Les Cahiers Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

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Les cahiers du Crasc, N° 23, 2012, p. 15-86 | Texte Intégral


 

 

 

II.Portrait statistique

1. La daïra de Charouine

Le portrait statistique  de l’éducation scolaire dans la daïra de Charouine  s’insère dans le portrait socio-économico-culturel de la région.  Aussi  avons-nous jugé nécessaire  de faire un zoom tout d’abord sur la daïra et ensuite sur sa population globale avant de nous attarder sur les conditions de scolarisation. Notre hypothèse étant formulée ici en termes de liens  existant entre  l’enclavement de la daïra conjugué à la dispersion des populations et les conditions de scolarisation. Nous pensons que la configuration géographique et les caractéristiques physiques et naturelles conditionnent assez fortement  les aptitudes  au développement de la daïra.

Ce portrait peut contribuer à expliquer,  du moins en partie, la situation  qui prévaut  au plan scolaire.

Au plan physique, la daïra de Charouine constitue géographiquement un ensemble d’oasis  dont une grande partie se trouve en plein dans l’Erg occidental, « formation dunaire » limitant le Gourara[1].

Figure 04 : Formation dunaire dominant l’espace Charouine

 

Source : étude Charouine UNICEF / Crasc 2010

Cet espace est formé de chaînes de dunes de sable avec des altitudes variant de 40 à 300 m. Dans sa partie sud, les dunes sont plus massives et plus hautes. Il repose sur une surface tabulaire, constituant une masse compacte de sables où l’action éolienne facilite sa mobilisation et son transport, et, par là même, la formation de vastes ensembles dunaires. A l’intérieur, l’homme tente de conquérir et de transformer des terres afin d’y pratiquer, tant bien que mal, une agriculture de subsistance pour l’essentiel.

Cependant, malgré l’hostilité naturelle qui s’impose aux populations locales, ces dernières disposent de potentialités hydriques non négligeables et facilement mobilisables. En effet, la nappe d’eau est peu profonde et affleure parfois. Il s’agit des eaux de ruissellement des versants sud de l’Atlas saharien, dont une grande partie est mobilisée par les foggaras[2] situées en aval de l’erg.

Au plan climatique, la région est caractérisée par une alternance de deux saisons relativement bien marquées. Un hiver saharien court de novembre à mars, avec des nuits fraîches voire froides. L’été, qui dépasse six mois, est la réelle saison de ralentissement de la végétation. Aux températures très élevées peut venir s’ajouter le sirocco, vent sec et chaud ; dès lors, il n’est pas rare que les températures dépassent largement les 40°C. Cette « aridité tyrannique » (J.-F. Troin, 1985) se traduit notamment dans la constitution d’un paysage typique qui conditionne la vie humaine et économique et  « malgré tous les efforts humains et économiques, le climat domine et la nature crée l’espace ».

Les précipitations ne dépassent pas les 50 mm et elles interviennent  généralement entre les mois de mai et septembre et pas tous les ans. Un autre élément climatique qu’il faut souligner  c’est le vent qui pose  un réel problème. Responsable des phénomènes d’ensablement dans la région, il  peut souffler aussi bien en été  qu’en hiver, selon des directions différentes. Le vent est perçu  comme un agent  érosif[3] de transport et de formation des dunes.

Les implantations humaines dans les trois communes sont réparties à travers plusieurs Ksours plus ou moins touchés par  l’ensablement en fonction de leur position spécifique par rapport aux chaînes de dunes de sable  que constitue l’erg occidental. Sur les trois communes, c’est Talmine  qui est la plus touchée par l’ensablement, et ce, en dehors  du chef-lieu de la commune  qui semble épargné. Ce sont les sites situés  en plein dans l’erg qui sont les plus touchés.

Parmi les actions  menées pour lutter contre l’ensablement nous notons le déblaiement et les palissades[4] d’arrêt et de déviation. Cette maîtrise de l’ensablement soulève une question importante : comment peut-on bloquer le processus dans un espace essentiellement dunaire ? Beaucoup d’efforts sont déployés aussi bien par les autorités que par les populations pour  résoudre le problème d’enclavement mais les résultats sont encore insuffisants.

L’aménagement de ces espaces constituant un chapelet d’ilots dans une mer de sable demeure problématique non seulement pour les pouvoirs publics  mais surtout pour la société locale.

La question est de savoir en quoi les facteurs abiotiques[5]  influent-ils sur les conditions de vie de la population globale en général et scolaire en particulier ?

Figure 05 : Une caractéristique de l’enclavement

 

Source : Etude Charouine UNICEF/Crasc 2010

2. La population globale

Les zénètes constituent le fond du peuplement de Charouine confiné dans de petits terroirs isolés les uns des autres  en raison de la nature de l’environnement. L’enquête nous a permis de mettre en exergue  le caractère singulier de cette population dont la répartition, à travers la daïra, se caractérise par une dispersion importante. C’est une population dispersée mais enracinée.

2.1. Répartition géographique de la population

La dispersion est un des traits majeurs de la population de la daïra Charouine qui ne se concentre pas, dans les  chefs-lieux des trois communes. Cette caractéristique de peuplement de l’espace, selon Bendjelid, Brûlé et Fontaine (2004), concerne toutes les communes du grand erg occidental.

Tableau 01 : Répartition de la population globale de la daïra de Charouine

Communes

Répartition de la population  selon la commune  et la dispersion

 

Agglomération chef-lieu (ACL)

Agglomération secondaire (AS)

Zone éparse (ZE)

Total

Charouine

1536

6388

3423

11347

Talmine

1067

7025

4677

12769

Ouled Aïssa

1350

3206

2478

7034

Total

3953

16619

10578

31150

Source : RGPH2008, ONS, données statistiques N°527/01

Le tableau 01 montre une grande tendance à la dispersion à travers les agglomérations secondaires et les zones éparses.  La question est de savoir comment  se répartit cette population selon les communes et le sexe? (graphe 1)

Graphe 01 : Répartition de la population de Charouine selon les communes

Source : RGPH 2008, ONS, données statistiques N°527/01

Selon l’ONS, le taux d’accroissement de la population  se situe entre 2,5% pour la commune Ouled Aïssa et 3,1% pour celle de Talmine. Le taux pour Charouine qui est en même temps chef-lieu de Daïra, se situe entre les deux avec 2,8% par rapport au taux d’accroissement  d’Adrar qui est de 2,6%, selon l’ONS et le taux national qui est de 1,6%

Graphe 02 : Répartition de la population de la commune  Talmine par zones

Source : RGPH 2008, ONS, données statistiques N°527/01

Comme le montre ce graphe, seuls 8% de la population sont en agglomération chef-lieu. Les 37% de population en zone éparse peuvent s’expliquer par le fort enracinement de la population talminienne à ses terroirs. La quasi-totalité des chefs de ménage réside dans leur ksar de naissance  Non seulement l’immobilisme de cette population est presque  total, mais en plus, l’immigration de populations venant  de l’extérieur et même d’autres ksour de la commune est pratiquement nulle. Cette caractéristique montre que nous sommes en présence d’un groupe social très attaché et fermé sur lui-même.

Graphe 03 : Répartition de la population de la commune  de Ouled Aïssa par zones

Source : RGPH 2008, ONS, données statistiques N°527/01

La population en zone éparse représente 35% à Ouled Aïssa. Ce qui est encore considérable compte tenu de la moyenne de la wilaya qui est de 10% seulement. Cette caractéristique de peuplement de l’espace concerne en fait toutes les trois communes  de la daïra.

Graphe 04 : Répartition de la population de  Charouine par zones

Source : RGPH 2008, ONS, données statistiques N°527/01

Les trois communes se présentent avec une structure démographique relativement jeune avec 47,09%  de moins de 20 ans dans la daïra ; soit 39,10% dans la commune de Charouine, 50,57 %  à Talmine  et 50,60 % à Ouled Aissa (graphe 5).

Graphe 05 : Répartition de la population  de moins de 20 ans à travers la daïra

Source : RGPH 2008, ONS, données statistiques N°527/01

2.2. Les conditions d’habitat

L’état et les caractéristiques d’un logement ainsi que les commodités donnent une première idée des conditions de vie des ménages qui y résident : conditions de vie qui semblent à première vue constituer un obstacle à la décision de scolariser les enfants, en particulier après le primaire.

Les habitats isolés  reflètent les conditions du passé et renvoient au vécu de ces populations qui au départ étaient nomades, éleveurs de chameaux. La maison dans cet espace n’a pas la même signification que dans les espaces urbanisés. Si elle est composée de nombreuses pièces, sa taille reste relativement petite. De plus certaines pièces  sont utilisées comme aires de stockage.

Figure 06 : une pièce occupée dans une maison

Source : étude Charouine UNICEF / Crasc 2010

Tableau 02 : Répartition des logements selon le type de construction

Communes

Type de construction

Immeuble

Maison individuelle

Maison traditionnelle

Autre ordinaire

Construction précaire

Non déterminé

Total

Charouine

00

173

1741

01

00

09

1924

Talmine

00

37

1495

08

572

12

2124

Ouled Aïssa

00

86

902

00

27

33

1048

Total

00

296

4138

09

599

54

5096

Source : RGPH 2008, ONS, données statistiques N°527/01

Le type d’habitat dans l’espace de la daïra, quand il ressemble au type « Ksar » constitue un regroupement et un enchevêtrement de maisons donnant un aspect compact à l’ensemble du bâti. On dénombre 4138 logements dans les Ksours soit plus de 80%. En revanche  les habitations  que l’on retrouve dans la commune de Talmine en particulier, constituent  plutôt un ensemble de maisons éclatées, éloignées parfois les unes des autres. Certaines de ces maisons se trouvent à l’intérieur des jardins. Nous observons des cas extrêmes où les pièces d’une même maison sont séparées.

Près de 60% des constructions sont composées de briques en toub (brique de terre séchée) pour les murs et de tronc de palmiers pour les toitures. On observe cependant une utilisation progressive de matériaux modernes tels que les dalles en ciment et les murs en parpaing.

Tableau 03 : Répartition  des logements habités  selon le nombre de pièces 

Communes

Nombre de pièces

01

02

03

04

05

6 et +

ND

Total

TOP

Charouine

144

849

699

183

41

8

0

1924

2,5

Talmine

373

1116

483

125

16

9

3

2125

3,0

Ouled Aïssa

83

397

416

110

28

13

0

1048

2,8

Total

600

 362

1598

 418

85

30

3

5097

2,7

Source : RGPH 2008, ONS, données statistiques N°527/01

La présence de cuisine séparée des autres pièces de la maison n’est pas systématique,  seule la moitié des maisons en est dotée. Ceci peut s’expliquer par des pratiques traditionnelles n’usant pas de la cuisine, les repas se préparent en général à l’extérieur (dans les cours des maisons)

La même observation est relevée pour la présence d’une salle d’eau au sein des   habitations.  Si la cuisine dépend d’initiatives individuelles et personnalisées des ménages, les salles de bain et les toilettes sont dépendantes de l’existence ou non de réseaux publics. Or, la dispersion de l’habitat ne facilite aucunement l’équipement des ksours par de telles infrastructures.

Figure 07 : une cuisine  dans une habitation à Talmine

Source : étude Charouine UNICEF/Crasc

Tableau 04 : Structure des logements  disposant de commodités

Communes

Cuisine

Salle de bain[6]

sanitaires

Réseau électrique

Gaz naturel

Réseau d’égout

Réseau AEP

Charouine

92,0

78,9

83,8

97,8

0,5

14 ,1

91,9

Talmine

17,5

13,5

10,3

94,2

0,8

0,5

2,7

Ouled Aïssa

91,4

80,6

95,5

99,0

1,3

1,1

30,9

Total

66,96%

57,66%

63,2%

97%

0,86%

5,23%

41,8

Source : RGPH2008, ONS, données statistiques N°527/01

Malgré l’introduction progressive de l’électricité dans les ksours, rares sont les habitations qui ont  recours à l’utilisation du climatiseur (4,3% des constructions enquêtées). Cette pratique de plus en plus généralisée dans les zones agglomérées ne semble pas faire l’unanimité auprès de ces populations paysannes qui ont toujours recours au haouch (cour intérieure), à la terrasse, à l’extérieur de la maison (sommet de dunes par exemple). L’absence de ce moyen de confort moderne est révélatrice du niveau de vie modeste de ces populations (coût de l’électricité).

Les habitations disposent toutes systématiquement d’une zriba (petite pièce pour l’élevage) et d’une aire de stockage pour entreposer des produits agricoles et en particulier les produits de la phoeniculture (les dattes dont la  particularité de certaines variétés est celle d’être longtemps conservées). La prise en charge de programmes d’habitat dans les communes par l’Etat ne répond pas aux attentes des populations locales. La politique de l’Etat tend à regrouper les populations en agglomérations (chefs-lieux de communes), tandis que les intéressés préfèrent rester dans leur terroir. Dans l'analyse des conditions de vie des ménages, les équipements occupent une place dans l’appréciation du  niveau de vie des familles. Lors de l'enquête, il a été demandé aux ménages de quels types de matériels ils disposent ? L'analyse des données indique un contraste en matière de possession de ces équipements

Tableau 05 : équipements ménagers des ménages selon la commune

Equipements

Charouine %

Talmine %

Ouled Aissa %

Véhicule

Téléviseur

Réfrigérateur

Cuisinière

Lave-linge

Ventilateur/Climatiseur

Résidence secondaire

Ligne téléphonique

Antenne parabolique

Ordinateur

Accès à internet

5.6

63.5

62.0

33.4

2.3

13.3

6.2

10.5

41.2

3.3

1.4

1.3

37

31.7

3

0.2

1.7

1.2

7.1

18.4

0.6

0.2

4.6

82.4

65.3

34

1.2

6.6

8.6

5.3

38

1.0

0.4

Source : RGPH 2008, ONS, données statistiques N°527/01

A la lecture du tableau, nous constatons que la  rubrique climatiseur (1,7 % pour la commune de Talmine) ne  couvre pas la grande majorité des habitations alors que la chaleur d’été traduit une fournaise dans cette zone.

Le taux des habitants de Talmine qui possèdent un véhicule s’élève à 1,3%. Par ailleurs  les moyens de transport public reliant les communes au chef-lieu de la daïra sont rares.  Les réfrigérateurs n’existent pas dans toutes les habitations. Apparemment Talmine est la commune qui renferme la population la plus démunie. Certaines familles des ksours vivent bien en deçà du strict minimum.

Figure 08 : porte d’entrée d’une habitation à Talmine

Source : étude Charouine UNICEF / Crasc 2010

2.3. Niveau d’instruction

Le niveau d’instruction des habitants  des trois communes reste relativement assez bas[7] en particulier chez les femmes, avec de légères différences d’une commune à l’autre.

En effet, c’est à Talmine[8] où il est particulièrement faible. Le niveau d’instruction dans la wilaya d’Adrar[9], tout en étant en dessous du niveau moyen d’instruction des wilayas du Nord (annexe n°5) reste cependant meilleur que celui de la daïra de Charouine.

Graphe 06 : Structure de la population  selon le niveau d’instruction

Source : RGPH2008, ONS, données statistiques N°527/01

Dans les trois communes, le taux des femmes sans instruction est élevé : 48,9% à Charouine, 64,8% à Talmine et 43,7% à Ouled Aïssa.

Les activités des ménages

Le ménage est constitué en général du père, de la mère et des enfants, dont parfois un ou même deux des enfants sont mariés. Nous ne sommes en présence ni de familles simples ni de familles élargies, bien que la taille des ménages soit importante (plus de 7 personnes par ménage en moyenne). Le mode de faire-valoir fondé sur une conquête de surface agricole utile impose un type de famille hybride ou intermédiaire. L’acquisition de nouvelles parcelles contribue à l’éclatement. L’enquête directe sur le terrain souligne bien cette observation dans la mesure où de nombreux ménages nouvellement constitués sont des ménages relativement jeunes.

Tous les chefs de ménage actifs enquêtés  se déclarent occupés et en particulier dans le secteur agricole (75%). ils exercent secondairement dans le secteur tertiaire indépendant, souvent lié à l’agriculture traditionnelles. Par ailleurs, certains chefs  de ménage sont recrutés dans le secteur public, notamment dans l’enseignement primaire,  l’administration ou le bâtiment.

Par ailleurs, la répartition des tâches agricoles effectuées dans les jardins  montre que le chef de ménage n’en exécute qu’une partie ; les plus importantes sont réalisées par les femmes et les jeunes filles. Si le creusement des puits, leur entretien, la recherche de nouveaux espaces à exploiter relèvent exclusivement de la main d’œuvre masculine, les travaux dans les jardins  sont du domaine de la main d’œuvre féminine et infantile.

Deux types d’agriculture coexistent, le petit maraîchage, à la limite du jardinage (orge, luzerne et légumes), et la phoeniculture. La moyenne des palmiers travaillés, essentiellement par les hommes, est d’environ 130 unités. La propriété du palmier relève de plusieurs ménages de parenté directe en général. Le travail du palmier consiste en sa mise en rapport (préparation à la production), et en la récolte. Les bénéficiaires sont les membres qui s’investissent dans le travail à la production.

Figure 09 : Petite surface agricole à Tighouzi[10].

Source : étude Charouine UNICEF / Crasc 2010

Le premier type d’agriculture se pratique dans des jardins sur plusieurs parcelles[11] d’une moyenne de 20m2  et c’est la partie du terroir que l’on irrigue deux fois par jour en général (le matin et le soir) à partir du puits à balancier (Kerkaz…) qui se trouve à l’intérieur des jardins. Ces derniers sont sur des terrains surélevés par rapport aux beurda. Ils constituent une extension volontaire de cette entité presque naturelle.

Le second type d’agriculture se pratique dans la beurda[12], c’est le domaine du palmier – dattier. 

Figure 10 : Palmeraie à Ksar Charouine

Source : étude Charouine UNICEF/Crasc

Nous avons constaté que les palmiers étaient productifs, que la production était précoce (juin) et que les variétés étaient de bonne qualité.

Le nombre de jardins dont disposent les ménages est en relation directe avec leur taille : plus les ménages sont grands et plus le nombre de parcelles travaillées est élevé. Certains disposent en moyenne de deux jardins dont ils sont propriétaires. Les travaux agricoles effectués se résument en un ensemble de tâches simples et répétitives mobilisant tous les membres du ménage sans exception : le puisage de l’eau, l’irrigation, le travail de la terre, le fauchage, le désherbage, la récolte et le désensablement.

En dépit des contraintes naturelles et matérielles, les efforts investis par les paysans pour travailler leur terre sont révélés  par leur détermination à assurer un volume d’eau moyen à la production agricole. En dehors de la source classique d’alimentation en eau qu’est la foggara, les paysans qui ont les moyens ont financé le fonçage de puits équipés de motopompe.

En revanche les plus démunis ont trouvé la solution en alimentant leurs parcelles les plus proches du ksar par l’intermédiaire de tuyaux en caoutchouc synthétique apparents ou enterrés.

Figure 11 : Une parcelle irriguée à Talmine

Source : étude Charouine UNICEF / Crasc 2010

La pratique de l’élevage n’est pas systématique. En effet, quelques ménages enquêtés disposent d’un petit élevage. Cette activité est liée au travail du jardin ; c’est un complément qui se pratique au sein même de l’habitation dans des ’’zribate’’ de manière extensive et en général par les femmes et les enfants. Si, originellement, le camelin était l’unique vocation de la région et faisait de ces populations des nomades, il n’en est plus de même aujourd’hui.

L’enquête fait ressortir que le système économique de la daïra  est de type traditionnel basé sur une activité commerciale de subsistance appuyée  sur le troc : le surplus en produits agricoles est troqué contre d’autres produits  ou vendu à des petits commerçants pour les achats de denrées alimentaires ou vestimentaires nécessaires à la famille. Le chef de daïra et les trois  présidents d’APC nous précisent que : « malgré le travail à main d’œuvre gratuite, la récolte ne permet souvent pas  de couvrir les besoins élémentaires de tous les ménages ; aussi les chefs de famille  vont-ils pour la plupart aller chercher du travail salarié ailleurs, en général comme manœuvres dans le bâtiment ou autres. »

3. La population scolaire

Le portrait de cette population  a été réalisé sur la base des objectifs de la réforme et de quelques indicateurs. Son approche systémique  prend en charge  ses interactions avec les deux principaux acteurs que sont les enseignants et les parents. Nous rappelons que les données  qui ont servi à dresser ce portrait proviennent de trois sources : l’ONS, la Direction de l’Education  (DE), l’enquête « ménages» et l’enquête  menée auprès des différents acteurs du système éducatif.

Les objectifs de la réforme :

Nous en avons  retenu  cinq   extraits de la loi 08-04 du 15 Moharram 1429  correspondant au 23 janvier 2008 dans son chapitre 2, articles  4, 10, 11,  12 et 13:

01 : Garantir  la scolarisation pour tous les enfants

Article10 : «  L’Etat garantit le droit à l’enseignement à toute algérienne et tout algérien sans  discrimination fondée sur le sexe, l’origine sociale ou l’origine géographique. »

02 : Généraliser l’enseignement  fondamental et garantir l’égalité des chances

Article 11 : « Le droit de l’enseignement est concrétisé par la généralisation de  l’enseignement fondamental et par la garantie de l’égalité des chances en matière de conditions   de scolarisation et de poursuite des études après l’enseignement fondamental. »

03 : Obliger les parents à scolariser  leurs enfants  sans discrimination de sexes

Article 12 : «  L’enseignement est obligatoire pour toutes les filles et tous les garçons âgés de 6 ans à 16 ans révolus. »

« Les manquements des parents ou des tuteurs légaux les exposent à une amende allant de cinq mille (5.000) à cinquante mille (50.000) dinars algériens. »

04 : garantir à tous les enfants  un enseignement de qualité

Article 4 :  « En matière d’instruction, l’école a pour mission de garantir à tous les élèves un enseignement de qualité favorisant l’épanouissement intégral, harmonieux et équilibré de leur personnalité et leur donnant la possibilité d’acquérir un bon niveau de culture générale et des connaissances théoriques et pratiques suffisantes en vue de s’insérer dans la société du savoir. »

….  « Offrir à tous les élèves la possibilité de pratiquer des activités sportives, culturelles, artistiques et de loisirs, et de participer à la vie scolaire et communautaire. »

05 : apporter un soutien à la scolarité des enfants démunis

Article 13 : "L’Etat apporte son soutien à la scolarisation des élèves démunis en leur permettant de bénéficier d’aides multiples, notamment en matière de bourses d’études, de manuels et de fournitures scolaires, d’alimentation, d’hébergement, de transport et de santé scolaire ».

Les indicateurs

ID1 : Le Taux d’inscription au préscolaire. Cet indicateur exprime  le taux brut d’inscription en classe préparatoire. Certes  le préscolaire n’est pas obligatoire  et de plus  si on se réfère à la loi d’orientation et en particulier à son article 40 seules les classes préparatoires situées dans les écoles primaires et les jardins d’enfants [13] sont considérés comme des structures de préscolarisation

ID2 : Le Taux brut d’admission (TBA) représente le nombre total des admis en 1ère AP sans considération d’âge, exprimé  en pourcentage  de la population  ayant l’âge officiel  d’entrer à l’école primaire. Cet indicateur traduit  le niveau général d’accès  à l’enseignement primaire. Il indique également la capacité  du système  éducatif à assurer  l’accès en 1ère AP de la population ayant l’âge d’entrer à l’école. Ce taux brut à l’échelle nationale  dépasse les 100%. Ceci indique  que le système éducatif algérien  possède les capacités  nécessaires pour accueillir et scolariser l’ensemble des enfants âgés de 6 ans

ID3 : Le Taux net d’admission (TNA)  représente le nombre des nouveaux  élèves de 1ère AP (6 ans) exprimé en pourcentage de la population du même âge. Cet indicateur fournit une mesure plus précise du niveau d’accès à l’enseignement primaire  de la population  en âge d’y entrer que ne le fait le taux brut d’admission. Il est égal au pourcentage du rapport du nombre d’enfants,  qui entrent effectivement en 1ère AP, sur l’effectif de la population  du même âge. Les données relatives  aussi bien aux nouveaux  élèves, qu’à  la population utilisée pour le calcul de l’indicateur  se réfèrent  strictement à l’âge officiel d’entrée à l’école. Un TNA élevé constitue  une mesure des progrès  accomplis en matière de scolarisation.

ID4 : Le Taux brut de scolarisation (TBS) qui correspond au total des inscriptions  dans l’enseignement primaire par rapport à la population scolarisable. Nous l’utiliserons comme indice  du niveau général de scolarisation au primaire. Un TBS élevé indique un degré élevé de scolarisation, que les élèves appartiennent au groupe d’âge ou non. Quand sa valeur  approche ou dépasse 100% cela indique que la daïra  est capable de scolariser  la totalité  de ses enfants  en âge de fréquenter l’école primaire 

ID5 : Le Taux net de scolarisation (TNS) correspondant au  total des inscriptions du groupe d’âge ayant l’âge officiel  de fréquenter l’école (6 ans) par rapport à la population ayant l’âge correspondant.  Il fournit  une mesure plus précise  de l’étendue de la scolarisation primaire. Si l’on compare le TNS et le TBS la différence  entre les deux mesures l’incidence de l’inscription des élèves n’ayant pas l’âge officiel et de ceux qui l’ont dépassé

ID6 : L’Indice de parité de scolarisation (IPS) mesure de disparité entre les sexes C’est le ratio entre les taux de scolarisation féminins et masculins (F/M). Un IPS compris entre 0 et 1 signifie que la disparité est favorable aux garçons[14] Un IPS strictement supérieur à 1 signifie que la disparité est favorable aux filles. Un IPS égal à l’unité signifie qu’il y a parité entre les sexes. Il nous semble que cette information liée aux caractéristiques  de la population scolarisable est importante en ce sens qu’elle permet de disposer d’éléments d’appréciation en vue de proposer des plans d’action pour réduire les écarts.

ID7 : Le Taux de redoublements, par année d’études, permet d’apprécier le nombre d’élèves redoublants pour un niveau donné d’enseignement par rapport à la population scolarisée du niveau correspondant. 

ID8 : Le Taux d’encadrement,  en particulier au primaire, mesure le degré d’investissement, en considérant  le nombre de maîtres par rapport à l’effectif des élèves.

ID9 : Le Taux d’alphabétisation des sujets âgés de 15 à 20 ans. Ce taux revêt  une signification particulière dans la mesure où il traduit les résultats du processus  de généralisation de l’école de base. Ce taux  est estimé en pourcentage de personnes âgées de 15 à 20 ans sachant lire et écrire par la population du même groupe d’âge.

3.1.  Les structures d’accueil de la population scolaire

L’Ecole, cellule de base du système éducatif  est d’abord un établissement mis à la disposition  de la communauté éducative[15] par l’Etat. Selon l’article 9 de la loi  d’orientation, « les  collectivités locales participent, dans le cadre des compétences qui leur sont dévolues par la loi, à la prise en charge de la demande sociale d’éducation nationale, notamment par la réalisation et la maintenance des infrastructures scolaires » L’établissement scolaire abrite des divisions pédagogiques (DP) constituant des entités ou structures d’organisation constituées de groupes d’élèves ayant la particularité de poursuivre  un enseignement donné avec un enseignant donné, pendant une même période, au sein  d’un même espace : « la salle de classe » qui  représente une infrastructure physique.

Au niveau de l’enseignement primaire, d’une manière générale, il  est prévu une organisation pédagogique  qui établit une bijection  entre la division pédagogique et la salle de classe ; autrement dit,  chaque division pédagogique possède sa propre salle de classe. Ce qui conduit à dire  que dans un système organisé, le nombre de divisions  pédagogiques recensées doit être égal au nombre de salles de classes utilisées. Le ratio relatif au nombre d’élèves par salle de classe est égal  au nombre d’élèves  sur le nombre  de salles de classes. Ce ratio est estimé, à l’échelon national, à 40 élèves par classe. La taille de la DP (TDP), égale au nombre d’élèves sur le nombre de DP, est estimée à l’échelon national à 32.

Selon les données recueillies auprès de la DE et confirmées par l’enquête sur le terrain, le réseau d’établissements comprend 40 écoles primaires, 4 CEM et un lycée.

Tableau 06 : Les écoles primaires des trois communes

Commune  de Charouine

Ecoles primaires

Date de création

Salles de classes

Classes

utilisées

Nombre

de DP

Effectif

global

Nombre

de filles

%

01

Charouine  centre

1964

11

08

07

227

113

49.78

02

Taourirt

1977

04

04

06

107

62

57.94

03

Tinkram

1979

05

03

03

46

22

47.83

04

Tebbou

1977

07

06

06

154

83

53.90

05

Bekkou

2000

02

02

02

33

18

54.55

06

Takelzi

1979

04

03

03

44

27

61.36

07

Ouled Ouaalan

1990

07

06

06

192

91

47.40

08

Jdir El Charkia

1966

14

14

19

502

205

40.84

09

Jdir  Gharbi  markazia

1965

10

10

11

349

172

49.28

10

Jdir El Gharbi Taghamrine

2008

01

01

02

56

24

42.86

11

Jdir El Gharbi  Tadmayet

2008

05

03

03

86

37

43.02

12

Jdir El Gharbi El Madrassa 

05

05

05

05

213

113

53.05

Totaux

75

65

73

2009

967

48.13

Commune de Talmine

Ecoles primaires

Date de création

Salles de classes

utilisées

Nombre

de DP

Effectif

global

Nombre

de filles

%

01

Dakhiliat Talmine

1979

11

09

09

300

140

46.67

02

Talmine Laksar

1979

11

09

09

300

140

46.67

03

Guellou

1990

05

05

06

175

90

51.43

04

Yahia wedrisse

1990

03

03

06

114

50

43.86

05

Timaren

1990

03

03

05

77

37

48.05

06

El Saguia

1985

08

08

11

331

120

36.25

07

Neama

1993

03

03

04

90

30

33.33

08

Guttouf

1993

03

03

04

72

29

40.28

09

Tikialet

1995

03

03

05

80

41

51.25

10

Bahamou

1980

06

06

09

60

140

53.85

11

Sidi Mokhtar

1991

02

02

01

13

06

46.15

12

El ldjem

1992

02

01

01

08

03

37.50

13

Tamenfoust

1989

02

02

02

41

25

60.98

14

Taghouzi el charkia

1980

06

06

10

338

161

47.63

15

Taghhouzi gharbia

1980

05

05

06

205

100

48.78

16

Gnaouen

2002

03

02

02

49

26

53.06

17

Taarabine

1995

06

03

03

72

39

54.17

18

Zaitar

1995

01

01

01

10

06

60.00

Totaux

83

74

94

2535

1183

46.67

Commune de Ouled Aïssa

Ecoles primaires

Date de création

Salles de classes

utilisées

Nombre

de DP

Effectif

global

Nombre

de filles

%

01

Ahmed Lakhdar

1965

11

10

10

257

127

49.42

02

Hiha

1966

05

05

06

20

95

43.18

03

Bakou

1966

05

05

05

80

39

48.75

04

El Kort

1966

03

03

03

50

24

48.00

05

Semdjan

1978

03

03

04

61

28

45.90

06

Taounza

1966

03

02

02

18

09

50.00

07

Lahmar

1976

06

03

03

50

21

42.00

08

Guentour

1968

06

06

06

189

91

48.15

09

Tasfaout

1981

03

03

03

41

17

41.46

10

Wanoudi

2005

03

03

05

119

56

47.06

Totaux

37

33

37

828

380

45.89

Source : DE d’Adrar, enquête statistique 2009-2010

Figure 12 : Ecole Ahmed Lakhdar - Ouled Aïssa

Source : étude Charouine UNICEF/Crasc 2010

La daïra de Charouine compte 40 écoles primaires totalisant à la rentrée 2009-2010 :

  • 195 salles de classes (dont 172 utilisées) avec une capacité moyenne de 30,63%
  • 204 divisions pédagogiques accueillant 5372 élèves dont 2530 filles Les tailles moyennes des divisions pédagogiques sont de 28 pour Charouine, 26 pour Talmine et 23 pour Ouled Aïssa et la capacité moyenne  par salle de classe est de 31,65 à Charouine, 34,94 à Talmine et 25,32  à Ouled Aïssa

Tous les  établissements scolaires visités présentent certaines caractéristiques communes sur le plan architectural et des équipements à savoir :

-des constructions en dur contrairement à la grande majorité des habitations des ksours dont les matériaux de réalisation restent encore en « Toub » réfractaire à la force des manifestations atmosphériques rares mais dangereuses dans la région ;

-des équipements scolaires matériels et pédagogiques suffisants (tables, chaises, tableaux, outils didactiques du maître etc.).

Il est à noter que l’opération des tableaux blancs entreprise à travers les établissements scolaires du pays, n’a pas encore été généralisée dans le primaire dans cette région ; seuls quelques établissements des chefs-lieux des communes en sont pourvus à l’heure actuelle

3.2.  Les effectifs élèves

Les statistiques recueillies au niveau de la Direction de l’Education nous ont permis d’avoir les repères de début d’année scolaire en cours, que nous avons comparés avec les résultats de l’enquête sur le terrain effectuée en fin d’année scolaire

3.2.1. Les effectifs au préscolaire

A la rentrée 2009/2010, cinq cent neuf (509) enfants  étaient inscrits dans des classes préparatoires de 21 écoles primaires (sur les 40 existants).

Tableau 07 : enfants  préscolarisés dans les trois communes

Commune de Charouine

Etablissement

Garçons

%

Filles

%

Total

Charouine el markazia

19

52.78

17

47.22

36

Taourirt

08

50.00

08

50.00

16

Tinkram

09

56.25

07

43.75

16

Tebbou

11

44.00

14

56.00

25

Charouine el markazia

19

52.78

17

47.22

36

Ouled Ouaalan

13

44.83

16

55.17

29

Jdir El Gharbi markazia

10

40.00

15

60.00

25

Jdir El Gharbi Taghamrine

14

43.75

18

56.25

32

Jdir El Gharbi El Madrassa  El gharbia

13

52.00

12

48.00

25

Total  Charouine

116

48.33

124

51.67

240

 Commune de Talmine

Etablissement

Garçons

%

Filles

%

Total

Dakhiliat Talmine

13

52.00

12

48.00

25

Talmine Laksar

06

42.86

08

57.14

14

Yahia wedrisse

11

64.71

06

35.29

17

El Saguia

16

64.00

09

36.00

25

Taghouzi el charkia

18

72.00

07

28.00

25

Taghouzi el gharbia

11

44.00

14

56.00

25

Taarabine

11

64.71

06

35.29

17

Total  Talmine

86

58.11

62

41.89

148

Commune de Ouled Aïssa

Etablissements

Garçons

%

Filles

%

25

Ahmed Lakhdar

14

56.00

11

44.00

25

Hiha

16

76.19

09

42.86

21

Semdjan

14

56.00

07

28.00

25

Guentour

10

40.00

15

60.00

25

Wanoudi

14

56.00

11

44.00

25

Total  Ouled Aissa

68

56.20

53

43.80

121

Total  daïra

270

53.47

239

47.33

505

Source : DE, enquête statistique 2009/2010

Figure 13 : Classe enfantine  à l’école primaire de Guentour, Commune de Ouled Aïssa

Source : étude Charouine UNICEF/Crasc

Sachant que l’éducation préscolaire n’est pas encore obligatoire, les établissements scolaires ont fourni l’effort de préscolariser des enfants de 5 ans dont les filles font partie; certes en nombre plus réduit par rapport aux garçons notamment dans les zones éparses. Elles sont 62 sur 148  (41,89%) à Talmine et 53 sur 121 (43%) à Ouled Aïssa. Plus nombreuses à Charouine, elles représentent 52,45%. Ce taux s’explique par l’existence d’une zone relativement plus urbanisée  disposant de plus de moyens matériels et pédagogiques et d’une population plus ouverte à la préscolarisation des filles.

N’ayant pas pu avoir accès  aux données concernant la préscolarisation dans les kuttabs des mosquées des Ksours, ce portrait du préscolaire dans la daïra peut probablement paraître amputé d’une dimension non négligeable dans le sens où le Kuttab peut constituer un espace d’éducation préscolaire au niveau du Ksar. Cependant, en référence à la loi d’orientation sur l’éducation dans son article 40, l’éducation préparatoire ne peut être dispensée que dans des écoles préparatoires, des jardins d’enfants et des classes enfantines ouvertes au sein d’écoles primaires aussi n’avons-nous pas jugé nécessaire de recenser les kuttabs existants et d'identifier les enfants qui les fréquentent.

3.2.2. Effectifs au primaire

L’enseignement fondamental est obligatoire contrairement à l’éducation préscolaire. Cela signifie que tous les enfants de 6 à 16 ans  doivent être scolarisés :

  • Les enfants 6-12 ans au  primaire
  • Les enfants de 13-16 ans au moyen.

Les questions sont de savoir ce que révèle la situation au primaire dans la daïra et s’il y existe  une insuffisance infrastructurelle dans l’enseignement obligatoire en particulier, selon les données de la DE et l’enquête Charouine.

Tableau 08 : Effectifs au primaire à Charouine

Ecole

Genre

1ère année

2ème année

3ème année

4ème année

5ème année

Totaux

M/ F

Total

général

Charouine

M

19

18

19

17

24

97

189

F

15

20

14

19

24

92

Taourirt

M

05

05

08

09

10

37

91

F

15

11

13

09

06

54

Tinkram

M

00

08

00

06

00

14

29

F

00

07

00

08

00

15

Tebbou

M

15

14

12

07

14

62

128

F

12

19

13

14

08

66

Bekkou

M

00

09

00

00

06

15

33

F

00

06

00

00

12

18

Takelzi

M

00

08

00

03

06

17

44

F

00

08

00

11

08

27

Ouled Ouaalan

M

16

17

16

18

21

88

163

F

16

14

15

16

14

75

Jdir El Charkia

M

63

49

46

64

49

271

473

F

44

32

46

39

41

202

Jdir  El Gharbi markazia

M

29

33

35

39

32

168

324

F

21

32

37

33

33

156

Jdir El Gharbi Taghamrine

M

15

17

00

00

00

32

56

F

10

14

00

00

00

24

Jdir El Gharbi Tadmayet

M

08

17

00

00

24

49

96

F

12

11

00

00

24

47

Jdir El Gharbi El Madrassa 

M

15

23

23

18

09

97

197

F

19

22

21

17

21

100

Totaux

349

414

318

347

376

         1804

Source : étude Charouine UNICEF/Crasc

Les douze (12) établissements d’enseignement primaire, dans la commune de Charouine accueillent 1804 élèves dont 876 filles (48,55%)

Six établissements sur douze accueillent moins de 100 élèves. Si chacun abritait cinq divisions (de la 1ère à la 5ème AP) la moyenne des élèves  par classe faciliterait grandement l’enseignement et l’apprentissage. Pourtant, certains établissements comptent très peu d’effectifs :

  • Tinkam avec 29  élèves  au total pour deux divisions; une 2ème AP avec 15 élèves et une 4ème AP avec 14 élèves
  • Bekkou avec 33 élèves pour deux divisions : une 2ème AP avec 15 élèves et une 5èmeAP avec 18 élèves
  • Tekelzi avec 44 élèves pour trois divisions: une 2ème AP avec 16 élèves, une 4ème AP avec 14 élèves et une 5ème AP avec 14 également.

Il faut également noter que trois établissements n’ont pas de 1èreAP

Tableau 09 : Effectifs au primaire à Talmine

Ecole

Genre

1ère année

2ème année

3ème année

4ème année

5ème année

Totaux

Total général

Dakhiliat Talmine

M

25

40

29

19

32

145

275

F

31

30

34

20

15

130

Talmine Laksar

M

07

14

09

10

11

51

95

F

09

17

07

08

03

44

Guellou

M

15

18

16

12

08

69

151

F

17

21

16

16

12

82

Yahia wedrisse

M

18

13

13

10

06

60

104

F

06

08

09

11

10

44

Timaren

M

10

06

12

05

07

40

77

F

08

11

06

07

05

37

El Saguia

M

34

55

46

44

25

204

316

F

30

29

14

19

20

112

Neama

M

22

13

24

00

21

80

110

F

03

09

09

00

09

30

Guttouf

M

10

13

21

00

09

53

82

F

07

08

08

00

06

29

Tikialet

M

11

10

06

06

06

39

80

F

05

08

12

09

07

41

Bahamou

M

24

29

24

16

17

110

245

F

26

23

36

16

24

135

Sidi Mokhtar

M

07

00

00

00

00

07

13

F

06

00

00

00

00

06

El ldjem

M

00

00

00

00

05

05

08

F

00

00

00

00

03

03

Tamenfoust

M

00

09

00

07

00

16

41

F

00

13

00

12

00

25

Taghouzi el charkia

M

37

28

37

29

31

162

313

F

37

40

35

23

16

151

Taghl gharbia

M

23

23

07

14

27

94

 

F

28

18

09

20

11

76

170

Gnaouen

M

00

11

00

12

00

23

49

F

00

09

00

17

00

26

Taarabine

M

11

12

00

10

00

33

72

F

09

19

00

11

00

39

Zaïter

M

00

00

00

04

00

04

10

F

00

00

00

06

00

06

Totaux

461

547

419

393

346

2166

Source : étude Charouine UNICEF/Crasc 

Dans  la commune de Talmine, l’effectif global est de 2166 dont 1016 filles (49,90%) 

  • l’école Eldjem fonctionne avec une division de 5ème année de  8 élèves
  • l’école Zaïter fonctionne avec une division de 4ème année accueillant 10 élèves
  • l’école Sidi El Mokhtar fonctionne avec une classe de 1ère AP de  13 élèves

Il faut également noter que sur les 18 établissements de Talmine :

  • Quatre n’ont pas de 1ère AP : El Idjem, Tamenfoust, Gnaouen et Zaïter
  • Trois n’ont pas de 2ème AP : Sidi Mokhtar, El Idjem et Zaïter
  • Six établissements n’ont pas de 3ème AP : Sidi Mokhtar, El Idjem, Tamenfoust, Gnaouen, Taarabine et Zaïter
  • Cinq établissements n’ont pas de 5ème AP : Sidi Mokhtar, Tamenfoust, Gnaouen, Taarabine et Zaïter.

Tableau 10 : Effectifs  au primaire à Ouled Aïssa

Ecole

Genre

1ère année

2ème année

3ème année

4ème année

5ème année

Totaux

Total général

Ah Lakhdar

M

17

30

26

15

27

115

222

F

29

19

26

11

22

107

Hiha

M

27

18

19

20

20

104

188

F

16

14

16

19

19

84

Bakou

M

10

06

09

09

27

61

111

F

06

08

08

08

20

50

El Kort

M

00

09

00

12

07

28

49

F

00

06

00

10

05

21

Semdjan

M

00

05

09

10

11

35

56

F

00

11

05

05

00

21

Taounza

M

00

00

09

00

00

09

18

F

00

00

09

00

00

09

Lahmar

M

12

00

08

09

00

29

50

F

09

00

03

09

00

21

Guentour

M

10

27

17

14

00

68

150

F

14

15

21

16

16

82

Tasfaout

M

00

07

07

00

14

28

57

F

00

05

14

00

10

29

Wanoudi

M

11

11

08

13

05

48

107

F

14

13

22

10

00

59

Totaux

175

204

221

197

165

      962

Source : étude Charouine UNICEF/Crasc

Dans la commune de Ouled Aïssa, nous comptons 962 élèves scolarisés dont 483 filles ; soit un taux de participation de 49,29.

La 1ère AP est inexistante dans quatre établissements : El Kort, Semjan, Taounza et Tasfaout.

Un établissement fonctionne avec une seule section : une 3ème AP de 18 élèves

Au regard des tableaux 9,10 et 11, on peut  s’interroger sur le nombre de divisions pédagogiques par niveau

En résumé :

La daïra de Charouine compte globalement 4932 élèves  dont 2375 filles soit un taux de 48.15%

- 1804 à dans la commune de Charouine, avec 876 filles (48,55%)

- 2166 à Talmine avec 1016 filles (49,90%)

- 962 à Ouled Aïssa avec 483 filles (49,29)

  • Le taux de participation des filles au primaire est de 49,24%

Tableau 11 : divisions pédagogiques

Communes

1ère AP

2ème AP

3ème AP

4ème AP

5ème AP

Total

Charouine

18

15

11

13

14

65

Talmine

18

19

16

16

14

83

Ouled Aïssa

07

09

10

09

07

42

Totaux

43

43

37

38

35

196

La taille moyenne des divisions est de 28 pour Charouine, 26 pour Talmine  et 23 pour Ouled Aïssa. Les salles de classes utilisées pour le primaire dans chacune des communes sont respectivement de 57 pour Charouine, 62 pour Talmine et 38 pour Ouled Aïisa.

3.2.3. Effectifs au moyen

L’enquête systématique dans les 4 établissements de l’enseignement moyen a permis de déterminer le taux de participation global et celui de filles  en particulier

Tableau 12 : population scolarisée au moyen

               

Garçons

%

Filles

%

Total

Charouine 1 et 2

691

59.47

471

40.53

1162

Talmine

729

69.17

325

30.83

1054

Ouled Aïssa

454

60.13

301

39.87

755

Total Daïra

1874

63.08

1097

36.92

2971

Source : Etude Charouine UNICEF/Crasc

Comme nous le remarquons dans le tableau 14, le taux de participation  des filles au moyen est faible par rapport à celui des garçons. Sur 2971 élèves  scolarisés dans les quatre CEM de la daïra, nous comptons seulement 1097 filles soit un taux de 36, 92 %.

3.2.4. Effectifs au secondaire

Un seul lycée existe dans la daïra de Charouine. Situé dans son chef-lieu,  il accueille  628 élèves dont 442 garçons.et 186 filles avec un taux de  29,61%.

3.3. Admission en 1ère année primaire

Les admissions en première année scolaire nous renseignent sur la non-scolarisation des enfants de 06 ans, laquelle est confirmée par la non-ouverture de classes pédagogiques  dans certains établissements. Cette situation est justifiée par le problème des sous-effectifs ; aussi  confirme-t-on l’existence d’insuffisance de l’admission des enfants de cette catégorie d’âge et non un supplément quant à leur scolarisation comme nous le relèverons plus loin à partir des statistiques officiellement délivrées ; des classes entières de 1ère année scolaire ne figurent pas dans les organisations pédagogiques de certaines écoles primaires (Cf. tableaux 9, 10 et 11).

Parallèlement aux données fournies par la DE[16], notre enquête nous a permis de déterminer les taux d’admission.

3.3.1 Taux brut d’admission (TBA)

L’analyse globale  des données de l’ONS, concernant les nouveaux élèves  en 1ère AP fait ressortir  que le TBA  à l’échelle de la daïra dépasse 123% (tableau 15). Ce premier résultat indique que  les   capacités d’accueil existent  pour scolariser  l’ensemble des enfants âgés de 6 ans.

L’analyse inter-commune  fait ressortir globalement que le TBA se disperse entre 113,68 (Commune de Charouine) et 151,15 (Commune de Ouled Aïssa.  L’écart le plus élevé  atteint 37 points (151,15-113,68). Compte tenu de la taille de cet écart, nous pouvons  dire qu’il existe un certain déséquilibre entre les communes.-

Chez les filles  le TBA atteint plus de 173,9% alors que chez les garçons  il dépasse 117%.On peut admettre  qu’il n’existe pas de différence  significative  entre filles et garçons  en ce qui concerne  leur accueil pour la première fois. Il reste cependant à déterminer  la proportion des enfants plus jeunes  et/ou plus âgés que l’âge officiel.

Tableau 13 : TBA à Charouine

 

Population scolarisable

Population scolarisée

Taux brut d’admission %

Mas

Fém.

Total

Mas

Fém.

Total

Mas

Fém.

Total

Charouine

149

158

307

Données non –disponibles pour les scolarisés en 1 ère année primaire

Impossible à calculer sans la population scolarisée

Talmine

192

187

379

O.Aissa

86

88

174

T. Daïra

427

433

860

Source

Office national des statistiques

Charouine

151

125

276

185

164

349

122.5

131.2

126.4

Talmine

259

217

476

244

217

461

94.2

10

96.8

O.Aissa

82

80

162

87

88

175

106.1

110

108

T. Daïra

492

422

914

516

469

985

104.9

111.0

107.8

Source

Direction de l’Education d’Adrar

Charouine

149

158

307

185

164

349

12.4

103.8

89.9

Talmine

192

187

379

244

217

461

12.7

116

125.6

O.Aissa

86

88

174

87

88

175

10.1

100

93.1

T. Daïra

427

433

860

516

469

985

12.1

108.3

106.3

Source

Office national des statistiques

Direction de l’Education d’Adrar

 

 

 

                                 

Sources : RGPH, 2008, Données statistiques 527/018

Enquête Charouine UNICEF/Crasc

Pourquoi avons-nous pris en considération les scolarisables selon les données de l’ONS et les scolarisés selon les données de notre enquête, tout simplement parce que l’ONS ne dispose pas de données  concernant les scolarisés en 1ère année mais les scolarisés de 6 à 15 ans.  

Il faut certainement préciser que ce TBA (tableau 13) révèle l’existence d’une situation particulière dans la mesure où parmi la population scolarisée en première année nous trouvons tous les âges de 5 à 11 ans. Parmi les facteurs qui justifient cette situation, nous expliquent les responsables de l’inspection primaire de la circonscription 13, « nous avons les entrées tardives de certains enfants et surtout la composition des classes de première année qui regroupent parfois même les enfants de 05 ans.» Le graphe suivant confirme l’existence de différentes catégories d’âges en première année primaire (1ère AP)

Graphe 07 : Effectifs de 1 ère année primaire selon l’âge

Source : étude Charouine UNICEF / Crasc 2010

Une analyse détaillée des effectifs de 1ère AP montre que 19 élèves à Charouine, dépassant l’âge officiel d’entrée sont admis en 1ère année primaire. Si nous évacuons le principe du non redoublement des élèves en première année[17],  les 19 élèves âgés de 07 à 09 ans n’ont pas été admis les années précédentes pour raison de sous effectifs et/ou parce que les parents ne se sont pas présentés en temps normal, Les mêmes raisons  peuvent expliquer la situation des 10 élèves admis en première année à Talmine et dont l’âge va jusqu’à 11 ans.

C’est la commune de Ouled Aïssa qui semble le plus se conformer à la règlementation en matière d’admission scolaire obligatoire d’après le tableau précédent.

3.3.2. Taux Net d’admission (TNA)

Nous rappelons que le TNA  est égal au pourcentage du rapport du nombre d’enfants scolarisés à 6 ans  sur la population scolarisables du même âge. A l’observation, les données que nous avons recueillies auprès de l’ONS et de la DE divergent, selon leur source. Des incohérences sont relevée ici et là.

Tableau 14 : TNA à Charouine

 

Population scolarisable

Population scolarisée

Taux net d’admissionn %

Mas

Fém

Total

Mas

Fém

Total

Mas

Fém.

Total

Charouine

149

158

307

Données non –disponibles pour les 06 ans

Impossible à calculer sans la population scolarisée

Talmine

192

187

379

O.Aissa

86

88

174

T. Daïra

427

433

860

Source

Office national des statistiques

Charouine

151

125

276

177

160

337

117.2

128

122.1

Talmine

259

217

476

84

213

461

95.8

98.2

96.8

O.Aissa

82

80

162

87

88

175

106.1

110

108

T. Daïra

492

422

914

512

461

973

104.1

109.2

106.5

Source

Direction de l’Education d’Adrar

Charouine

149

158

307

177

160

337

118.8

101.3

109.8

Talmine

192

187

379

84

213

461

129.2

113.9

121.6

O.Aissa

86

88

174

87

88

175

101.2

100.0

100.6

T. Daïra

427

433

860

512

461

973

119.9

106.5

113.1

Source

Office national des statistiques

Direction de l’Education d’Adrar

 

 

 

Sources : RGPH, 2008, Données statistiques 527/018

Enquête statistique DE, 2009-2010

Peut-on trouver 939 enfants de 6 ans scolarisés alors qu’il n’en existe que 860 pour les responsables du recensement national  surtout lorsque l’on sait qu’un certain nombre d’enfants âgés de 6 ans ne sont pas scolarisés pour raison de sous-effectifs ou de sous enregistrement pour ne citer que ces deux cas.

Selon les déclarations des enquêtés au sein des ménages constituant notre échantillon, il existe des enfants de 6 ans non enregistrés à l’état civil. Ces déclarations sont confirmées par les trois présidents d’APC. Cet aspect du phénomène  entraîne inévitablement une sous-estimation de la population scolarisable.

Les moyens suffisants offerts à l’Education au niveau de la Daïra  permettent de couvrir toutes les demandes de scolarisation. Le taux brut de scolarisation excédentaire : 101,13% met en évidence l’incidence de la scolarisation d’enfants plus âgés que la normale ; Ils sont  143 enfants (74 garçons et 69 filles) âgés de 12 à 15 ans encore au primaire.  Dans cette situation, l’objectif serait de ramener ce taux à 100% en réduisant les entrées tardives par la mise en place d’un système de suivi de la scolarisation et surtout de respect du principe de l’obligation scolaire à 06ans

Ce taux est inférieur à 100%  pour les filles, ce qui signifie que l’encouragement de la scolarisation des filles doit être entrepris sérieusement par les autorités responsables.

Nous remarquons que le taux net d’admission (TNA) tout autant que le (TBA) est nettement faible et non concordant avec celui calculé sur les bases officielles qui donnent également un TNA supérieur à 100% (voir tableau 14).

Tableau 15 : Enfants inscrits en première année à Charouine

Etablissement

Inscrits en 1ère AP

Garçons

Filles

01

Charouine el markazia

18

18

02

Taourirt

06

15

03

Tinkram

00

00

04

Tebbou

15

12

05

Bekkou

00

00

06

Takelzi

00

00

07

Ouled Ouaalan

16

16

08

Jdir El Charkia

64

51

09

Jdir El Gharbi markazia

23

16

10

Jdir El Gharbi Taghamrine

15

13

11

Jdir El Gharbi Tadmayet

09

11

12

Jdir El Gharbi El Madrassa El Gharbia

12

17

Totaux

178

169

Total commune de Charouine : 347

Source : étude Charouine UNICEF / Crasc 2010

Tableau 16 : Enfants inscrits en 1ère année à Talmine

Etablissement

Inscrits en 1ère AP

Garçons

Filles

01

Dakhiliat Talmine

28

31

02

Talmine Laksar

07

04

03

Guellou

15

17

04

Yahia wedrisse

10

09

05

Timaren

10

08

06

El Saguia

49

28

07

Neama

09

06

08

Guttouf

09

12

09

Tikialet

15

06

10

Bahamou

30

32

11

Sidi Mokhtar

06

07

12

El ldjem

00

00

13

Tamenfoust

00

00

14

Taghouzi el charkia

40

38

15

Taghouzi el gharbia

23

27

16

Gnaouen

00

00

17

Taarabine

08

13

18

Zaitar

00

00

Totaux

259

238

Total  commune de Talmine : 497

Source : étude Charouine UNICEF / Crasc 2010


Tableau 17 : Enfants inscrits en 1ère année à Ouled Aïssa

Etablissement

Inscrits en 1ère année

Garçons

Filles

01

Ahmed Lakhdar

24

21

02

Hiha

24

19

03

Bakou

09

06

04

El Kort

00

00

05

Semdjan

00

00

06

Taounza

00

00

07

Lahmar

09

09

08

Guentour

10

14

09

Tasfaout

00

00

10

Wanoudi

11

14

Totaux

87

83

Total  commune de Ouled Aïssa 172

Source : étude Charouine UNICEF / Crasc 2010

Ce qu’il faut remarquer c’est que dans onze (11) écoles sur quarante (40) aucun enfant n’a été inscrit en première année. Nous avons relevé des discours des autorités locales l’impossibilité d’ouvrir une classe pour 5 ou 6 élèves de 6 ans. Ils restent chez eux (ou à la mosquée du Ksar) attendre une année ou deux, que l’effectif de 15 soit atteint pour rejoindre l’école. Si dans l’environnement immédiat un groupe de 15 peut être constitué avec des cinq ans et des six ans une division pédagogique est créée. Si ce n’est pas le cas, les six ans (peu nombreux pour susciter l’ouverture d’une première année) entreront à 7 ans et même 8ans.

Figure 14 : 3ème AP, Ecole Talmine La ksar

Source : Etude Charouine UNICEF/Crasc 2010

Le taux net de scolarisation diffère du début à la fin de l’année selon les données comparées de la DE et de l’enquête Charouine Un bref aperçu sur les effectifs de début d’année scolaire, fournis par la D.E d’Adrar et ceux recueillis durant l’enquête de terrain en fin d’année scolaire, montrent des écarts relativement en baisse, en général, alors que le nombre des scolarisés masculins reste toujours supérieur à celui des filles.

Tableau 18 : Ecarts différentiels des effectifs du primaire : début  et fin d’année 2009/2010

Communes

Ecart différentiel : effectifs –début / fin d’année

Global

Mas

fém

Charouine

-27

-09

-18

Talmine

+02

00

+02

Ouled Aïssa

-05

-10

+05

Totaux

-30

-19

-11

Source : Etude Charouine UNICEF / Crasc 2010

La comparaison des données concernant le primaire, fournies par la DE et les IEEF montre une différence de 30 élèves ne figurant pas dans les données statistiques des inspections. Sur la trentaine d’élèves dont 11 filles.

Les écarts négatifs s’expliquent, selon les responsables locaux, par les abandons en cours d’année scolaire, en particulier dans la commune de Charouine, ce qu’ils expliquent en grande partie par les mouvements migratoires internes à la Daïra où la population de l’agglomération urbaine préfère le travail de la terre, activité permanente et sûre à l’activité ponctuelle de la ville.

Les écarts positifs s’expliquent par les transferts de résidence avec le fait que la population locale connaît une certaine stabilité au niveau des ksours.

Nous voyons, en définitive que les écarts signifiant la déscolarisation, ne sont pas très nombreux ce qui permet d’en déduire la relative stabilité de la fréquentation scolaire dans le primaire, de même que les redoublements sont presque insignifiants selon les responsables du premier et second cycles de l’enseignement obligatoire.

A ce niveau, les chiffres reflètent une réalité de terrain qui est plus acceptable compte tenu des problèmes sociaux et de scolarité déjà signalés.

3.4. Scolarisation

Si la période de scolarisation obligatoire  s’étend de l’âge légal (6 ans) à 16 ans révolus,  la tendance est au calcul des 6-15 ans  représentant la durée des enseignements primaire et moyen ; autrement dit l’enseignement obligatoire.

Tableau 19 : Taux Brut  (TBS) de scolarisation dans la Daïra de Charouine

 

Population scolarisable

Population scolarisée

Taux brut de scolarisation %

Mas

Fém.

Total

Mas

Fém.

Total

Mas

Fém.

Total

Charouine

845

903

1748

Données non –disponibles pour les effectifs du primaire

Impossible à calculer sans la population scolarisée

Talmine

161

1052

2113

O.Aissa

507

509

1016

T. Daïra

2413

2464

4877

Source

Office national des statistiques

Charouine

Données non –disponibles pour la tranche d’âge des  06-11 ans

938

866

1804

Impossible à calculer sans la population scolarisable

Talmine

1165

1001

2166

O.Aissa

505

457

962

T. Daïra

2608

2324

4932

Source

Direction de l’Education d’Adrar

Charouine

845

903

1748

938

866

1804

111.0

95.9

103.2

Talmine

161

1052

2113

1165

1001

2166

109.8

95.2

102.5

O.Aissa

507

509

1016

505

457

962

99.6

89.8

94.7

T. Daïra

2413

2464

4877

2608

2324

4932

108.1

94.3

101.1

Source

Office national des statistiques

Direction de l’Education d’Adrar

 

 

 

Sources : RGPH, 2008, Données statistiques 527/018

Enquête Charouine UNICEF/Crasc

En effet les résultats de l’enquête, dans les établissements scolaires, révèlent que certains enfants ne sont pas admis à 6 ans et même à 7 ans pour cause de sous effectifs et qu’ils doivent attendre l’ouverture officiellement admise d’une classe pédagogique.

Le taux élevé de scolarisation (TBS) reflète le rapport des scolarisés, tous âges confondus jusqu’à 15 ans au primaire, et les scolarisables règlementaires dans le cadre d’une scolarité normale de 05 années passées  au primaire ; autrement dit les 6-11 ans. Pourquoi les 6-11 ans  tout simplement parce que c’est la tranche d’âge qui doit être normalement au primaire. Or, dans la réalité nous retrouvons ceux qui ont de 6 à 15 ans.

Graphe 08 : Enfants scolarisés de 12 à 15 ans  au primaire

Source : étude  Charouine - UNICEF/Crasc

Figure 15 : Ecole Noui Ahmed Talmine Ksar

Source : étude Charouine UNICEF/Crasc

3.4.1. Taux net de scolarisation

C’est le taux net de scolarisation qui permet de situer la réalité de la scolarisation pour la même tranche d’âge.  

Tableau 20 : Taux Net de scolarisation dans la Daïra de Charouine

 

Population scolarisable

Population scolarisée

Taux netde scolarisation %

Mas

Fém.

Total

Mas

Fém.

Total

Mas

Fém.

Total

Charouine

845

903

1748

Données non –disponibles pour la tranche d’âge des 06-11 ans

Impossible à calculer sans la population scolarisée

Talmine

161

1052

2113

O.Aissa

507

509

1016

T. Daïra

2413

2464

4877

Source

Office national des statistiques

Charouine

Données non –disponibles pour la tranche d’âge des 06-11 ans

182

162

344

Impossible à calculer sans la population scolarisable

Talmine

244

215

459

O.Aissa

176

87

263

T. Daïra

602

464

1066

Source

Direction de l’Education d’Adrar

Charouine

845

903

1748

182

162

344

21.5

17.9

19.7

Talmine

161

1052

2113

244

215

459

23.0

20.4

21.7

O.Aissa

507

509

1016

176

87

263

34.7

17.1

25.9

T. Daïra

2413

2464

4877

602

464

1066

24.9

18.8

21.9

Source

Office national des statistiques

Direction de l’Education d’Adrar

 

 

 

Sources : scolarisable ONS – scolarisée DE

Le taux net de scolarisation des enfants d’âge  officiel d’entrée (6ans)  par rapport à l’ensemble des enfants scolarisables  du même âge s’annonce inférieur à 100%.  En majorité, les enfants ayant l’âge officiel d’entrée ne sont pas scolarisés.  Ce problème est dû en grande partie au sous-enregistrement  des faits d’état civil et aux normes fixées par l’institution concernant l’ouverture d’une division pédagogique.

3.4.2. Taux de scolarisation selon l’enquête ménages

Nous considérons les résultats de notre enquête « ménages » notamment ceux qui prennent en compte les enfants  de la tranche d’âge des 6 à 15 ans, population « témoin » correspondant à la scolarité obligatoire. Rappelons que cette population est estimée  dans l’étude à 225, représentant  15.63% de la population totale d’enquête qui est de 1440. 

a. Taux brut de scolarisation selon l’enquête « ménages »

Tableau 21: TBS selon l’enquête « ménages »

 

P. Scolarisable 6-11 ans

P. Scolarisée au primaire

TBS %

M

F

T

M

F

T

M

F

T

Daïra de Charouine

98

125

223

97

128

225

98,98

102,40

100,90

L’enquête a mis en exergue l’âge tardif d’entrée des filles.  Parfois, selon les enquêtés, ne rentrent qu’à 7-8 ans. On les retrouve (pour celles qui ne sont pas retirées avant) jusqu’à 15 ans en 5ème AP.

Ces faibles taux corroborent les résultats figurant  précédemment. En effet, peu d’enfants de 6 ans sont  scolarisés par rapport  aux scolarisables.

Graphe 09 : Population  scolarisée au primaire selon l’âge et le sexe

 

Source : étude Charouine - UNICEF/Crasc

Nous  trouvons,  in situ, parmi les membres des familles enquêtées, une population  scolarisée majoritairement féminine : 56,9% contre 43,1% de garçons. L’explication est à trouver dans la présence d’écoles à proximité de familles non dispersées à l’intérieur de certains ksours. En effet, les parents ne trouvent pas d’inconvénient majeur à la fréquentation scolaire  de la fille, dès lors que l’établissement primaire est à proximité.

Les pourcentages ne sont plus les mêmes dès qu’il s’agit de la poursuite de la scolarisation avec le déplacement vers le chef-lieu de la commune.

Graphe 10 : Population scolarisée au moyen selon l’âge et le sexe

Source : étude Charouine - UNICEF/Crasc

La population féminine diminue par rapport à celle des garçons : 48,9% contre 51,1% parmi les scolarisés au Moyen.

Graphe 11 : Population scolarisée au secondaire selon l’enquête « ménages »

Source : étude – Charouine- UNICEF/Crasc

Au secondaire, elle ne représente que 40% cependant augmente au – delà du secondaire pour regrouper les universitaires mais aussi celles qui suivent des cours d’alphabétisation ou une formation  professionnelle dans la couture et le tapis notamment (les personnes interrogées font un amalgame pour tout ce qui touche à l’école : scolarisation, formation, alphabétisation..).

Graphe 12 : Population scolarisée au post-secondaire selon l’enquête « ménages »

Source : étude Charouine - UNICEF/Crasc

3.5. Indice de parité scolaire

L’indice de parité reflète, à ce niveau des scolarisés du primaire, une composante « genre » qui donne le privilège aux garçons. Cela laisse supposer que l’équilibre a encore du mal à s’installer  dans la mentalité de certains parents qui préfèrent garder la fille à la maison. Il faut tout de même signaler que le problème des distances à parcourir pour rejoindre l’école, est énorme, même à l’intérieur des ksours, ou pour rattraper la navette communale ce qui constitue un argument de taille pour les parents démotivés par rapport  à la scolarisation de leur enfant.

 Ils optent toutefois pour l’envoi du garçon à l’école selon la mentalité couramment admise, à savoir : « le garçon, contrairement à la fille, doit apprendre à se défendre, il en est capable». Il faut signaler, cependant, que le  problème de la scolarisation de la fille au primaire est posé souvent avec moins d’ardeur lorsque l’école se trouve à proximité du domicile familial.

Tableau 22 : Indice de parité au primaire

Commune

Filles (%)

Garçons (%)

Charouine

1,8

3,8

Talmine

0,1

1,9

Ouled Aïssa

0,8

5,5

Source : étude Charouine - UNICEF/Crasc -2010

Concernant l’enseignement  moyen, l’indice de parité,  pour les filles, est  prononcé à la  baisse par rapport aux garçons. En effet, si l’indice de parité au primaire est de 0,89, il s’enfonce dans le moyen pour se limiter à 0,59 ; c’est dire combien est importante la discrimination vécue par les filles de manière générale et dans la commune de Talmine, en particulier.

Tableau 23 : Indice de parité dans l’enseignement moyen

 

Population scolarisée au moyen

IPS

M

F

T

Charouine

691

471

1162

0.68

Talmine

729

325

1054

0.45

Ouled Aissa

454

301

755

0.66

Total Daira

1874

1097

2971

0.59

Source : étude Charouine - UNICEF/Crasc -2010

Il  faudrait d’énormes efforts à fournir par les autorités locales, pour résoudre les problèmes socio- économiques (transport, internat, bourses etc.) auxquels font face les enfants, en particulier, les filles, pour ramener l’indice de parité à 1.

L’indice faible de parité au lycée dénote d’une situation scolaire critique vécue avec plus d’acuité par les lycéennes.

Tableau  24 : Indice de parité dans l’enseignement secondaire

               

Pop .scolarisée au lycée

IPS

M

F

T

Charouine

442

186

628

 00.42

Talmine

00

00

00

00

Ouled Aissa

00

00

00

00

Total Daïra

00.42

Source : étude Charouine - UNICEF/Crasc

En effet lorsque les filles admises au secondaire, à l’exception de celles qui résident au chef-lieu de Daïra,  arrivent à convaincre les parents du déplacement jusqu’au lycée (situé au chef-lieu de Daïra), pour poursuivre leurs études, elles se heurtent à des problèmes des plus épineux : -celui de l’inexistence de transport public :- distance Talmine/ Charouine : 200 Kms ; Ouled Aïssa/ Charouine : 60 Kms. Elles se trouvent donc dans l’impossibilité  de se déplacer au quotidien, même si les transports étaient réguliers, hors c’est loin d’être le cas ; les quelques bus transports qu’ils interceptent au passage, sont occasionnels (de passage à des heures irrégulières) et reviennent excessivement chers pour les petites bourses du rural.

Le problème du transport est aggravé par l’inexistence d’internat au lycée qui aurait pu régler en partie celui de la fréquentation scolaire dans cet unique établissement secondaire existant au niveau d’une aussi vaste Daïra.

Les privilégiées, qui arrivent à suivre leur scolarité au lycée, comptent parmi les sédentaires du chef-lieu de Daïra ou celles qui réussissent à trouver des familles d’accueil parmi des parents ou autres.

Par ailleurs, selon les responsables du lycée, (proviseur, enseignants): « lorsque les filles arrivent au lycée, elles s’y accrochent, travaillent régulièrement et arrivent à dépasser les résultats des garçons ».

On se demande à quand l’ouverture de lycées dans les autres communes et avant cela un internat féminin ?

Graphe 13 : Effectifs élèves entre le début et la fin de l’année   au moyen

Source : étude Charouine UNICEF / Crasc 2010

Au niveau de l’enseignement moyen, les écarts d’effectifs entre les statistiques fournies par la Direction de l’Education (début d’année scolaire en cours) et celles données in situ par les responsables locaux de l’éducation en fin d’année dénotent de déperditions importantes :

Tableau 25 : Ecarts d’effectifs CEM(s) début- fin d’année

Commune

CEM

Effectif global

Filles

Garçons

Charouine

-Moufdi Zakaria

-Charouine  2

-46

-26

-20

Talmine

Talmine

-96

-45

-51

Ouled Aïssa

Abdelhafid Boussouf

-27

-55

+28

Totaux

4 CEM

-169

-126

-43

Source : enquête Charouine UNICEF/Crasc 2010

L’analyse comparative des deux tableaux précédents, exprime des écarts importants d’effectifs en général et concernant la catégorie filles en particulier ; une différence de 169 élèves dont 126 filles, en moins entre les données statistiques fournies par la DE et celles actualisées in situ, au moment de l’enquête « établissements», ce qui explique le nombre de déscolarisés en cours d’année dans l’intervalle du début d’année ((DE) et de la fin d’année (période d’enquête). Talmine enregistre le plus grand nombre : 96 dont 45 filles. Les facteurs de ces déperditions notamment des filles (79%), selon les responsables,  réfèrent, souvent au problème du transport (pour les rurales notamment), de l’absence d’internat par endroit et du degré de pauvreté (les parents n’arrivant plus à supporter le rythme quotidien ou hebdomadaire, des frais qui accompagnent la scolarité, malgré tous les avantages offerts par les instances responsables (restauration, transport collectif, internat par endroit, bourses..)

Il faut certainement noter que les filles des ksours sont trop impliquées dans les tâches ménagères et même de jardinage tout autant que les garçons, ce qui n’est pas un facteur d’encouragement à la scolarité régulière.

Par ailleurs, confirment les chefs d’établissement, ces déscolarisations seraient plus importantes par endroits si l’internat n’était présent pour limiter l’absentéisme et par conséquent les abandons en général. Chez les filles, en particulier, l’internat, lorsqu’il existe, représente un facteur de stabilité privilégié qui leur permet de se consacrer beaucoup plus aux études et d’arriver d’ailleurs à de meilleurs résultats, par rapport aux garçons, selon les responsables.

Il est regrettable que l’internat pour les filles ne soit pas généralisé à tous les établissements scolaires du moyen, déplorent les différentes parties prenantes. Ce problème sera pris en charge dans un avenir proche, selon les premiers responsables.

Ecart d’effectifs dans le secondaire

Tableau 26 : Ecarts début d’année/fin d’année- lycée de  Charouine[18]

Lycée Charouine

Effectif global

Filles

Garçons

Demi-pensionnaires

Internes

Statistiques début d’année 2009/2010

639

171

468

350

278

Statistiques fin  d’année in situ

628

186

442

350[19]

278[20]

Ecart

-11

+15

-26

/

/

Source : étude Charouine UNICEF / Crasc 2010

Les effectifs de l’unique établissement secondaire accusent eux aussi des déficits au cours de l’année 2009/ 2010 : 26 abandons parmi les garçons. Il est à signaler que l’internat ne fonctionne que pour le sexe masculin. La régularité scolaire  féminine se justifie par le fait que les filles s’accrochent bien aux études secondaires dès qu’elles règlent le problème de l’éloignement[21] le problème n’est pas posé pour les sédentaires de la commune de Charouine.  L’excédent féminin observé se justifie par des  inscriptions nouvelles en cours d’année.

Le fonctionnement du lycée commence, en réalité, à connaître une relative stabilité au plan pédagogique même si les résultats obtenus restent en deçà des attentes en raison d’un encadrement caractérisé par sa jeune expérience professionnelle et surtout, le plus souvent sa non maîtrise des systèmes conceptuels disciplinaires dont il a la charge et pour lesquels, souvent, il n’est pas qualifié. Selon le proviseur du lycée,  la plupart des enseignants de l’établissement manque d’expérience, de formation et donc de qualification ; il prend pour exemple les disciplines scientifiques et en particulier les mathématiques, sa spécialité par excellence, dont il déplore à l’extrême son enseignement même par des licenciés dans cette matière et l’exemple est loin d’être unique, selon lui.

L’indice faible de parité au lycée dénote d’une situation scolaire critique vécue avec plus d’acuité par les lycéennes.

En effet lorsque les filles admises au secondaire, à l’exception de celles qui résident au chef-lieu de Daïra,  arrivent à convaincre les parents du déplacement jusqu’au lycée (situé au chef-lieu de Daïra), pour poursuivre leurs études, elles se heurtent à des problèmes des plus épineux :   -celui de l’inexistence de transport public :- distance Talmine/ Charouine : 200 Kms ; Ouled Aïssa/ Charouine : 60 Kms.-Elles se trouvent donc dans l’impossibilité  de se déplacer au quotidien, même si les transports étaient réguliers, hors c’est loin d’être le cas ; les quelques bus transports qu’ils interceptent au passage, sont occasionnels (de passage à des heures irrégulières) et reviennent excessivement chers pour les petites bourses du rural.

Le problème du transport est aggravé par l’inexistence d’internat au lycée qui aurait pu régler en partie celui de la fréquentation scolaire dans cet unique établissement secondaire existant au niveau d’une aussi vaste Daïra.

Les privilégiées, qui arrivent à suivre leur scolarité au lycée, comptent parmi les sédentaires du chef-lieu de Daïra ou celles qui réussissent à trouver des familles d’accueil parmi des parents ou autres.

Par ailleurs, selon les responsables du lycée, (proviseur, enseignants): « lorsque les filles arrivent au lycée, elles s’y accrochent, travaillent régulièrement et arrivent à dépasser les résultats des garçons »

On se demande à quand l’ouverture de lycées dans les autres communes et avant cela un internat féminin ?

3.6. Les redoublements

L’idéal serait que les taux de redoublement par année, pour les trois paliers,  soient très proches sinon égaux à 0%.  Mais à l’évidence ce n’est pas le cas pour la daïra de Charouine tous paliers confondus, même si aux yeux des enseignants et inspecteurs du primaire, ils paraissent insignifiants.

Graphe 14 : Taux de redoublement au primaire

Source : DE

Ce qui est remarquable au niveau de ces premiers résultats c’est qu’au primaire et au moyen  les filles sont beaucoup moins sujettes au redoublement que ne le sont les garçons.

A la question de savoir si les collégiens et les lycéens ont déjà enregistré un redoublement, il ressort  qu'environ 21.16 % ont redoublé (doublé) durant leur parcours scolaire. Dans l'ensemble, le niveau qui enregistre le plus grand nombre de redoublements est la première année moyenne

Graphe 15 : Taux de redoublement au moyen

Source : Etude Charouine UNICEF/Crasc

21,16% de redoublants pour le Moyen, constitue un pourcentage important qui se justifie, tout autant, selon les responsables, par les problèmes socio-économiques et la place occupée par l’enfant et l’adolescent dans sa famille que par certaines carences pédagogiques dues à l’encadrement qui manque le plus souvent d’expérience, de formation et surtout de qualification pour l’enseignement de la discipline dont il a la charge ; le tout aggravé par des problèmes sociaux importants tels celui du logement et du transport (la plupart d’entre eux, jeunes licenciés,  viennent de wilayate du Nord, espérant vainement, pouvoir régler le problème de stabilité de l’emploi).

Graphe 16 : Taux de redoublement au secondaire

Source : étude Charouine - UNICEF/Crasc

Les redoublements en 1ère année secondaire s’expliquent par le changement institutionnel, les nouvelles exigences du secondaire et l’évaluation plus restrictive compte tenu de l’examen en fin de cycle : la sélection première se fait en général en première année et cela justifie en partie les abandons chez les élèves qui n’arrivent pas à supporter le rythme accéléré du travail exigé au début du secondaire

Les redoublements en fin de cycle sont dus à l’échec au Baccalauréat de l’année précédente. La tolérance au redoublement est très appréciée par le public car la limite d’âge n’est pas de règle dans l’établissement : un nombre appréciable d’élèves totalise 23ans en classe de terminale, ce qui constitue un avantage certain pour ces élèves par rapport à ceux des wilayate du Nord ou des Hauts Plateaux.

Les taux de redoublement au lycée restent moindre par rapport à ceux du Moyen car la plupart des élèves ayant déjà doublé, préfèrent abandonner pour le marché de l’emploi.

3.7. Les abandons

Le taux d’abandon est la proportion d’élèves inscrits à un niveau d’étude n à l’année t et qui quittent le système scolaire durant l’année scolaire t/ t+1 pour une raison quelconque.

Tableau 27 : Les abandons au moyen

               

 

Charouine1

Charouine 2

Talmine

Ouled Aissa

Total

1ère année

Mas

05

01

01

01

08             03

Fém

02

01

00

00

Total

07

02

01

01

11

2ème année

Mas

05

00

01

03

09                  08

Fém

07

01

00

00

Total

12

01

01

03

17

3ème année

Masc

09

00

00

01

10                 02

Fém

01

00

01

00

Total

10

00

01

01

12

4ème année

Mas

00

00

00

01

01                01

Fém

00

01

00

00

Total

00

01

00

01

02

Total Daira

Mas

19

01

02

06

28                14

Fém

10

03

01

00

Total

29

04

03

06

42

Source : D E

Le nombre d’élèves qui ne rejoint pas les bancs de la scolarité, en début d’année, est à la base des abandons auquel viennent s’ajouter les abandons en cours d’année (voir tableaux : pour le primaire ; tableau  pour le Moyen et  pour le Lycée).)

Là,  l’incohérence s’est confirmée pour toutes les bases de données officielles que nous avons empruntées à nos calculs d’admission. Si le taux brut d’admission en première année scolaire paraît plus ou moins acceptable car éventuellement justifié par une population scolarisée qui ne tient pas compte des limites officielles de l’admission première en l’occurrence : 6ans, mais accepte toutes les catégories d’âges, la catégorie des scolarisables donnée tout autant par l’Education Nationale que l’ONS, ne tient absolument pas la route. En effet est-il  permis de concevoir une population dont le nombre n’englobe pas toutes les catégories de population scolarisée réellement existantes, et qui se trouve supérieure en nombre à celle qui existe à l’origine de l’Etat civil ?

Peut-on trouver 939 enfants de 6ans scolarisés alors qu’il n’existe que 860 pour les responsables du recensement national  et 914 pour l’Education Nationale surtout lorsque l’on sait qu’un certain nombre d’enfants (source : enquête Ménages), âgés de 6ans,

Ne sont pas scolarisés pour raison de sous effectifs ou de sous enregistrement pour ne citer que ces deux cas.

Ce sont les résultats de l’enquête sur le terrain, qui nous renseignent sur la tendance à l’admission scolaire des enfants de 6ans  tout autant au niveau des établissements que des données issues de l’enquête ménages autrement dit  au niveau du lieu de résidence des enfants.

4. Encadrement

    Les jeunes enseignants, tous cycles confondus, contractuels en majorité, possèdent les titres académiques minimaux requis  pour enseigner. Ceux relativement plus anciens,  sont certifiés[22]  dans le sens où ils ont reçu une formation pédagogique  minimale  en phase de préparation initiale et/ou de perfectionnement continu.

4.1. Enseignants du primaire

De profils différents, on compte parmi eux des ingénieurs, des licenciés, des BAC + 2 ou 3 et quelques-uns sortants des ITE.  Ils sont dits enseignants d’arabe, de français  et/ou des enseignants « bilingues » enseignant les deux langues.

Tableau 28 : Taux d’encadrement au primaire

Commune

Effectif élèves

Effectif enseignants

Taux

Charouine

1804

63

28,63

Talmine 

2166

100

21,66

Ouled Aïssa

  962

46

20,91

Total daïra

4932

209

23,59

Source : DE

Le tableau 32 montre que chaque enseignant encadre  en moyenne de 23 à 24 élèves. L’enseignant d’arabe  est chargé d’enseigner toutes les disciplines au programme. En conséquence chacun d’eux est chargé d’une division pédagogique ; contrairement à l’enseignant de français qui intervient à partir de la 3ème AP dans trois DP

Tableau 29 : Charge moyenne par maître de langue arabe

Commune

Effectif élèves

Effectif enseignants

Taux

Charouine

1804

51

35

Talmine 

2166

100

22

Ouled Aïssa

  962

48

20

Total daïra

4932

199

20,04

Tableau 30 : Charge moyenne par maître de langue française

Commune

Effectif élèves

Effectif enseignants

Taux

Charouine

1041

12

87

Talmine 

1158

10

116

Ouled Aïssa

583

03

194

Total daïra

2782

25

111,28

 

La daïra de Charouine accuse  un déficit important en maîtres de langue française

Et lorsque nous nous intéressons de près à la situation de l’enseignement  dans la région, un aspect important s’impose a priori : c’est celui de la composante « genre » de l’encadrement pédagogique.

La composante « genre » au primaire à Charouine et même à travers toute la wilaya, présente  des caractéristiques différentes, en comparaison avec celle localisée dans les autres wilayas du Nord du pays. En effet, ce qu’on remarque ailleurs, c’est l’encadrement enseignant féminin qui est fortement majoritaire au primaire, un peu moins au Moyen : 23 femmes contre 113 enseignants hommes au Moyen et 8 femmes contre 35 hommes au secondaire.

A Charouine, nous trouvons une situation particulière dans la mesure où contrairement aux autres régions, la couverture enseignante féminine, au primaire, est fortement minoritaire par rapport à la composante masculine : 10% pour les établissements  situés dans des zones à caractère majoritairement éparse : Talmine et Ouled Aïssa. Dans ces zones, il s’avère difficile de trouver un encadrement féminin parmi les sédentaires des ksours (sous scolarisation des filles) et il n’est pas évident à des femmes disponibles de faire de si grands déplacements au quotidien.

Tableau 31 : Indice de parité «enseignants du primaire »

 

Enseignants  du primaire

Taux

IPS

M

F

T

Charouine

63

12

75

19.05

0.19

Talmine

100

10

110

10.00

0.10

Ouled Aissa

46

05

51

10.87

0.11

Total Daïra

209

27

236

12.92

0.13

Total wilaya

1665

472

2137

28.35

0.28

 

Aussi, cette tâche ardue n’est-elle  réservée surtout aux hommes. Pour toute la Daïra seules 27 femmes exercent contre 209 enseignants dans le primaire et la majorité d’entre elles : 12 pour 63 hommes est localisée dans la commune de Charouine. Même dans les autres localités : 10 femmes contre 110 hommes à Talmine et 5 femmes contre 46 hommes à Ouled Aïssa, se concentrent surtout dans les chefs-lieux des communes concernées compte tenu des problèmes du transport inexistant et surtout de sécurité ; de plus, les responsables arrivent souvent à régler le problème du logement pour les  hommes en les regroupant à plusieurs dans des logements d’astreinte non occupés, ce qui ne peut être le cas pour les femmes qui ont des difficultés à faire prévaloir cette solution au niveau de leur famille.

4.2. Enseignants du moyen

Nous en avons rencontré la plupart à Charouine, Talmine et Ouled Aïssa : des jeunes  débutants mais aussi des enseignants expérimentés. Très peu de femmes en général : trois (3)  seulement à Ouled Aïssa et six (6) à Talmine. 

Tableau 32 : Indice de parité «enseignants du moyen »

 

Enseignants  du moyen

Taux

IPS

M

F

T

Charouine

43

14

57

32.56

0.33

Talmine

41

06

47

14.63

0.15

Ouled Aissa

29

03

32

10.34

0.10

Total Daïra

113

23

136

20.35

0.20

Total wilaya

1220

551

1771

45.16

0.45

Source : D.E

4.3. Les enseignants du secondaire

Le lycée de Charouine compte 43 enseignants dont huit (8) de sexe féminin. La plupart sont contractuels et même s’ils semblent s’investir, leur manque de formation  académique et pédagogique  ne leur permet pas, selon le proviseur d’être efficaces. 

Tableau 33 : Indice de parité «enseignants du secondaire »

 

Enseignants  du secondaire

Taux

IPS

M

F

T

Charouine

35

08

43

22.86

0.23

Talmine

00

00

00

00

00

Ouled Aissa

00

00

00

00

00

Total Daïra

35

08

43

22.86

0.23

Total wilaya

666

240

906

36.03

0.36

Source : D.E

Comment s’explique cette prédominance des enseignants de sexe masculin ? Tout d’abord par les conditions de travail dans la région. Le déterminisme de l’enclavement  conjugué à la précarité du statut professionnel de contractuel  semble venir à bout des plus résistantes.

Les conditions d’exercice de la profession à Charouine

En sus des données statistiques recueillies auprès de la Direction de l’Education et des établissements scolaires des trois communes de la Daïra, les entretiens et focus groups tenus avec les responsables du secteur et les enseignants eux-mêmes nous ont permis d’avoir un aperçu significatif sur la situation de ces derniers notamment sur les problèmes auxquels ils se heurtent au quotidien. 

De tous les problèmes évoqués par les différentes parties prenantes, concernant la situation des enseignants, ceux qui ont été le plus réitérés, ont trait au problème de logement : alors qu’en général, ce problème est évacué pour l’ensemble de la population qui arrive à construire son habitation (en toub et au moyen de la Touiza), le logement pour enseignant est pratiquement inexistant ; à tel point, et en l’absence de tout autre moyen d’hébergement (absence d’hôtel), qu’on rassemble ou plutôt on « entasse » tous ceux qui en sont démunis, dans des locaux collectifs provisoires.

Du provisoire « durable » parce qu’aucune perspective plausible n’existe à l’heure actuelle pour régler ce problème dans l’urgence. Les enseignants interrogés, avouent sincèrement être de passage dans ces localités en attendant de trouver mieux ailleurs. Un bon nombre d’entre eux déclare aussi être intéressé par leur sédentarisation dans la région si on arrive à leur régler le problème du logement. Parallèlement au problème du logement, se pose celui de leur statut : ils sont en majorité contractuels ; comment pourrait-on les motiver en vue d’un meilleur rendement sinon par la stabilité de leur statut d’enseignants. Ils ne pourront jamais se donner entièrement à la tâche tant qu’ils sont susceptibles de se voir à l’arrêt simple sans aucune autre forme de négociation. N’étant pas un corps constitué, ils n’ont même pas le droit de s’organiser en syndicat et de plaider leur cause.

La formation

Un autre aspect de la profession est relatif à la formation : les enseignants se plaignent tous du manque de formation et de leur non maîtrise de la méthodologie nouvelle de la réforme. Certains disent comprendre l’approche nouvelle, mais aussitôt questionnés en profondeur ou observant leur pratique en classe, ils démontrent le contraire ; beaucoup attribuent les faiblesses méthodologiques au manque de formation ; certains nous ont dit que leurs responsables pédagogiques eux-mêmes  ne comprennent pas grand-chose à l’approche par compétences et qu’il y a lieu de commencer par la formation de leurs encadreurs. Deux enseignants du Moyen à Talmine, un en sport et l’autre en musique, ont posé le problème de l’absence de matériel  d’équipement en éducation physique et musicale.

Les perspectives

Peut-on, clairement, pour des enseignants très jeunes d’âge et d’expérience, envisager des perspectives concrètes de se stabiliser sur le plan statutaire, de fonder un foyer et de se consacrer à la tâche essentielle qui est d’enseigner, avec tous les problèmes auxquels ils font face dans l’immédiat ?

Certains ont clairement exprimé leur projet de trouver d’abord autre chose ailleurs et penser au reste après. Cette situation risque d’entraver l’application de la réforme. Des  mesures doivent être prises  en vue de stabiliser le personnel enseignant (tous paliers confondus) par :

  • la fin de la situation de contractualisation, sa titularisation et sa formation de manière appropriée ;
  • la rationalisation du recrutement du personnel selon la spécialisation demandée, le besoin du terrain tout en lui garantissant une formation continue de qualité ;
  • le règlement du problème du logement de fonction et du logement social pour enseignants à l’instar de leurs collègues dans les autres régions : en faire une  priorité à concrétiser ;
  • l’encouragement des transferts et des nominations sur les postes pour tous les cycles, de couples d’enseignants qu’il s’agit de motiver par la disponibilité du logement ;

Les discours d’enseignants

Interrogés sur les résultats scolaires de leurs élèves, certains enseignants enquêtés affirment que « les mauvais résultats ne sont pas toujours dus au fait que les enfants abandonnent l’école, mais souvent parce qu’ils prennent du retard dans leurs études quand ils sont requis pour des travaux domestiques et/ou de jardinage.  Les enfants des Ksours n’ont parfois pas de certificat de naissance, ce qui rend leur scolarisation difficile. »

D’autres racontent que leurs élèves arrivent souvent fatigués à l’école, qu’ils sont renfermés ou particulièrement agressifs. « Il est courant que les enfants sont avant l’heure de manière inattendue sur le seuil de l’école sans qu’ils sachent ce qu’ils ont appris auparavant. Il est fréquent que des élèves quittent l’école et n’y reviennent plus sans qu’on le remarque forcément. Ces problèmes affectent aussi bien les filles que les garçons », affirment-ils

5. Alphabétisation

Le taux d’alphabétisation (versus analphabétisme)  des populations âgés de 15 ans et plus  revêt une signification pour nous  dans  la mesure où il  peut traduire les résultats  concrets du processus de généralisation  de l’enseignement obligatoire dans la daïra.

Selon l’ONS, 48, 04%  de la population de 15 ans et plus, de la daïra de Charouine, sont analphabètes. 

Tableau 34 : Taux  d’analphabétisme de la population âgée de 15 ans et plus, selon l’ONS 

Commune

Masculin %

Féminin %

Total %

Charouine

28,02

65,0

46,51

Talmine

43,07

84,7

63,88

Ouled Aïssa

19,00

54,5

36,75

Totaux

30,03

68,06

49,04

Source : ONS

Ce taux dépasse celui de la  wilaya d’Adrar qui est de 26,3% dont 15,9 pour la population de sexe masculin et 37% pour la population de sexe féminin.

Tableau 35 : Taux d’analphabétisme, selon l’enquête « ménages »

Commune

Masculin

Féminin

Taux %

Charouine

90

88,2

89,9

Talmine

81,5

81,5

81,5

Ouled Aïssa

89,5

82,0

84,8

Totaux

87

83,9

85,4

Source : étude Charouine - UNICEF/Crasc

De gros efforts  de scolarisation  ont été entrepris par l’Etat. Les progrès  relatifs à l’alphabétisation  sont certains. Néanmoins  l’analyse  inter commune fait ressortir  un  taux d’analphabétisme important. Et si l’on se réfère  à la comparaison  de ces taux entre femmes et hommes, les femmes sont moins alphabétisées.

La campagne d’alphabétisation a fait son entrée, ces toutes dernières années, à la faveur de la visite de la présidente de l’association  « IKRAA » dans la daïra.

C’est ainsi que plus de deux cents jeun es filles et femmes dans la commune de Charouine et de cinq cents dans la commune de Ouled Aïssa ont été alphabétisées.

Cette campagne n’a concerné jusque-là que la population féminine.

Selon le chef de daïra et les présidents d’APC, les résultats sont très probants.

Les jeunes filles, à Talmine, attendent l’ouverture de classes d’alphabétisation pour y participer, de même que des formations à l’activité artisanale pour pouvoir améliorer leurs revenus.


Notes

[1] Le mot « Gourara » provient de l’arabisation du mot berbère : Tigurarin, pluriel de « Tagrart » qui signifie « le campement », ce qui renvoie vraisemblablement  à un ancien mode de vie nomade.

[2] C’est un système de distribution de l’eau à travers une galerie souterraine selon un plan incliné qui draine le flux vers les jardins de l’oasis.  Voir Marouf N., (1980). Lecture de l’espace oasien. Paris, Sindbad.  Voir également Bisson J., (2003). Mythes et réalités d’un désert convoité : le Sahara. Paris, l’Harmattan.

[3]  Le vent est un agent érosif  des milieux arides. Dans les vastes étendues de la daïra, il peut atteindre des vitesses considérables lui permettant d’exercer des actions érosives sur le sol.

[4]  Les palissades constituent des obstacles linéaires réalisés en palmes sèches qu’on oppose aux vents dominants afin de réduire leur vitesse. Selon le but recherché les palissades réduisent la force du vent ou la dévient.

[5] Les facteurs abiotiques regroupent les facteurs édaphiques (structures des sols)  et climatiques (vents, température…)

[6]  Ce tableau est tiré  du RGPH 2008. Il demeure entendu que pour la région il s’agit d’un coin  pour se laver

[7]

Commune

Sans Instruction

 

Masculin%

Féminin%

Total%

Charouine

25.6

48.9

37.0

Talmine

41.6

64.8

52.9

Ouled Aissa

19.0

43.7

31.0

Total Daïra

28.73

52.47

40.30

Source : RGPH 2008, ONS, données statistiques N°527/01

 

[8] ATalmine, le niveau d‘instruction des habitants se répartit comme suit :

Sexe

Niveau d’instruction

S.instruction

alphabétisé

primaire

moyen

Secondaire

supérieur

Masculin

41.6

1.2

28.9

20.2

5.6

1.9

Féminin

64.8

0.1

26.4

6.6

0.8

0.1

Source : RGPH 2008, ONS, données statistiques N°527/01

 

[9] Niveau d’instruction dans la wilaya d’Adrar :

Sexe

Niveau d’instruction

S.instruction

alphabétisé

primaire

moyen

Secondaire

supérieur

Masculin

19.2

0.3

26.0

28.0

18.4

7.4

Féminin

34.9

0.2

29.9

18.7

11.1

4.4

Source : RGPH 2008, ONS, données statistiques N°527/01

[10] On remarque les palissades de protection du terroir agricole contre les vents, source d’envahissement des jardins par les sables « afregs ». Il s’agit de lutter contre l’ensablement en créant une dune artificielle, la dune-afreg au moyen de palmes sèches nécessitant un entretien et un remplacement à chaque fois que cette forme de clôture ouverte au vent se détériore.

[11] Connues localement sous le nom de Guemoun. Celui-ci représente une unité de référence dans le monde oasien.

[12] Etymologiquement, "Beurda" signifie froide. C’est en fait une fosse humide où les cultures y sont pratiquées, les palmiers ont les pieds dans l’eau.

[13] Proposant des activités d’éveil aux enfants de 5 ans

[14] Plus l’IPS est inférieur à 1 et loin de l’unité, plus les garçons sont favorisés.

[15] « La communauté éducative regroupe les  élèves et toutes les personnes qui participent directement ou indirectement à l’éducation et à la formation des élèves  à la vie scolaire et à la gestion des établissements scolaires. » Loi d’orientation, Article 19

[16] Enquête statistiques de la rentrée 2009/2010 et dont les données figurent dans les tableaux  9,10 et 11

[17] Tel que nous l’ont signifié les responsables d’établissement

[18] L’unique lycée de la daïra

[19] 186 filles et 164 garçons

[20] 00 filles, 278 garçons

[21] Possibilité de correspondants à proximité du lycée pour celles qui se déplacent de Talmine ou de Ouled Aïssa,

[22] La certification est définie  comme la possession d’un certificat d’aptitude pédagogique pour enseigner  à un niveau donné du système : CAP, CAPEM, CAPES.