Les Cahiers Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des cahiers

Les cahiers du Crasc, N° 22, 2012, p. 5-28 | Texte Intégral


 

 

I. Contexte, méthodologie et état des lieux bibliographique

1. Contexte

Cette étude s’inscrit dans le cadre du projet d’appui au renforcement des capacités locales pour le développement durable dans la Daïra de Charouine. Il fait partie d’un ensemble de projets constituant un large programme intégré mis en place en partenariat entre l’UNFPA, le PNUD et l’UNICEF et dont l’impact majeur réside dans l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) qui visent la réduction de la pauvreté, l’amélioration de la santé, la promotion de la paix, le respect des droits de l’homme, l’égalité des sexes et la durabilité environnementale. D'énormes pas ont été franchis, plus particulièrement en ce qui concerne le premier OMD et le plus important des objectifs du millénaire, celui relatif à l’élimination de la pauvreté, sans minimiser bien évidemment les progrès en matière de promotion d'égalité des sexes et de la généralisation de l'éducation.

En matière d’éducation, l’objectif fixé devrait être atteint avant 2015, avec cependant un léger décalage dans le temps pour les filles. En 2008, le taux national de scolarisation se situait à 89% dont 90% pour les garçons et 87,5% pour les filles. Au niveau d’Adrar, 87% de garçons et 84,6% de filles étaient scolarisés. L'alphabétisation des 15-24 ans a atteint elle aussi des niveaux appréciables. Le dernier recensement général de la population de 2008 a fournit un taux de l'ordre de 73,5% soit 83,8%  pour les hommes contre 62,7% pour les femmes.  Dans la wilaya d’Adrar, 84,1% des 15-24 ans étaient alphabétisés, soit 89,9% d’hommes pour 78,1% de femmes. 

Dans son rapport RNDH 2008, établi selon les normes exigées par le Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud), le Conseil national économique et social (Cnes) rend compte à la fois d’une importante dynamique sociale et d’une amélioration du niveau de développement humain des populations, en termes de santé, d’éducation, de longévité et d’accès aux ressources. L’indice du niveau d’instruction a connu une augmentation de 17% entre 1998 et 2008, avec un taux de scolarisation notable chez les filles. Le nombre de filles pour 100 garçons est passé de 87 à 90 dans l’enseignement primaire, de 89 filles à 97 filles dans l’enseignement moyen, de 121 à 141 dans l’enseignement secondaire et de 96 à 140 dans le supérieur.

La proportion de la population privée d’accès à l’eau potable a diminué de plus de 2/3 entre 1998 et 2008, passant de 17% à 5%. Cette tendance à l’amélioration des conditions sociales des Algériens, selon les experts du Cnes, se voit également dans l’augmentation du nombre de mariages qui est passé de 158.000 en 1998 à 332.000 en 2008. Dans ce contexte de relative prospérité, il est à noter une percée de l’élément féminin. En matière d’accès à l’emploi, les femmes ont investi tous les secteurs d’activités, accédant massivement à certaines professions. La population active du moment, au sens BIT, est estimée à 10 544 000 personnes en Octobre 2009. Le taux d’activité économique de la population âgée de 15 ans et plus est de 41,4% (68.7 % pour  les hommes et 13.9 % pour les femmes)[1].

Le salariat concerne près de deux tiers de la population occupée totale. 33,1%  des occupés sont des salariés permanents, 32,5% des salariés non permanents et des apprentis. 29,2% de la main d’œuvre totale est constituée d’employeurs et d’indépendants, alors que les aides familiaux représentent 5,0% du total de la population occupée[2]. La structure de l’emploi selon le secteur d'activité montre la prépondérance du secteur tertiaire qui emploie plus de  la moitié de la main d’œuvre totale (56,1%), suivi par le bâtiment et travaux publics (18,1%), l’agriculture (13,1 %) et enfin l'industrie (12,6%). Face au chômage, de fortes inégalités subsistent selon le sexe ; on observe un taux de chômage de 8.6% chez les hommes et 18.1 % chez les femmes[3].

L’accroissement du taux d’activité féminine, bien que plus rapide que celui des hommes, reste bas. Mais ce taux est cependant considéré comme étant en deçà de la réalité car de nombreuses femmes exercent dans les activités informelles.

L’OMD 3 semble peiner à être réalisé. Certaines pratiques socioculturelles témoignent de la persistance d’inégalités avérées dans les rapports de genre. En revanche, les progrès enregistrés en matière de scolarisation ont permis aux femmes de s’émanciper, de mettre à mal les préjugés et de surmonter les obstacles qui les empêchaient de s'affirmer. Les statistiques recueillies indiquent que pour le secteur éducatif, tout au moins, l’égalité est pratiquement acquise, même si dans certaines régions enclavées la parité est toujours en faveur des garçons. 

En ce qui concerne la contribution des femmes dans l'activité économique, les statistiques indiquent que l'Algérie n'a pas réalisé vraiment de résultats performants. La place des femmes dans la population active est relativement réduite. Selon le dernier recensement de la population le taux d’activité féminine à l’échelle nationale s'élève à 16,8% (83,2% pour les hommes). Quant au taux brut d'activité féminine, on constate qu'il demeure lui aussi assez faible et a enregistré une stagnation pendant la décennie 1998-2008, passant de 15,1% à 15,0%. En revanche si on se réfère aux enquêtes de l'Office National des Statistiques portant sur l'emploi, on se rend compte que l'emploi féminin s'est accru à un rythme plus accéléré que celui des hommes. Par ailleurs, l’ONS classait la Wilaya d’Adrar au 37ème rang en 2008 en ce qui concerne le taux d’activité féminine des quinze ans et plus : 9,9%.

La politique économique suivie semble avoir relativement favorisé l’activité féminine. Toutefois on remarque selon la même source que la part de l'emploi féminin dans l'emploi total demeure faible. Entre 2001 et 2008 la proportion correspondante est passée de 14,2% à 15,6%. Quant au taux de chômage on remarque que celui des femmes est resté très élevé (de 18,3%, contre 12,9% pour les hommes en 2007). 

Il n’est point besoin de rappeler que les différentes constitutions qui se sont succédées ont constamment réaffirmé le principe de l'égalité entre les sexes. Dés lors il est indispensable d'intégrer dans l'analyse du développement humain l'évolution de la place des femmes dans la vie économique et sociale par suite au développement spectaculaire de leur instruction. Leur implication, leur participation effective dans la dynamique économique de la société constitue un indice révélateur de la qualité de leur intégration.

L’atteinte de l’OMD 4 en 2015 reste conditionnée par les particularités géographiques et spatiales de la wilaya d’Adrar et en particulier la daïra de Charouine dans le sens où l’accès aux soins spécialisés est rendu difficile par la distance, l’isolement et l’éparpillement des populations de ses trois communes. Le niveau de la mortalité infantile constitue un véritable baromètre de l'état sanitaire d’une région. Son évolution renseigne sur les efforts consentis dans le domaine de la santé maternelle et infantile et permet de ce fait d’apprécier le degré de réussite ou d’échec des politiques et programmes mis en oeuvre. Ainsi si l'on se réfère à la cible visée qui consiste à réduire de deux-tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité infanto-juvénile on peut se rendre compte de la nécessité de multiplier les efforts pour pouvoir atteindre cette cible.

Aussi le projet va contribuer à désenclaver la région, améliorer l’accès aux services de base et créer ainsi des opportunités économiques durables. S’appuyant sur les résultats du projet de développement communautaire conduit à Ouled Said, dans la daïra voisine de Timimoun, il aidera sans aucun doute les populations à mieux gérer leur propre développement.

Un de ses enjeux est d’impliquer les femmes et les jeunes dans la participation active au processus de développement de cette région enclavée dont 50% du territoire sont occupés par l’erg. Espace des marges (Souiah, 2005) du Sahara algérien, Charouine se situe à l’intérieur d’un  immense ensemble dunaire, constituant une barrière naturelle relativement infranchissable entre les populations, qu’elles soient nomades ou sédentaires de la région du Gourara, espace géographiquement excentré. L’un des plus gros problèmes posés au niveau de la daïra est celui de l’ensablement de la région qui constitue une menace constante, contre laquelle les femmes et les jeunes, luttent de manière permanente.

2. Méthodologie

S’agissant d’un sujet qui s’intéresse à la femme dans la Daïra de Charouine et à son environnement social, l’étude à réaliser se propose d’enrichir les connaissances sur la situation statutaire et sociale de la population féminine dans cette région d’Adrar et plus précisément sur  les perceptions, valeurs et comportements, des uns et des autres,  vis-à-vis de la femme.

2.1. Objectifs visés et activités à réaliser

  • Objectif global du projet

Au plan macroscopique, le projet vise la promotion du rôle de la femme dans la société et plus largement au développement social, à Charouine.

  • Objectif spécifique du projet

Réaliser une étude axée sur l’analyse socio-anthropologique de la situation de la femme dans la Daïra de Charouine dans le contexte socio-économique et culturel de cette région du sud de l’Algérie.

  • Activités
  1. a) Collecte et analyse des données qualitatives sur la perception, les valeurs et les comportements des populations de la Daïra de Charouine vis-à-vis de la femme.
  2. b) Réalisation d’un état des lieux bibliographique sur la situation de la femme dans le sud algérien, en particulier dans la région d’Adrar; élaboration d’une synthèse sur la question (recherches scientifiques, études, rapports etc.)
  3. c) Approche du changement social en matière de statut de la femme à travers une approche générationnelle.
  4. d) Analyse des conditions de santé des femmes et des enfants, notamment sur le planning familial, l’utilisation de la contraception, l’allaitement maternel, l’accès aux services de santé.
  5. e) Etude des rapports homme/femme au sein du couple et de la famille élargie (prise de décision, contrôle des ressources, gestion du budget, etc.)
  6. f) Identification des formes de violence à l’égard des femmes et analyse de la gestion des conflits familiaux en particulier, ceux liés au genre.
  7. g) Analyse du degré d’autonomie économique et d’implication de la femme.

2.2. Résultats attendus de l’étude

Les rapports sociaux qui organisent les relations familiales et de couple sont identifiés ;

Le rôle de la femme dans les dimensions économique, sociale et politique, est défini ;

L’image que se fait la femme d’elle-même est perçue et son statut au sein du couple, de la famille et dans la société,  est défini ;

Les aspects et les facteurs d’inégalité de genre dans la région sont identifiés ;

Les éléments qui freinent l’évolution du rôle de la femme dans la famille et la société et de façon globale son émancipation et son autonomie, sont déterminés ;

Un rapport synthétique sur le sujet étudié, est élaboré ; il fournira des données permettant le recueil d’éléments explicatifs des rapports sociaux et proposera des pistes de recherche et d’actions devant être engagées pour la promotion du statut de la femme dans cette région.

2.3. Démarche et outils méthodologiques

La réalisation des objectifs de l’étude nous a conduits à un certain nombre d’activités nécessitant de partir de la réalité situationnelle de la femme et de la famille à Charouine située dans une région qui présente des spécificités propres, recensées à différents niveaux.

Sources de données utilisées

a. l’Office National des Statistiques[4]

Ces données concernent en particulier la Daïra de Charouine. Elles sont inhérentes à la population, l’habitat et la scolarisation.

  • La population de la Daïra selon la commune, le sexe ;
  • La répartition de la population totale des différentes communes selon le sexe et l’âge ;
  • La répartition de la population âgée de 06 à 16 ans des différentes communes selon le sexe et l’âge ;
  • La répartition des ménages selon la commune, la dispersion et la taille de ménage ;
  • La répartition des logements selon le nombre de pièces ;
  • Les équipements des ménages selon la commune ;
  • Les commodités des logements selon la commune ;
  • La population scolarisée.

b. la Direction de l’éducation de la wilaya d’Adrar 

Ces données sont relatives aux : 

- Statistiques concernant les effectifs/élèves ;

- Statistiques concernant les effectifs/enseignants ; 

c. Les services de la Daïra:

Concernant les informations à recueillir sur les plans de l’éducation, de la santé, de la formation, et de l’alphabétisation, particulièrement, au niveau des femmes.

- Les études réalisées et plus particulièrement sur le Sud algérien

- Les résultats du terrain

2.4. Description des méthodes de collecte et d’analyse des données

La réalisation de l’étude a nécessité des actions consacrant une double approche quantitative et qualitative, selon trois étapes nécessaires :

a. Première étape : Conception et élaboration des outils de l’enquête (un mois) et réalisation d’une pré-enquête

Cette action a conjugué trois activités :

les visites de terrain avec observations in situ et entretiens à caractère plutôt informel avec des personnes ressources 

la collecte de données sur la situation de la femme dans le sud algérien, en particulier dans la région d’Adrar par l’équipe des intervenants ;

l’élaboration des outils méthodologiques :

Un questionnaire d’enquête à renseigner auprès de 200 ménages prévus répartis entre les trois zones des trois communes. Il devait fournir les données sur la situation de la femme à différents niveaux de son vécu et définir ses statuts et  rôles au sein de sa famille et son environnement social;

une grille d’entretien venant en complémentarité au questionnaire « ménages » devait cibler les personnes ressources : autorités responsables, personnes représentatives de groupes sociaux de divers secteurs (administrations, santé, formation …)

une grille d’entretien pour les focus groupes

b. Seconde étape : Réalisation de l’enquête (deux mois)

Le recueil des informations sur le terrain a permis l’affinement et l’ajustement des outils méthodologiques, ce qui a pu conduire à l’enquête proprement dite.

L’échantillon de 200 ménages retenu au départ, a été réduit à 168 et ce, à cause de questionnaires (au nombre de 32)  inexploitables. Cet échantillon, qui a concrètement touché 1045 personnes dans les ménages, a été tiré aléatoirement.

2.5. Echantillonnage

La constitution d’un échantillon représentatif d’une population mère suppose l’existence d’une base de sondage fiable. Cette base existe certes au niveau de l’ONS et est constituée par les carnets de districts élaborés lors du recensement général de la population et de l’habitat ( RGPH 2008).

Tableau 1 : Population de la Daïra de Charouine

Communes

Masculin

Féminin

Total

Charouine

5 742

5 605

11 347

Talmine

6 565

6 203

12 768

Ouled Aïssa

3 596

3 438

7 034

Total

15 903

15 246

31 149

Source : RGPH 2008 Alger, Données statistiques, N°527/01


Tableau 2 : Ménages dans la Daïra de Charouine

Communes

Ménages

Taille moyenne

Charouine

1 926

5,9

Talmine

2 126

6,0

Ouled Aïssa

1 055

6,7

Total Daïra

5 107

6,2

Source : RGPH 2008 Alger, Données statistiques, N°527/01

Compte tenu de l’existence de cette base de sondage (liste nominative des ménages), on a pu tirer notre échantillon selon un tirage aléatoire simple[5], dont la taille de l’échantillon est de 200 ménages  représentant 1045 personnes répartis comme suit :

L’échantillon de 200 ménages a été réparti par commune comme suit :

80 ménages sur 1926 existants pour la commune de Charouine  avec une taille moyenne de 5,9 personnes par ménage pour une population totale de 11 347;

60 ménages sur 2126 existants dans la commune de Talmine avec une taille moyenne de 06 personnes par ménage pour une population totale de 12 768; 

60 ménages sur 1055 existants dans la commune de Ouled Aïssa avec une taille moyenne de 6,7 personnes par ménage pour une population totale de 7 034.

Au total, 200 ménages ont été enquêtés sur 5107 existants au niveau de la Daïra de Charouine, ce qui correspond à 4% environ de ménages enquêtés.

Figure 1 : Echantillonnage

 


Le questionnaire

La conception du questionnaire devait répondre aux différents objectifs assignés de cette étude. Avant l’enquête nous avons soumis le questionnaire à des experts qui n’ont pas participé à sa réalisation, afin d’apprécier la clarté et la pertinence des questions. De même, nous avons réalisé une pré-enquête, durant la deuxième quinzaine du mois d’octobre, afin de tester la compréhension des questions auprès les ménages de la Daïra de Charouine, d’apprécier le temps moyen d’une interview et le nombre moyen des ménages à interroger par jour. Ceci nous a permis d’apporter des modifications à certaines questions et d’aboutir au questionnaire final (annexe 01) qui comporte 09 rubriques et 125 variables dont 22 sont ouvertes.

La première rubrique, intitulée « informations générales » comporte le nom de la commune, le ksar, le numéro du ménage dans le ksar, le sexe du chef du ménage ainsi que l’identification des deux superviseurs et des quatre enquêtrices et enfin le numéro du questionnaire.

La deuxième rubrique est relative aux différentes caractéristiques de l’habitat et de l’équipement et se compose de 10 variables : type de construction de l'habitat, statut d’occupation du logement, mode d’éclairage, existence d’un réseau de distribution d’eau potable …

La troisième rubrique correspond aux aspects sociodémographiques et comporte 19 variables : lien de parenté, sexe,  niveau d’instruction, situation matrimoniale, situation individuelle…

La quatrième rubrique concerne l’accès aux services de santé et se compose de 23 variables : existence de centres de soins dans la commune, distance du centre de soin au domicile, accès aux soins, raisons de l’accès, fréquence…

La cinquième rubrique s’articule autour de questions inhérentes à l’activité de l’enquêté (homme et femme) et comporte 19 variables : travail ou non, revenus, activités au quotidien, gestion des dépenses de nourriture, d’habillement…

La sixième rubrique sert à mieux connaitre la gestion domestique de nos enquêtés et englobe 07 variables : prises de décisions pour menu quotidien, sorties, visites familiales, scolarité des enfants, répartition des revenus liés aux activités de production ou autre …

La septième rubrique porte sur les perceptions, valeurs et comportements vis-à vis de la femme, elle se compose de 11 variables : Est-ce que les femmes et les hommes sont égaux en droits selon les textes ? Est-ce que les femmes et les hommes sont égaux en droits dans la réalité ? Les femmes nécessitent-t-elles un contrôle ? Quelles sont les qualités et les défauts que vous attribuez aux femmes d’aujourd’hui et à celles de l’ancienne génération ?…

La huitième rubrique  intitulée « la femme entre hier et aujourd’hui », comporte 08 variables : la situation des femmes d’aujourd’hui est-elle meilleure que celle d’hier ? Pensez-vous que les femmes d’aujourd’hui ont plus de droits que les femmes d’hier ? Quelles sont les attentes des femmes d’aujourd’hui ?…

La neuvième rubrique porte sur l’analyse du climat familial chez la population de la Daïra de Charouine et comprend 22 questions : comment qualifiez-vous le climat dans votre famille ? Une femme se fait insulter devant vous que faites-vous ? Pensez-vous qu’il existe des situations où la femme mérite d’être battue ? Lorsque vous avez un problème personnel ou concernant votre vie de famille, vous arrive-t-il de vous confier ?…

Les Focus group

Que ce soit en pré-enquête ou en enquête, nous avons veillé à la similitude voire l’homogénéité  de leurs caractéristiques en lien avec le thème abordé ; leur sélection visant à panacher  les opinions  pour faire émerger tous les points de vue sur le sujet. Il ne s’agissait pas ici d’un échantillon représentatif de la population source.

  • Pré-enquête : des focus groups ont été organisés dans trois ateliers accueillant des jeunes filles et femmes en formation (annexe 02) :

- un atelier de couture de l’antenne du CFPA de Timimoun à Charouine (commune)

- un atelier de tissage dans la même antenne

- un atelier de l’association El Afaq à Ksar Boufedi, Commune de Tamentit

  • Enquête (annexe 3) : ont été regroupés les groupes homogènes suivants :

- Cinq célibataires des deux sexes âgés de 27 à 29 ans avec un niveau d’instruction et de formation élevé : quatre (04) licenciés dont un (01) magister et un (01) niveau de 1ère  année secondaire ;

- Cinq femmes célibataires, employées à l’administration de l’APC âgées de 21 à 23 ans avec un niveau du secondaire ;

- Quatre hommes mariés, employés permanents à l’administration de la Daïra âgés de 33 à 55 ans avec des niveaux d’instruction divers : un ingénieur d’Etat en génie civil, un technicien supérieur, un troisième de niveau secondaire et le quatrième de niveau primaire ;

- Cinq femmes mariées faisant partie du personnel du collège d’enseignement moyen, âgées de 26 à 39 ans avec un niveau d’instruction de licence pour trois d’entre elles et secondaire pour les deux autres.

- Quatre collégiens (4ème année moyenne), âgés de 15 à 17 ans

Cinq collégiennes (4ème année moyenne) âgées de 15 à 16 ans

Les entretiens individuels

  • Lors de la pré-enquête 14 entretiens (annexe 4) ont servi à lancer des ballons d’essai, autrement dit à recenser les questions les plus pertinentes ainsi que les thèmes les plus récurrents chez les enquêtés. Leur but était de reconstruire notre grille pour l’enquête.

Les entretiens étaient tous semi-directifs en ce sens qu’ils n’étaient ni entièrement ouverts, ni entièrement fermés. Nous disposions de questions guides, relativement ouvertes, sur lesquelles nous souhaitions que les interviewés répondent. En revanche nous n’avons pas toujours posé ces questions dans l’ordre dans lequel nous les avions. 

  • Les entretiens individuels (annexe 5), menés au cours de l’enquête, ont été réalisés en deux temps :

Au cours de ce premier moment, les entretiens ont été menés auprès de :

- deux (02) enseignants des deux sexes de l’enseignement  moyen ;

-deux (02) administratifs : le secrétaire général de la Daïra, marié, licencié, 45 ans et une adjointe de l’éducation 32 ans, veuve avec deux enfants ;

- deux agriculteurs : un homme, alphabétisé, 32 ans, 07 enfants et une femme, 38 ans analphabète ;

- une femme au foyer, 26 ans, de niveau primaire avec un enfant ;

- une étudiante en 1ère année de Doctorat ;

- un chômeur de 47 ans, marié.

En second temps, les entretiens ont touché individuellement :

- le chef de Daïra de Charouine ;

- huit (08) étudiants des deux sexes à l’Université Africaine : sept en Lettres arabes et un en Sociologie.

- six (06) femmes en visite à la Zaouia de Sidi Moussa à Tasfaout ;

- un médecin généraliste à la polyclinique de Charouine ;

- une assistante sociale à Adrar.

D’une manière non directive, nous avons fait émerger les différents points puis nous avons recentré en fin de séance. Nous avons, bien entendu, demandé l’accord des participants pour leur enregistrement et in fine la retranscription de leurs discours respectifs. Nous les avions rassurées quant au respect de l’anonymat ne conservant que leurs prénoms pour dissocier leurs interventions.

Chaque question a été abordée pendant une dizaine de minutes ; les séances ont duré de une heure et demi à deux heures. Une synthèse était réalisée en fin de séance pour vérifier l’accord des participants avec ce qui avait été retenu

Nous avons transcrit à partir des enregistrements sonores et écrits ce qui a été dit immédiatement après la séance. Les paroles de chaque intervenant, retranscrites mot à mot, ont été individualisées. Notre analyse a porté sur le verbal, le non verbal et l’émotionnel.  

Notre rapport comprend une synthèse descriptive, suivie d’une analyse interprétative des données. 

2.6. Limites de l’étude

Cette étude n'est pas exempte de limites. Celles dont nous avons conscience se situent principalement à deux niveaux. En premier lieu, il aurait été plus pertinent d'intégrer dans les facteurs explicatifs ceux relatifs aux raisons de la non-confirmation des jeunes filles et femmes diplômées de la région. Or, par manque de données fiables à ce sujet, nous étions dans l’impossibilité d’évaluer le taux réel de sous-emploi féminin (confirmation et/ou titularisation) information qu’il aurait été judicieux de détenir pour compléter notre analyse du phénomène d’inégalité devant l’emploi dans la Daïra. En deuxième lieu, il faut noter que l'approche qui consistait à évaluer les conditions de vie à travers les caractéristiques de logements et de commodités, présente une certaine limite car elle traduit très peu la réalité du niveau de ces conditions.

3. Etat des lieux bibliographique sur la situation de la femme dans le sud algérien

Malgré une littérature riche et diversifiée portant sur l’espace saharien, peu de travaux, à notre connaissance, se sont particulièrement intéressés à la situation de la femme saharaouie. Si les travaux de géographie, d’architecture, d’ethnologie, de sociolinguistique portant sur le Gourara sont nombreux, ceux consacrés exclusivement à la femme à Adrar ne sont pas visibles sur la scène scientifique. Certes l’espace oasien, l’architecture ksourienne, la structure sociale du peuplement, l’ahellil du gourara, ont fait l’objet de maints articles de revue et de presse et de quelques ouvrages, mais la situation de la femme a trouvé très peu de place dans les études et les rapports de recherche. Seules les deux enquêtes réalisées par le Crasc (2005[6] et 2006[7]) qui ont touché entre autres la wilaya d’Adrar, nous apportent un éclairage sur leur intégration socioéconomique ainsi que sur la violence dont elles sont victimes. 

L’espace oasien, note Yves Guillermou (1993) constitue un univers opaque et paradoxal, dont les habitants apparaissent tantôt étroitement repliés sur eux-mêmes et sur leurs pratiques «ancestrales», tantôt insérés dans des rapports complexes avec d’autres populations parfois très éloignées géographiquement et culturellement. L’intensité des relations à grande distance semblerait, selon lui,  proportionnelle à l’isolement physique. La question qu’il pose est de savoir  de quelle manière ces relations externes peuvent s’articuler sur les formes locales d’organisation technique et sociale, sans remettre en cause à terme la spécificité et l’autonomie de celles-ci ? « L’activité humaine dans cet espace, précise l’auteur, se heurte d’une manière générale au problème de la dispersion de la population - imposée par la faiblesse des ressources en eau - à travers un territoire immense et fort éloigné des grands pôles urbains et économiques ». Les rapports sociaux de production en milieu oasien se fondent sur le contrôle de l’eau. Celui-ci est régi dans toutes les oasis à foggaras par un même principe : la part d’eau de chaque producteur est proportionnelle à sa participation à la réalisation de l’ouvrage. Ce principe, en théorie très équitable, favorise cependant la concentration des ressources en eau aux mains de ceux qui disposent d’une force de travail « externe » (esclaves ou salariés).

Badreddine Yousfi (2009) affirme que Adrar est une ville où le milieu social est particulier[8] dominé par des réseaux de confréries dont l'influence était conséquente sur les pratiques religieuses, sociales et économiques, autrement dit sur les rapports sociaux. Les zaouïas dominent et encadrent ces relations d’échanges. 

L’architecture ksourienne est revisitée par de nombreux auteurs (A. Moussaoui, 2002 ; M. A. Djeradi, 2010 ; Kh. Aït-Hamouda, 2010). Selon Abderrahmane Moussaoui (2002), elle est le produit d'une culture de masse nourrie de la quotidienneté, de l'environnement et du génie local et non pas une production d'élite. Cet habitat exprime les contraintes environnementales et les valeurs locales. L’espace intérieur de la maison est découpé selon une conception du sacré et non pas seulement en fonction de besoins concrets et objectivables. En général, deux chambres, une cour intérieure (rahba), un petit magasin à provisions et un petit enclos pour les animaux (taghemmin). Ce petit enclos est d'une importance capitale, en tant que premier broyeur des déchets ménagers. Tout déchet domestique se transforme immédiatement en aliment de bétail dont les déjections sont recyclées en un engrais assez recherché. Ce fumier, mélangé aux cendres du foyer (kanûn), fait souvent l'objet d'une clause spéciale. Le propriétaire d'une maison, avant de la louer, exige du futur locataire, comme condition préalable, la récupération du fumier (laghbâr) aussi bien humain qu'animal.

L'autre explication de la présence du bétail dans les maisons est liée aux croyances qui font que les animaux peuvent constituer un rempart contre le néfaste. La croyance veut que les ovins et les caprins qui cohabitent dans le même espace que l’homme, à l’intérieur de la maison, soient des écrans contre le danger. Ceci est à lier avec le sacrifice qui consiste à tuer un mouton, ou autre, à faire couler le sang pour éviter une catastrophe que l'on sent comme imminente ou pour évacuer un mal déjà là.

Inscrivant sa recherche dans la « géographie du sacré », Moussaoui (2002)  montre que ce ne sont pas des considérations liées au milieu ou à d’autres contraintes « objectives » qui ont présidé à  la construction des ksour mais la détermination par le sacré de l’organisation de l’espace social. Il précise d’abord la définition qu’il donne du sacré, « une sorte de principe actif permettant au monde connu d’entrer en communication avec l’inconnu » (p. 17). Chaque ksar est ainsi identifié aux œuvres d’un ou plusieurs saints personnages dont les hiérarchies et complémentarités dessinent les « nœuds » d’un espace régional. 

Aussi sommes-nous invités à cesser de voir  l’architecture ksourienne comme une architecture de « spontanéité » sans règle ni modèle. Un autre regard s’impose par lequel "Tradition" ne rime pas forcément avec "Archaïsme". Ces ksours que nous voyons comme le produit d'une spontanéité se révèlent être, en fait, le produit d'une planification rigoureuse et autrement plus complexe que la planification actuelle, en ce sens où elle a pris en compte non seulement le fonctionnel mais encore et surtout ce que Bellil à la suite de Mammeri appelle « l’immatériel ». Prenant pour point de départ la forme de la maison dans l'architecture Ksourienne, montrant comment les explications unilatérales à partir du climat, des matériaux, de la technologie, du site, de l'économie ou de la religion sont impuissantes à expliquer les différentes formes que peut prendre la maison qui s’avère avant tout culturelle.

Le choix de l'espace habité permet de mieux souligner les signes et les symboles du vécu. C'est dans l'acte de bâtir que l'homme concrétise son besoin de territorialisation au sens le plus éthologique, affirme A Moussaoui. "Chaque société découpe l'espace à sa manière, mais une fois pour toutes ou toujours suivant les mêmes lignes, de façon à constituer un cadre fixe où elle enferme et retrouve ses souvenirs »

La structure du peuplement, nous rappelle Rachid Bellil (2002) est composée d’éléments qui s’emboîtent l’un dans l’autre : la famille et le lignage. La famille (taâwa en zénète) constitue la cellule de base plus ou moins élargie, avec une filiation patrilinéaire. Les familles sont regroupées dans le lignage (lqum) net­tement individualisé dans l’espace par son habitat qui peut être soit la forteresse isolée (agham) soit le quartier dans le cas des ksour importants. Le lignage relie les différentes familles à un ancêtre commun, même si la tendance actuellement est à l’oubli de cet ancêtre.

Selon  Bisson et Jarir (1986), le jeune gourari, dès l'instant où il est marié et chargé de famille, aura tendance à se construire une maison hors du ksar qui pourra comprendre une remise pour un véhicule, ou un local destiné à une future conversion dans le commerce, et habituellement un jardin, surtout si l'on est loin d'une ville et isolé. Cette rupture dans le mode d'habiter qui concrétise l'affaiblissement des liens familiaux est inséparable du désir de bénéficier d'un réel confort domestique. Selon ces auteurs, ce désir d'indépendance a des répercussions très sensibles dans le cadre clos du ksar qui voit sa société se désagréger. « La cohésion du ksar, ajoutent-ils, s'effondre devant l'émergence d'une stratification basée sur des rapports sociaux qui intègrent une richesse qui a d'autres bases qu'agricoles ». 

Pour Messahel et Trache (2009), la population de la région est « en marge de l’instruction ».  Le niveau d’instruction des habitants de la daïra reste assez bas et il est particulièrement faible chez les femmes. Ce niveau à Adrar, tout en étant en dessous de la moyenne des wilayas du Nord, reste cependant meilleur que celui de la région. « Quoiqu’obligatoire, ajoutent-ils, la scolarisation des enfants et en particulier celle des filles est, de ce fait, très secondaire. L’absence de structures scolaires dans le terroir accentue et favorise la déperdition scolaire. Cela est d’autant plus vraisemblable que nous ne rencontrons pas d’enfants ayant atteint le niveau universitaire. Les écoles primaires, quand elles existent dans les ksour importants, ont des enseignants extérieurs à cet espace. La mobilisation des enfants dans le travail agricole s’avère être une composante essentielle, ne laissant autre alternative aux parents. L’introduction de moyens modernes dans ce système agricole peut éventuellement soustraire cette force de travail et la libérer pour une éventuelle scolarisation normale ».

L’ahellil du gourara est au centre du plaidoyer de Rachid Bellil et de bien d’autres. La recherche sur ce patrimoine immatériel qu’il s’agit de sauvegarder date des années 1970.  L’ahellil ne se pratique actuellement, selon l’auteur, que dans les grandes occasions, les fêtes religieuses, les ziarates et les mariages. Selon Mammeri (1984), « un genre comme l’ahellil constitue un exemple encore vivant d’une façon de dire autre chose autrement »

L’ahellil a deux formes : debout et assis. L’ahellil debout est joué dans l’espace public à l’air libre et l’ahellil assis est pratiqué dans les espaces privés (maisons). La tendance actuelle fait que l'ahellil public n’est pratiqué que par les hommes et l’ahellil privé par les femmes accompagnées d’un instrumentiste. Il peut y avoir mixité mais uniquement dans l’ahellil joué dans les maisons. Certains comportements masculins, lors des spectacles publics, ont obligé ces femmes, perpétuant ce patrimoine immatériel, à se retirer et ne se produire que dans les espaces privés.

De l’exclusion des femmes, des associations en parlent. L’extrême faiblesse de leur  présence dans les espaces de décision depuis l’indépendance du pays peut être considérée comme structurelle, selon  F.Z. Saï (2007). Le statut des femmes dans la famille, la présence limitée dans l’espace socio-économique et les difficultés rencontrées dans la conciliation entre vie professionnelle et vie privée, semblent être à l’origine de cette exclusion. Malgré, l’affirmation des principes d’égalité et de non discrimination, les femmes sont très peu représentées dans les instances aussi bien élues que nommées. Le travail des femmes dans l’espace public, n’est pas considéré par la société et les autorités comme une activité « naturelle » faisant suite à l’investissement par les pouvoirs publics en matière d’éducation et de formation[9].

De la violence dont sont victimes les femmes, une enquête nationale a été menée par le Crasc[10]. La question posée était : « êtes-vous victime de violences physiques, verbales ou psychiques ? »[11]. Plus de la moitié des femmes enquêtées déclaraient avoir subi une forme de violence qu’elle soit verbale, psychique ou physique, soit 7 423 sur un total de 13 755, ou encore 53,96% de l’ensemble[12]. Les résultats démontrent que les formes verbales et psychologiques de la violence sont, selon les réponses données, les plus fréquentes, la violence physique qui est la plus apparente, vient en troisième position avec un taux relativement important. La violence sous toutes ses formes, traverse toutes les catégories d’âge[13]. Selon la situation actuelle des femmes, au travail, en formation, au chômage ou au foyer, ce sont les femmes au foyer qui sont les plus touchées par la violence physique[14]. Ces données préliminaires, permettent de situer l’importance du phénomène des violences envers les femmes. Une seconde enquête spécifique au thème de la prévalence des violences à l’encontre des femmes[15]menée en novembre 2006 permet d’appréhender de manière approfondie les formes et les conséquences de ces violences. Celle-ci s’est doublée de l’élaboration d’indicateurs de violence[16].

En matière de prise de décision dans l’espace domestique, une enquête a été réalisée, pour le compte du MDCFCF par  le Crasc en 2005[17] auprès de 13.755 femmes. Elles sont plus de 55% à déclarer prendre les décisions en commun, pour 38% c’est soit l’époux, soit la famille, et 7% des femmes interrogées disent décider toute seule. Ce sont les femmes occupées qui prennent davantage les décisions en commun ou qui sont consultées lors la prise de décision (64% et 11% à décider elles-mêmes). L’étude démontre également que plus les femmes gagnent en âge, plus la décision dans la famille leur revient (16-25 ans : 2,27%, 66 ans et + : 21,4%). Parmi les obstacles à la prise de décision, l’enquête révèle : l’absence de culture juridique et d’accès à la justice[18], l’analphabétisme[19] et le faible taux d’emploi féminin

En matière d’éducation, malgré les efforts déployés dans le domaine pour la formation, l’alphabétisation, l’éducation des adultes et la baisse du taux d’analphabétisme, certaines contraintes subsistent. Parmi les raisons identifiées, mentionnons : la déscolarisation des filles, particulièrement dans les zones rurales, due notamment au manque de moyens de transport, les réminiscences des us et coutumes traditionnelles, et l’absence d’adéquation entre la formation et le marché de l’emploi. L’enquête réalisée par le Crasc, pour le compte de l’UNICEF[20] a montré que le contexte local et les attitudes parentales influaient sur les taux de scolarisation. Une approche différenciée des obstacles à la scolarisation a mis en exergue le déterminisme du sous-enregistrement et des sous-effectifs sur la non-scolarisation au primaire, l’influence de l’éloignement des établissements par rapport aux domiciles parentaux sur la déscolarisation dans l’enseignement moyen et l’impact de l’inadaptation des périodes et horaires scolaires aux rythmes de la vie sociocommunautaire sur les abandons au secondaire.

L’analyse des éléments du contexte local a mis l’accent sur  le besoin de main-d’œuvre juvénile dans la maîtrise de l’ensablement qui constitue une lutte pour la survie et une implication nécessaire dans  les tâches agricoles.


Notes

[1] Activité, emploi et chômage - 4ème trimestre 2009 ONS N° 541

[2] Op Cité

[3] Op Cité

[4] ONS (2008). 5ème Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH). Alger, données statistiques, N°527/01

[5] Un échantillon est dit aléatoire s’il est choisi de manière à ce que chaque « individu » de la population ait une probabilité connue d’appartenir à l’échantillon.

[6] CRASC (2005) Benghabrit-Remaoun N., Dir. « Femmes et intégration socio-économique. » Enquête Nationale réalisée pour le compte du MDCFCF

[7] CRASC, (2006). Violences à l’égard des femmes, Enquête réalisée par le CRASC, pour le compte du MDCFCF avec le soutien de l’Unifem, 2006, B. Mimouni, N. Benghabrit-Remaoun, F.Z. Sebaa, R. Abdellilah, Y. Bazizi.

[8] Il s’agit d’une société stratifiée en classes sociales : les chorfas sont des nobles, descendants de la famille du prophète ; les mourabtines sont descendants d’un saint ; les ahrars (personnes libres) représentent des fractions de tribus arabes et zenétes ; enfin les haratines sont des descendants d’anciens esclaves.

[9] Saï Fatima-Zohra, Le statut politique et le statut familial des femmes en Algérie, Thèse de doctorat d’Etat, Université d'Oran 2007

[10] CRASC, 2006, idem

[11] L’échantillon national est composé de 4 950 ménages répartis sur 66 communes relevant de 16 wilayas (Nord, Est, Ouest et Sud dont la wilaya d’Adrar). 13744 femmes âgées de 16 ans et plus ont été interrogées.

[12] Les types de violences déclarées par les femmes se répartissent de la manière suivante :

 -   824 femmes se disent être victimes de violences physiques, soit 11,10% des enquêtées

 - 3 484 femmes se disent être victimes de violences verbales, soit 46,93%  et

 - 3 115 femmes se disent être victimes de violences psychiques, soit 41,96%.

[13] Selon le statut matrimonial, les femmes divorcées sont plutôt touchées par la violence physique, parmi les 428 divorcées ayant répondu à cette question, 22% déclarent en avoir été victimes. Les célibataires au nombre de 7.523 sont 26,7% à déclarer subir le plus de violences verbales.

[14] Soit 7,2 % du total des 6706 femmes au foyer qui ont répondu à la question ; viennent ensuite les demandeuses d’emploi 5,9% sur un total de 1.496, et en troisième position les femmes occupées avec un taux de 5,9% sur un total de 2.570. Les femmes occupées sont les plus touchées par la violence verbale (29,1%).

[15] Crasc, (2006). Violences à l’égard des femmes, Enquête réalisée par le CRASC, pour le compte du MDCFCF avec le soutien de  l’Unifem, 2006, B. Mimouni, N. Benghabrit-Remaoun, F.Z. Sebaa, R. Abdellilah, Y. Bazizi.

[16]  Quatre indicateurs ont été définis : Indicateur de violence verbal (IVV) ; Indicateur de violence physique (IVPH) ; Indicateur d‟atteinte, harcèlement, attouchement sexuel (IAS) ; Indicateur de violence sexuelle (IVS)

[17] Benghabrit-Remaoun N., (2005). Dir. Idem

[18] Malgré les nombreux textes de lois favorables aux femmes, celles-ci n’exercent pas pleinement leurs droits et ce, notamment à cause de l’absence d’une culture juridique.

[19] Malgré les efforts déployés en matière d’éducation et de formation, il faut noter la déscolarisation précoce des filles, particulièrement dans les zones rurales, due notamment au manque de moyens de transport, les réminiscences des us et coutumes traditionnelles, et l’absence d’adéquation entre la formation et le marché de l’emploi.

[20] Etude de la situation de l’Education, CRASC/UNICEF, 2010