garçons et les filles, vers la fin du cycle les filles sont déscolarisées. La discrimination genre est plus prononcée dans le maintien à l’école : les filles pouvant seconder la mère dans les tâches domestiques et se préparer au mariage. Les attitudes parentales  favorables à la scolarisation des filles au primaire  se négativisent dès l’entrée en  première année moyenne.

Pour ce qui est des abandons il faut remarquer que ces derniers sont très précoces. Les facteurs constituant des obstacles  à la scolarisation féminine sont nombreux ; il ressort des résultats que l'une des principales raisons évoquée est la contribution de la main-d’œuvre féminine dans le désensablement. En réalité, la lutte au quotidien contre l’ensablement  mobilise tous les membres de la famille. Le mode de vie des ménages participe  à l’explication des déperditions scolaires dans l’ensemble de la daïra. La rupture scolaire est étroitement liée au mode de vie et d’organisation socio-communautaire des familles. C’est surtout au  niveau rural que les problèmes de non-scolarisation  des filles, sont perçus de manière aigüe. Il se trouve que c’est surtout dans les ménages où le niveau d’instruction est faible, que nous avons enregistré le plus de filles  non-scolarisées   

Si la déscolarisation pour éloignement de l’établissement n’existe pas au primaire, au collège elle semble réelle. En effet  le maintien des collégiennes, en particulier, au CEM  augmente en fonction de la proximité de l’établissement scolaire par rapport au domicile parental. Si on réduisait les distances parcourues par certaines, par la création d’antennes, on contribuerait à enrayer le phénomène de déscolarisation.

Par ailleurs si le réseau se densifie progressivement en ce qui concerne les effectifs élèves dans le primaire, on peut dire que  le moyen est en souffrance et que le secondaire existe pour une élite seulement. De plus, l'indice de parité des sexes est défavorable aux filles c'est-à-dire qu'il y a moins de filles scolarisées que de garçons dans la population des enfants de 6 à 15 ans de la même commune. Si l’écart  n’est pas bien grand au primaire, il se creuse au moyen et au secondaire. La situation des collégiennes est préoccupante car quelque soit le milieu de résidence, les filles déclarent avoir moins de chances de poursuivre au-delà du collège.

Toutefois si en milieu rural les ménages les plus pauvres n’ont pas conscience de l’intérêt de l’école pour leurs enfants et ont tendance à ne pas  les scolariser, en milieu urbain, nous n'avons pas pu déceler l'effet du niveau de vie sur la scolarisation des enfants. C'est sans doute parce que l'approche que nous avons utilisée pour mesurer le niveau de pauvreté dans cette zone présentait certaines limites.

Références  bibliographiques

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Bellil. R., (1994),"Traditions orales, mémoires collective et rapport au passé chez les zénètes du Gourara (Sahara algérien)", ed. Peeters Louvain, Paris.

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Bisson J., 1957, Le Gourara, étude de géographie humaine, Mémoire n°3, Université d’Alger, Institut de Recherches Sahariennes, 221p.

Bisson J., (2003). Le sahara : mythes et réalités  d’un désert convoité. Paris, L’Harmattan

Kouzmine Y., 2007, Dynamiques et mutations territoriales du Sahara algérien vers de nouvelles approches fondées sur l'observation, thèse de doctorat en géographie, Université de Franche Comté, Besançon

Marouf N., (1980). Lecture de l’espace oasien. Paris, Sindbad

Psacharopoulos G., et Woodhal M., (1988). L’éducation pour le développement. Paris, economica

Troin J.-F. (dir), (1985) : Le Maghreb, hommes et espaces, Paris,  Armand Colin,

UNESCO (2007). Consultation d’experts sur une définition opérationnelle de l’éducation de base. In http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001802/180253f.pdf . Consulté le 20 juin 2010


Notes

[1] La déscolarisation est définie comme l’arrêt des études avant les termes conventionnés par la législation en vigueur. C’est la résultante de processus multifactoriels, et c’est bien la combinaison de plusieurs facteurs qui permet de les comprendre. Il s’agit bien de s’intéresser au processus de « désaffiliation scolaire » défini par Broccolichi (1998, 41), qui renvoie aux interactions des contextes scolaires, familiaux et locaux.

[2] دايمن الدفع الدفع الدفع