Les Cahiers Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des cahiers

Les cahiers du Crasc, N°04, Turath n° 2, 2002, p. 63-113 | Texte Intégral


 

 


Ahmed-Amine DELLAÏ

 

 

َAvant-propos

Cette exposition détaillée de l’œuvre du grand poète de melhoun Abdelkader Khaldi (Mascara  / 1896 – Oran / 1964) sous la forme d’une recension critique n’a été rendu possible qu’au terme d’un minutieux et patient travail de collecte, effectué durant l’année 2000, qui nous a permis, dans le cadre d’un groupe de recherche sur «le patrimoine oral », de rassembler un ensemble de 72 textes poétiques qui constitue le matériau de cette modeste investigation.

 Nous nous sommes basés pour la préparation de la phase de collecte et de recension, sur les seuls travaux aujourd’hui disponibles réalisés sur cet auteur, à savoir, les deux documents suivants, produits à l’Université d’Oran, en 1992 :

-Abdelkader Khaldi, in Al-Turath, matériaux et études sur les cultures et les traditions populaires au Maghreb, n°1, année 1992, Le département des publications de l’Institut des Langues Etrangères et le Centre Culturel Français d’Oran, par Sebane Mounia et Mehadji Rahmouna, sous la responsabilité de Hadj Miliani.

-Abdelkader Khaldi, vie et oeuvre, par Mehadji Rahmouna, inédit,1992.

 En outre, au moment de commencer notre recherche, Mr Hadj Miliani, nous a remis un ensemble de textes et  documents divers rassemblés par Mehadji Rahmouna, et lui-même, dans le cadre de la finalisation des deux fascicules cités plus haut et des contacts avec l’un des deux fils de Khaldi, El Hadj Mokhtar aujourd’hui décédé. J’ai moi-même approché Hadj Mokhtar, peu avant sa mort, et pu avoir entre les mains un registre contenant quelques textes de Khaldi recopiés de la main du chanteur bien connu Ahmed Saber.

Quant à la  plupart des autres chants, ils furent recueillis, pour nous, par nos deux principaux informateurs : Benziane Blaha, comédien  et amateur de poésie melhoun, et cheikh Mohammed Mati, interprète de  style bédouin et ancien compagnon de Khaldi, et probablement l’un des meilleurs connaisseurs de son oeuvre, après cheikh Abdelkader Ould Laïd que nous avons sollicité, par ailleurs, mais sans succés.

Origine des pièces recensées 

  • Benziane Blaha : 

N°3, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 11, 13, 14, 15, 17, 19, 21, 22, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 36, 40, 4143, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 57, 58, 59, 60, 61, 63, 64, 66, 67, 69, 70, 71

  • Cheikh Mati :

N°1, 4, 14, 16, 27, 29, 32, 35, 39, 43, 46, 54, 68, 70.

  • Mehadji Rahmouna : 

N°18, 20, 23, 24, 37, 38, 48, 53, 55, 56, 60, 62, 66, 68.

  • Ahmed-Amine Dellaï : 

N°2, 6, 8, 12, 25, 34, 37, 38, 65, 68.

Le contenu des notices

Disons tout d’abord que les poèmes sont identifiables par leur premier vers et classés dans l’ordre alphabétique des lettres initiales de ce vers introductif. Puis vient la notice critique qui est formée de cinq rubriques successives dont nous allons préciser tout de suite le type d’information qu’elles recèlent.

1. Le sujet: il renseigne, principalement, sur la thématique, et donne, quand cela est possible, les circonstances et la destination de la pièce. Chaque fois qu’un chant fait l’objet d’un texte de  présentation écrit de la main de Khaldi pour la déclaration à la Sacem[1], nous avons préféré laisser parler l’auteur. En outre, toutes les fois qu’un texte cite des noms de personnes que Khaldi a connu ou  évoque un événement significatif dans sa vie nous les relevons pour leur intérêt biographique évident.

2. La période: nous avons délimité, grosso modo, quatre périodes successives dans la vie de Khaldi, la période mascarienne, la période marocaine, la période algéroise, et la période oranaise. De plus, chaque fois que pour un chant nous avons la date de sa déclaration ou de son enregistrement phonographique[2] nous la citons comme un point de repère chronologique mais absolument pas, bien sûr, comme la date de création de l’œuvre elle-même qui peut être bien antérieure, évidemment.

3. La forme: les chants se présentent sous deux formes différentes, les chants qui sont fait d’une seule pièce (isométrique) et les chants qui se composent de strophes alternées « hedda et frach » (strophique). Un chant commence toujours par une hedda et finit par une hedda.

Exemple de suites strophiques:

-hedda-frach-hedda ( le minimum)

-ou hedda-frach-hedda-frach-hedda

-ou hedda-frach-hedda-frach-hedda-frach-hedda

etc.

La « hedda » telle que la définit Azza Abdelkader[3]  « constitue un assaut, une marche en avant dans le développement du thème envisagé », alors que le « frach » « stabilise et nuance ce qui précède ».

Les rimes dans les « heddas » sont invariables( nous les avons représentées dans la formule métrique par les lettres w, x, y, z), mais ils changent, par contre, d’un « frach » à l’autre (ce sont les lettres a, b, c, d, etc). Quand cette règle n’est pas respectée par le poète nous le signalons. En résumé, nous donnons, dans cette rubrique,  le type de structure formelle, isométrique ou strophique, le nombre de strophes de la pièce et parfois, le nombre de vers par strophe.

4. Le mètre : nous avons représenté la structure métrique et rimique du vers par une formule constituée d’un chiffre qui représente la quantité syllabique des hémistiches, d’une lettre qui représente soit une rime fixe ( w,x,y,z) soit une rime variable ( a,b,c,d,e,f,etc.) et d’un exposant quand, pour une même base consonantique, nous avons des rimes à vocalisations différentes ou dans le cas d’une même consonne précédée de lettres faibles différentes (ا، و،ي).

- Exemple de découpage syllabique, soit le vers :

طَالْ الْمَرْغُوبْ وَالْمْرَامْ    آ صُـبْـرِي لِمْـتَى اتْـوَالِي

Son découpage nous donne :

طَا/لَـلْ /مَـرْ/غُوبْ /وَالْـمْ/رَامْ    آ/صُبْ/رِي/لـِمْ/تَى/اتْـوَا/لِي

 

Soit : 6 syllabes dans le premier hémistiches et 7 dans le second.

Les rimes, étant des rimes de « hedda », donc nécessairement fixes, seront représentées par les lettres x et y. La formule métrique de la « hedda » qui  débute par ce vers est donc : 6x-7y.

- Exemple de rimes à même consonne mais à voyelles différentes :

جِـيـتْ نَـلْـعَـبْ لَعْـبَـة     الْحُـبّ بِـيَّ الْـعَـبْ

 

Ce qui doit nous donner : 5x1-4x2

- Exemple de rimes à même consonne précédée de lettres faibles différentes :

أَنَا الْيُومْ بَالصَّحْ وَافِيتْ الزِّيــنْ    سُبْحَانْ مَا ايْصَوَّرْ عَظِيمْ الشَّـانْ

 

Ce qui nous donne donc : 9x1-9x2

La " richa"[4] :

Quand à la fin d’une strophe il y a un hémistiche surnuméraire, indépendant, appelé « richa », nous l’avons mis entre parenthèse. Nous avons procédé de la même manière quand cette « richa » devient un leitmotiv inséré au milieu des hémistiches ou à la fin du vers. Nous avons, à chaque fois, noté le type, l’emplacement et la fonction de chaque « richa ».

Notons que, dans ce genre de production poétique que nous étudions, et que l’on appelle « le melhoun » bédouin, on  ignore le refrain inter-strophique, appelé « khmassa » dans le « chaabi » et « harba » dans le « melhoun » marocain[5].

L’effet de répétition recherché, ou leitmotiv, est obtenu par cette « richa » (un hémistiche généralement très court, de un à trois mots)  invariable que le poète intercale entre les principaux hémistiches ou rejette à la fin du vers.

Exemple :

عَارِي اعْلِيكْ لاَ تَهْدِينِي نُوْتَى  آيْ بَخْتَة   ضُرِّي اعْلَى ايْدَكْ وَادْوَايَ بَدْوَاكْ

بَدْوَاكْ عَالْجِينِي مَنْ ذَا النُّكْتَة  آيْ بَخْتَة   مُحَـالْ مَا انْرِيدْ اخْلاَفَكْ نَهْـوَاكْ

Ou alors :

اَشْـتَـقْتْ غَايْتِي * بَلَّحْرَشْ وَاصْحَابْ قَانْتِي *وَاحْنَايَ فِي قَانَة

فِي يُومْ مَنْطْرَبْ نَـغَّـنْمُو سَاعَاتُه * رَبِّي اطْلِيبْنَا تَتْمَرْمَدْ حَيَاتُه

 

اَحْنَا اعْلَى اهْـنَا * وَالْكِيسَانْ ادُّورْ بِـيـنَّا * وَالْقَصْبَة هَوْنَانَة

تَـلْغَى اعْلَى امْحَايَنْ حَيِّينْ وُ مَاتُو * رَبِّي اطْلِيبْنَا تَتْمَرْمَدْ حَيَاتٌه

 

5. La longueur: nous donnons, à titre indicatif, ici, le nombre total de vers que compte le texte que nous avons entre les mains. Quand la version que nous possédons est incomplète nous le signalons.

Par chance, beaucoup de nos textes,  parmi les plus importants, sont écrits de la main même de Khaldi et constituent, par conséquent, des versions complètes et sûres.    


أ

1. أجي يا الاحمر * قصّـر امعايا اسهر

                         نادي للمرّ * انغـدّرو كيسان

 

Sujet : poème bachique et érotique[6]. Dédié à une certaine Zouja ou Jouja (Khadoudja)  probablement de Blida. Abdelkader Lahmar était un ami du poète à Oran.

Période : oranaise  tardive, Khaldi y parle de son âge avancé.

Forme : strophique (4 heddas et 3 frachs de 4 vers)

Mètre : hedda : 10x-9y (avec des rimes internes : x-x-x-y)

             frach : 10a-9b (avec des rimes internes : a-a-a-b)

Longueur : 28 vers

2. آحـبـيـبـي اتـكـدّر البـاس * قـوم نبنو هـالـة

                                       (السّاقي)

 

Sujet : poème bachique et érotique. Dédié à Kheïra.

Période : mascarienne. Enregistré à la Sacem en 1932.

Forme : strophique (7 heddas de 4 vers et 6 frachs de 4 vers)

Mètre : hedda : 7x-5y

             frach : 6a-6b

Longueur : 52 vers

N.B : toutes les strophes, à partir de la 2ème, commencent par la même apostrophe «آ السّاقي. » Cf. n°52 

3. آ خـويـا مـا لاق لـي اصـبـر * خـاطـري افـتـكـر

          واشـتـقـيـت اخـيـال فـاضحـة  لـي اهـبـالـــي

       بختة عينين كاسح الضّفر * لا مرسول اشوارها يدّي ارسالي

 

Sujet : poème érotique adressé à Bakhta que ses ravisseurs retiennent à Tiaret hors d’atteinte des assiduités d’un Khaldi éploré. Cf.n°34 et 35.

Période : enregistré en 1954.

Forme : isométrique

Mètre : 7a-3a-10x

             7a-10x

Longueur : 24 vers

 

N.B: les vers sont reliés entre eux par un procédé qui consiste en la reprise, au vers suivant, du début du dernier hémistiche du vers précédent. Procédé que les Marocains appellent النّشب" [7]".

4. إذا اتسـال عـن حــالي راني شـايـق

                          ضـيـقـان خـاطـري يا عـتّـو ضيقـان

 

Sujet : description d’une partie de plaisir avec des amis (Mohammed, Qaddour, Ali Zouine, El Qala’i, Attou, et les flûtistes Mokhtar et Hadj M’hamed) et des filles, dont une certaine Leïla, au bord de la mer.

Période : oranaise. Enregistré à la Sacem en septembre 1959

Forme : strophique (6 heddas de 4 vers et 5 frach de 4 vers )

Mètre : hedda : 10x-9y  

             frach :  7a-7b

Longueur : 44 vers

5. آ صـبـري راني اغـريـب وانـا اقـريـب

                    مقـطـوع الصّـيـلـة اغـريـب لـو في  اهـلُه

 

Sujet : Khaldi, à l'automne de sa vie, se sent   seul, bien qu’il vive parmi les siens. La beauté de Fouzia, la fille et le double de Bakhta, renvoie le poète à ses années de jeunesse évanouies à jamais.

 Période : oranaise tardive. C’est probablement l’un des derniers textes de Khaldi

Forme : strophique (5 heddas et 4 frachs)

Mètre : hedda : 9x-9y

             frach :  9a-9a-9a-9y

Longueur : 26 vers

6. آعـذاب قـلـبي * واشـتـى ايطفّي مـشهـابـي

         ضعـت يا احـبـابي * و طـيّـبـو ادلـيـلي  الارسـام

 

Sujet : chant érotique. Khaldi reçoit la visite de Bakhta accompagnée de Kheïra et Khenatha.

Période : indeterminée

Forme : isométrique

Mètre : 4a-6a-4a-6x

Longueur : 28 vers

 

N.B: les rimes internes suivent l’ordre alphabétique.

7. آمـرا يا امـرا واش جـابـك لـبلادي

                           عـنـد قـاضي الحـبّ أيّـا نـدّاعـو

 

 

Sujet : chant érotique dédié à Bakhta. Khaldi lui dépeint la très forte impression que lui a laissé leur dernière rencontre et lui fait part de son désir lancinant d’aller la rejoindre à Tiaret.

Période : enregistré en 1938

Forme : strophique (4 heddas de 4 vers et 3 frachs de 6 vers avec richa)

Métre : hedda : 10x-9y

             frach : 8a-8b-(9y)(richa : c’est un hémistiche impair changeant à la fin du frach)

Longueur :  37 vers

8. أنا الـيـوم بالصّـح وافـيـت الـزّيـن

                        سـبـحـان ما ايـصـوّر عَـظـيـم الشّـان

 

Sujet : pièce érotique. Khaldi, après une période d’accalmie sentimentale, s’éprend, au premier regard, de la belle Kheïra. Le poète s’adresse à ces deux amis d’Oran Ahmed Tazi et cheikh Ben’ached. Concernant Kheïra voir pièces n°41,63, 65, et 66.

Période : oranaise.

Forme : strophique ( 5 heddas et 4 frachs)

Métre : hedda : 9x1-9x2

             frach : 7a-7b

Longueur : 38 vers

 

N.B : on raconte que le dernier frach, dédié à Tazi, fut supprimé suite à une mésentente entre les deux amis.

 

ب

09. بعـد قَـلـت السّـيّـة * واثـنـيـت للحـيـا

                شـاش لبـنـات الدّنـيـا * سـاكـني ارتحـل

                   (جـايّة دغـية دغـية)

 

Sujet : chant érotique dédié à Zohra, originaire de Saïda, dont Khaldi est tombé amoureux à Mascara. S’adresse à son ami Laïd.

Période : mascarienne, oeuvre de jeunesse.

Forme : isométrique

Mètre : 9x-9y avec des rimes internes(x-x-x-y)

Longueur : 35 vers

10. بعـد العـنـت الشّيطان * وانقبض عـنّي كـل السان

             شدّيـت العـوْد اعـنان * خـايفه لا يعـثـر بـــيّا

 

Sujet : pièce érotique. Voici ce qu’écrivait Khaldi dans sa déclaration à la Sacem[8] :  « Sagesse. Résolution de repentir : les rênes de mon cheval seront bien tenues afin d’éviter tout faux pas. Joie de mes amis encore ivres d’amour devant cette sage résolution. Mais hélas… ». Dédié à Yamina.

Période : oranaise. Enregistré en 1953

Forme : isométrique

Mètre : 6a-7a-6a-7x

Longueur : 24 vers

ت

 

11. اتـفكّـر خاطـري اجـماعة الاخـوان

                      ذا اشحـال اخبرهم ما هبّ شي اعـليّا

 

Sujet : Lamentations et éloge funèbre. Khaldi apprend la disparition de son ami Yahia Benmoussa de Oued Rouina, près d’Alger.

Période : oranaise. Enregistré en avril 1956

Forme : isométrique

Mètre : 9x-10y

Longueur : 37 vers


ج

12. جـابـوهـا جـابـوهـا * كــل واحــد منـهـم بـوهـا

        الجـيـش مـع الجـبهة * منـاضـلـيـن و مـكـافحـيـن

 

Sujet :  Hymne patriotique. 1962: l’Algérie accède enfin à son indépendance  après le combat de tout un peuple.

Période : juillet 1962.

Forme : isométrique

Mètre : 6a-7a-6a-7x

Longueur : version incomplète

 

13. جـار اعـليّا الهـمّ واكـثـر تشغـابي

                       واشّـرتـل شمل كـان فالعـزّ امـلايـم

 

 

Sujet : voici ce qu’écrivait Khaldi dans sa déclaration à la Sacem[9] : « Vaincu par les soucis, poésie sentencieuse. Réflexions amères sur les vicissitudes du temps. Les soucis et les ennuis triomphent, le foyer est dispersé, et mon cheval, recru de fatigue, tombe devant l’assaut des ennemis. Des amis, aucune aide n’est venue, et leurs promesses sont restées verbales. Ma main, sans chaleur, ne reconnaît plus le chemin de ma poche, mon regard est rivé au sol, et la moue a remplacé le sourire. »

Période : oranaise. Enregistré en 1953

Forme : isométrique

Mètre : 10x-10y

Longueur : 31 vers


14. جـاني ارسـول سـتّـي رمقـات الجـارح

                       يا عـاشقـيـن كي هـلـكوني الاخـبـار

 

 

Sujet : Exhortation. Le poète reçoit la nouvelle de l’arrestation de Setti, une grande dame de la ville, issue d’une vieille famille oranaise, pendant la guerre de libération nationale (1956 ?). Il tente de la consoler et de la soutenir dans cette dure épreuve. Cf. Pièce n°56.

Période : oranaise, guerre de libération (1954-1962)

Forme : isométrique

Mètre : 10x-9y

Longueur : 45 vers

15. جـيـت نـلعـب لـعـبة * الحـبّ بـيّا الـعـب

                       (العـزبة)

 

 

Sujet : pièce érotique. Le poète tombe amoureux d’une jeune fille qui fait mine de s’offrir pour ensuite se dérober à lui. Belle description des sentiments et des pulsions contradictoires.

Période : oranaise

Forme : isométrique

Mètre : 5x1-4x2

Longueur : 51 vers


ح

16. حتّى قـلـت اتهـنّـيـت * والغـرام ارمـيـتـه واغـنـيـت

               والمـرو الّي حـبّـيـت * ذو اسنـيـن  اسـكـت اعـلــيّا

 

 

Sujet : chant érotique. Voici ce qu’écrit Khaldi dans sa déclaration à la Sacem[10] : 

« Portrait et revirement, revirement. En vain j’ai cru avoir trouvé ma sérénité. Plus de passion, ma bien-aimée depuis des années a gardé le silence. Je me suis dit : « que sa volonté soit faite ».Malheureusement, son messager a reparu… ». Cite «la fille de Mouzaïa » dont il dit qu’elle fut son premier amour et la première femme chantée par lui, ses amis, Si Benyahia, Missoum Ould Ahmed Belabbès, Belkacem,  les flûtistes et « berrâha »[11], Ould Kouider, Lakouas, Ben Mira, Hmida et El Ouraghi, son disciple.

Période : enregistré en 1953, peut-être de la période algéroise.

Forme : isométrique

Mètre : 6a-7a-6a-7x

Longueur : 29 vers

د

17. ادّاتـنـي الصّـيـلة لمعـسـكـر

                         انـفـاقــد الاحـبـاب و الاكـبـاد

 

 

Sujet : chant épique. Rappel des hauts faits de l’émir Abdelkader.

Période : période oranaise, pendant la guerre de libération ? 

Forme : isométrique

Mètre : 7x-7y

Longueur : 47 vers dans la version que nous avons et qui nous paraît incomplète.

18. ديـري كـاسك من اكيـوسنا واسقـيـنا بمـدام

                هذا الـيوم اقـليـل ما ايكون انظيره معـلـوم

                    ( يا بـاهـي الاريـام )

 

 

Sujet : poème bachique et printanier. Adressé à une certaine    Fatima (Fattoum). Notre informateur Cheikh Mati précise que cette invitation à se joindre à eux fut lancée par Khaldi, et ses amis attablés avec lui dans un débit de boisson de la grande place (place Gambetta) de Mascara, à une belle serveuse  française dénommée Alice.

 Période : mascarienne

 Forme : isométrique

 Mètre : 12x1-12x2 .

Longueur :30 vers

N.B : on peut intercaler entre ces deux hémistiches une richa "يا باهي  الاريام" (5x1).


ذ

19. ذاك الـنّـهـار غــادي يا مـيـعـادي

                    وافـيـت من ابلادي صيـني هـــرّاب

 

 

Sujet : pièce érotique et anecdotique. Le poète fait la rencontre de la belle Fatma dans le convoi qui se rend en pèlerinage à la zaouia de Cheikh Bellahouel, à Oued-El-Kheïr (région de Mostaganem).

Période : indéterminée

Forme : strophique

Mètre :   Hedda : 9a-9x avec des rimes internes (a-a-a-x)

               Frach : 7a-7b

Longueur : 34 vers

20. ذاك اليوم الـحدّ و مـارَس * والكـرس والدّنـيـا مـدّاحـسة

(Nous verrons ça)

 

 

Sujet : Voici ce qu’écrivait Khaldi dans sa déclaration à la Sacem[12] :

 « Un dimanche du mois de mars, chant érotique et anecdotique. Rencontre fatale un dimanche de mars sur un champ de course : parmi la foule empressée, au milieu d’un groupe d’élégantes, elle s’avança, la taille souple, le regard meurtrier, les deux sourcils arcs tendus prêts à blesser l’homme téméraire. » Khaldi fait sa cour, ici, à une belle européenne.

Période : enregistré en 1953 à la Sacem et en 1954 chez Ducretet

Forme : strophique

Mètre : hedda : 8x1-8x2-(8x2)(richa : hémistiche impair invariable placé en fin de strophe)

frach : 8a-8b-(8x2) (richa : hémistiche impair variable en fin de strophe)

Longueur : 45 vers

21. ذي مـدّة مـا جـا ارسـول * بـخـتـة غـايـة مـــرادي

 

Sujet : Voici ce qu’écrivait Khaldi dans sa déclaration à la Sacem[13] :

« Sans nouvelles, chant érotique. Le messager de Bakhta, but de mes vœux , tarde à venir. Comment prendre patience devant cette longue séparation ? »

Période : enregistré à la Sacem en 1953

Forme : strophique (5 heddas et 4 frachs de 4 vers)

Mètre : hedda : 6x-7y

             frach : 6a-6b

Longueur :  36 vers

22. ذي مـدّة يـا الاخـوان * خـاطري مـا زاروه امـحــان

          قـصـت اغـرام الـنّسـوان * ما الفـيـت ابـدنيـاويّـة

               مـا رسلـولي عـلـوان * مـا اكـتـبـت ما ارسلت أنايَا

 

Sujet : chant érotique. Après une période d’oubli et d’apaisement, voilà que surgissent les souvenirs enfouis et que se rallument les feux de la passion pour Bakhta.Cite ses amis Ben Attou, Adda et Larbi.

Période : oranaise, probablement. Enregistré en 1932

Forme : isométrique

Mètre : 6a-7a

             6a-7x

             6a-7x

Longueur : version incomplète


ر

23. رانـي داعـيـك للـشّـرع يا قـصّـابـي

                             قــدّام الحـقّ انـخاصـمـك يومًا يعـظـم

 

 

Sujet :  chant satirique et sentencieux. Cette qacida  fait partie d’un ensemble de 4 textes - qui, au départ, selon certains informateurs, formaient un texte unique- écrits par Khaldi à la suite de la rupture avec son flûtiste Baghdad. Ce sont les textes de la grande remise en question et de la grande déception qu’il a éprouvé du fait, d’une part,  de l’ingratitude du métier de poète-chanteur et, d’autre part,  du volte-face de ceux qu’il prenait pour des amis. Voir textes n°13, 26, et 38.

Période : oranaise

Forme : isométrique

Mètre : 10x-10y

Longueur : 23 vers

24. رانـي عـوض الّـي امـقـاجـي * يـا انـتـاجـي

                               نـدخـل لـلـكـرطي الاّ اضـرب لـبـيـل

 

 

Sujet : chant d'exil. Le poète se lamente sur sa solitude en pays étranger, le Maroc, à la frontière avec le territoire espagnole,  pendant la période trouble de la guerre du Rif, et sur sa vie semblable à celle d’une nouvelle recrue dans une caserne.

Période : marocaine, dans les années 20. Enregistré en 1938 chez La Voix de son Maître.

Forme : strophique ( 4 heddas de 4 vers et 3 frachs de 6 vers)

Mètre : hedda : 7x-(3x)-10y (richa : court hémistiche invariable placé comme un refrain entre les deux hémistiches principaux) 

             frach : 8a-8b

Longueur : 34 vers

25. راه الخـاطـر مـحـتـاج * آي الا نـتـاج

                           واشـتـقـت اعـفـار الجـافـية اخـديـجـة

 

 

Sujet : chant érotique dédié à Khadidja, de Mascara, sa première épouse, dit-on, dont il regrette, ici, la séparation.

Période : ce texte serait son premier, période de jeunesse, à Mascara.

Forme : isométrique

Mètre : 6x1-(3x1)-9x2 (richa : court hémistiche invariable placé comme un refrain entre les deux hémistiches principaux)

Longueur : 21 vers

26. ريـتـك تـمـشي اسـريـع لـلـبـيـت اتـلـبّي

                         تـسـبـق لـلـصّـفّ الاّوّل اتقـيـم و تـحـرم

 

 

Sujet : pièce satirique et sentencieuse. Ce chant fait partie des textes que Khaldi a écrit à la suite de la brouille  avec  son flûtiste Baghdad. Cf. n°13,23, et 38.

Période : oranaise

Forme : isométrique

Mètre : 10x-10y

Longueur : 24 vers

 

27. ريـح اضرب فـالظّـهـرة و جا الأرض الحمـاد

                                         اهـلـك حـيّـي واخـيـامـه

 

 

Sujet : poème nostalgique. Khaldi brûle du désir de revoir Mascara, les Hachem, sa tribu, et de rendre visite au tombeau de Sidi Ali Benkhedda son ancêtre. Interpelle un certain Abdelkader.

Période : algéroise probablement

Forme : strophique (3 heddas et 2 frachs avec richa)

Mètre : hedda : 10x-7y

frach : 6a-4a-6a-4b-(7y) (richa : hémistiche  indépendant variable placé en fin de strophe)

Longueur : 28 vers

28. ريّـض لي نـوصيـك خيـر يا ذا الغـادي لقـزول

      تعـنى لي برسول * مكّن ذا القرطاس من ايدك لظريفة الايـدين

                          (قـول البـخـتـة قـول)

 

 

Sujet : chant érotique. Un messager est envoyé à Tiaret avec une lettre pour Bakhta. Cite les poètes de son époque : Mohammed Bellahrache, Ahmed Boutbal, Mohammed Bentaïba, M’hamed El Asnami(Ettouil), Mohammed Belfodil et Menaouer Belfodil.

Période : enregistré chez Ducretet en 1954

Forme : isométrique

Mètre : 12x-(5x)-12y-(12y) (la première richa est un hémistiche court invariable placé comme un premier refrain entre le premier et le second  hémistiches et la seconde richa est un hémistiche long invariable placé comme un second refrain à la fin de tout le vers ).

Le premier leitmotiv « تعنى لي برسول»  est interchangeable avec « قول البختة قول ».

Longueur : 26 vers

 

29. ريـم طـلّـت من بـيـن اريـام * عـينها والحاجب لاجــو

 

 Sujet : voici ce qu’écrivait Khaldi dans sa déclaration à la Sacem[14] :

 « Une gazelle s’est montrée, chant érotique. Au milieu des belles, la bien-aimée m’a envoyé un signal : un mouvement de ses sourcils et de ses yeux, un geste de son bras blanc a ébloui ma vue. On dirait le sourire d’une fleur ou l’apparition de la pleine lune… ». Dédié à Yamina. 

Période : oranaise, enregistré à la Sacem en 1953.

Forme : strophique (4 heddas de 5 vers et 3 frachs de 4 vers avec richa)

Mètre : hedda : 7x-7y

             frach : 7z1-7z2-(7y)(richa : hémistiche impair indépendant variable placé en fin de strophe pour annoncer la strophe suivante)

NB : - toutes les heddas se terminent par le même vers sauf la dernière qui n’en conserve que le second hémistiche.

         - contrairement à la règle le poète s’en tient aux mêmes rimes dans tous les frachs.

Longueur : 32 vers


ز

30. زارني وحـش اثـنيـن اعزاز أسـم واسـما

                               للـوطـن والـزّهـرا يـشّـوّقـو انـيـامـي

 

 

Sujet : voici ce qu’écrivait Khaldi dans sa déclaration à la Sacem[15] :

« Nostalgie, chant nostalgique. Hantés par deux images mes yeux brûlent du désir de revoir mon pays natal et Zohra, le souffle qui vient de cette direction apporte des effluves de myrtes, aurais-je le bonheur, dans une union prochaine, de les contempler ? Toi qui pars à Mascara, va en paix et transmet mon salut aux Mascaréens et à Zohra. Tu lui diras ma peine… »

Période : algéroise, enregistré à la Sacem en 1953.

Forme : strophique (5 heddas et 4 frachs de 3 vers)

Mètre : hedda : 10x1-10x2

             frach : 10a-9b avec des rimes internes(a-a-a-b)

Longueur : 30 vers

31. زنـدهـا ايشـالي * و جـايّـة خـلّـي خـلّـي

         مـوت يـا العـكـلـي*وتـركب العـين عـبـرة

                             (يـميـنـة)

 

 

Sujet : voici ce qu’écrivait Khaldi dans sa déclaration à la Sacem[16] :

« Portrait de la belle, pièce érotique. Portrait émouvant de la belle : sa démarche gracieuse, son beau bras, ses parures et son parfum. Ses joues et ses yeux, tout cela remue profondément le poète… ». Il s’agit ici de Yamina.

Période : oranaise. Enregistré en 1953 à la Sacem et en 1954 chez Ducretet.

Forme : strophique (3 heddas et 2 frach)

Mètre : hedda : 4x-6x-4x-6y ou 10x-10y avec des rimes internes (x-x-x-y)

             frach : frach1 ( 4a-6a-4a-6b) soit 10a-10b

                      frach 2 (4c-6c-10d) soit 10c-10d

NB : le poète a pris la liberté de supprimer la rime interne dans le second hémistiche des vers du second frach.

Longueur : 25 vers

32. الـزّهـو فـالبـلـيـدة لـيها يا عـاشقـيـن

                              بسـطـة وفـيـشطة وازيـارة وانـزاهـة  

 

 

Sujet : chant descriptif.  La fête des roses bat son plein à Blida, et  Khaldi est parmi les chanteurs qui prennent part aux réjouissances générales.

Période : enregistré à la Sacem en septembre 1959

Forme : strophique (6 heddas de 4 vers et 5 frachs de 4 vers)

Mètre : hedda : 10x-10y

             frach : 7a-7b

Longueur : 44 vers


ش

33. شـافـت عـيني شـوفة اقـلـيـل من شـافـها

                           والّـي يشفـاهـا يـلحـقـوه الامـحـان                

 

 

Sujet : voici ce qu’écrivait Khaldi dans sa déclaration à la Sacem[17] :

« Vision, chant érotique. Enumération des charmes de la belle : en elle aucun défaut, tout est perfection, impeccable, l’avoir à soi, c’est le souverain bien, le bonheur complet. » Le belle dont il parle ici  est Yamina. Cite son ami Mohammed-Seghir.

Période : oranaise. Enregistré en 1953 à la Sacem et en 1954 chez Ducretet

Forme : strophique (4 heddas avec richa et 3 frachs de 3 vers avec richa)

Mètre : hedda : 10x-9y-(9y)(richa : hémistiche impair indépendant invariable placé comme une sorte de refrain à la fin de la strophe)

             frach : 10a-9y (avec des rimes internes : a-a-a-y)-(9y)(richa : hémistiche indépendant variable placé en fin de strophe pour annoncer la strophe suivante)

N.B: le poète, contrairement à la règle,  a conservé la même rime finale (y) dans tous les frachs. Cette rime est identique à la rime externe des heddas (y)

Longueur : 29 vers. La première version ne comptait que 22 vers mais, dans une seconde version, Khaldi a rajouté 7 vers, consacrés à l’éloge des Ouled Brahim, au début de la dernière hedda.


34. اشتـقـت غـايتي * بلّحـرش واصحاب قـانتي

              واحنايا في قـانة * في يـوم منطرب نغّـنمو ساعـاتُه

                                   ربّـي اطـلـيـبـنا تـتـمـرمد حـيـاتُه

 

 

Sujet : Pièce lyrique et satirique. Bakhta a été enlevée par un  personnage connu de la région de Tiaret (cf. Pièce n°35) qui la tient cloîtrée. Khaldi nous dépeint, dans ce texte,  sa double douleur : douleur de la séparation et douleur de l’affront subi. Evoque son ami le poète Bellahrache.

Période : indéterminée

Forme : isométrique 

Mètre : 4a-7a-6x-10y-(10y)(richa : hémistiche invariable placé comme un leitmotiv à la fin du vers)

Longueur : 24 vers

ض

35. ضـنّـيـت مـن اغـزالي نـقـطـع لـيّـاس

                                 مـا جـا ارسـولـها ذي مــدّة

                    (بـخـتـة ادّاوهـا الصّـيّـادة)

 

 

Sujet : pièce érotique. Cela fait deux longues années que Bakhta n’a pas donné signe de vie, retenue prisonnière dans une tribu connue des environs de Tiaret, loin de Khaldi qui désespère de la revoir un jour(cf. Pièce n°34). Cite son ami  le chanteur bédouin Djelloul Ben Mjedded.

Période : oranaise

Forme : strophique (3 heddas de 5 vers et 2 frachs de 4 vers)

Mètre : hedda : 9x-7y

             frach : 7a-7b

N.B : Le dernier hémistiche est identique dans toutes les heddas et constitue une sorte de leitmotiv « بختة ادّاوها الصّيّادة  » sans être une richa.

Longueur : 23 vers


ط

36. طـال المـرغـوب والمـرام * آصبـري لـمتى اتـوالــي

 

 

Sujet : chant bachique et érotique. Adressé à Bakhta, selon cheikh Mati. Cf. n°48.

Période : indéterminée

Forme : strophique (4 heddas de 4 vers et 3 frachs de 4 vers)

Mètre : hedda : 6x-7y

             frach : 6a-7b

N.B : le dernier hémistiche est identique dans toutes les heddas. C’est une sorte de leitmotiv « ليوك يا ليلة الوصالِ  »

Longueur : 28 vers

ع

37. عـاري اعـليـك لا تهديـني نـوتى * آي بختة

                             ضـرّي اعلى ايـدك وادواياَ بـدواك

 

 

Sujet : chant érotique dédié à Bakhta. Dans une première version le poème commençait par «  راني امريض لا تهديني نوتى »

Période : enregistré à la Sacem en 1932

Forme : isométrique

Métre : 9x-(3x)-9y (richa : court hémistiche invariable placé entre le premier et second hémistiche de chaque vers comme un leitmotiv)

N.B : Le poète utilise ici le procédé de liaison des vers dont nous avons parlé plus haut au sujet de la pièce n°3.

Longueur :  24 vers

38. عـيّـتـني ذا الطّـريـق ما هـيـش الأبـي

                        واطـوالـت يا اقـرايحي واتـمـدّت كــم

 

 

Sujet : voici le texte de la déclaration de Khaldi à la  Sacem[18] :

« Chemin fatigant, chant lyrique. Réflexions pessimistes sur l’art et la profession de poète-chanteur : voie pénible qui n’a pas été celle de mon père, longue, longue et si pleine de déboires et de désillusions. La folle jeunesse a décidé de l’avenir de l’homme mûr, c’est elle qui a goûté autrefois aux délices de ce banquet où prenaient place des hommes de bon ton. »(cf.n°13, 23 et 26).

Période : oranaise, enregistré à la Sacem en 1953

Forme : isométrique

Mètre : 10x-10y

Longueur : 36 vers

39. عـيّـتـني ذا القـفّة * و لا اعطات اعـليّا عـفّة

                   عـمّرها ما تـكـفى* ابغـيت حاضر والاّ بالدّيـن

 

 

Sujet : Pièce sociale et politique. Décrit le quotidien tragique des Algériens, à l’époque de l’OAS, et le bilan catastrophique des 7 années de guerre. Texte écrit au moment des négociations d’Evian.

Période : mars 1962

Forme : isométrique

Mètre : 6a-7a-6a-7x

Longueur : 32 vers

ف

40. فـال زيـن والـزّيـن الـزّهــرا * فـي ابـنـات مـزغـنّـة تـبـدي

 

 

Sujet : Chant érotique dédié à Zohra de Blida.

Période : algéroise

Forme : strophique (4 heddas de 4 vers - exceptée la dernière qui en a 5 - et 3 frachs de 4 vers)

Mètre : hedda : 7x-7y

             frach : 7a-7b

Longueur : 29 vers

41. في حـدّ مالبحـر وامـواجه تـتـغـالـى

                              لـيـلة امضـات لـنا بهـنـا واقـبـول

 

 

Sujet : voici ce qu’écrivait Khaldi dans sa déclaration à la Sacem[19] :

« Sur la plage, chant lyrique. Nuit de divertissement au bord de la mer, face au bouillonnement des vagues. Devant une table garnie coquettement par les soins d’Ali, les belles sont là, joyeuses, et les flûtes ululent d’allégresse et la coupe circule… ». Les belles dont il s’agit se nomment Khadoudja, Kheïra, une autre Kheïra et puis Djamila. Bakhta, absente, est évoquée. Cet Ali dont parle Khaldi est son ami Ali «Tchato », assassiné par l’O.A.S. en 1962, d’après Mati.

Période : enregistré à la Sacem en 1953 et chez Ducretet en 1954

Forme : strophique (4 heddas et 3 frachs de 4 vers)

Mètre : hedda : 10x1-9x2

             frach : 7a-7b ( le premier frach est en a1-a2)

N.B : la dernière partie du dernier hémistiche de la hedda  " والكاس ايجول "est répétée comme un leitmotiv final dans toutes les heddas.

Longueur : 30 vers

ق

42. قـلبـي اهـوى البسطة مـن ذوك الزّاهـريـن

                             هـذو اسنـيـن يـا صـبـري نـتـمـنّاهـا

 

 

Sujet : voici ce qu’écrivait Khaldi dans sa déclaration à la Sacem[20] :

« Partie de plaisir, Aspiration. Il y a des années que mon coeur soupire après un divertissement de qualité : une installation fastueuse et calme où la beauté s’exalte orgueil-leusement, dans une ombre royale, un haut lieu fortifié loin des regards, des fenêtres avec balcons tournées vers la mer et tendus de rideaux riches… ». Fait l’éloge de ses amis présents Adda Ben Mnaouer, et Mohammed Ould El Hadj El Yamine. 

Période : enregistré à la Sacem en 1953 et chez Ducretet en 1954

Forme : strophique (3 heddas et 2 frachs)

Mètre : hedda : 10x-10y

             frach : 7x1-7x2

N.B : les frachs ont des rimes fixes ce qui est une entorse à la règle.

Longueur : 30 vers


ك

43. كـنـت في خـطـرة * ويـن ارمـاتـنـي الـقـدرة

                   و كـل خطـرة * يـرمـيـني خـاطـري للاّخـطـار

 

 

Sujet : chant érotique et descriptif. Rencontre avec la belle au cours d’une soirée de mariage.

Période : indéterminée

Forme : isométrique

Mètre : 10x1-10x2 avec des rimes internes(x1-x1-x1-x2)

Longueur : 23 vers

44. كـي راني نعـشـق فـيـك * يـا مـذبـالة العـيون

                    واعـلـيـك راني مـمحـون

                            (مـنّـون)

 

 

Sujet : chant érotique dédiée à Mennoun, d’une grande famille de Mascara, un amour de jeunesse.

Période : mascarienne, poème des débuts.

Forme : isométrique

Mètre : 6x-6x-6y-(6y)-6x-6y (richa : hémistiche invariable placé après le troisième hémistiche comme un refrain " "يا مذبالة العيون)

N.B : les interprètes ajoutent un second refrain, la richa

"يا منّون", mais dans la version écrite de la main du poète, elle n’existe pas.

  Signalons, en outre, que le poète a placé en début du poème, un vers introductif de 3 hémistiches(6x-6y-6y)  qui constitue en quelque sorte le noyau structurel de la pièce.

Longueur : 16 vers

 

45. كـي اهـلـكـني الحـاج وانـايَا هـالـك

                            قـالّـي ولـد اعـطـيّـة يا الشّـيخ انـظـم

 

 

Sujet : lamentations et éloge funèbre. Composé à la demande de son ami El Hadj Ould ‘Attia qui vient de perdre sa femme  El ‘Alia.

Période : indéterminée

Forme : isométrique

Mètre : 10x-10y

Longueur : 40 vers

ل

46. لـكـفـاح الإستعـمـار * ناضـت ثـورة في الاقـطـار

                 و ادعـا الـدّاعي بجهار * هـلـمّـو يـا مـواطـنـيـن

 

 

Sujet : chant révolutionnaire et patriotique sur la lutte du peuple algérien pour son indépendance.

Période : oranaise, 1958 ?

Forme : isométrique

Mètre : 6a-7a-6a-7x

N.B : le poète essaye de conserver une rime fixe dans la plus grande partie du texte soit 6x-7x-6x-7y

Longueur : 33 vers

م

47. مـا اتـسـالي عـمّـا بـياّ * الـرّاشـديّـة

                               الاّ انـتِِ هـاني وانـايَا اعـليـك سـوّال

                               (الـرّاشـديّـة)

 

 

Sujet : chant érotique de la première époque dédié à une femme de Mascara. Khaldi y cite son élève Ould ‘Aïnouna et son maître, le poète aveugle, Moqaddem Meziane.

Période : mascarienne.

Forme : isométrique

Mètre : 7x-(3x)-10y (soit, à l’origine, 10x-10y avec transformation des 3 dernières syllabes du premier hémistiche en un leitmotiv ou richa inter-hémistiche)

Longueur : 21 vers

48. مـاذا مـن زيـن فالـرّيـام * ماذا مـن زيـن فـي اغـزالــي

                           (الوصف)

 

 

Sujet : chant érotique et descriptif. Portrait de Bakhta. Cf.n°36.

Période : enregistré à la Sacem en avril 1932

Forme : isométrique

Mètre : 6x-7y

Longueur : 47 vers

 49. مـبـرك هـذا الـيـوم اعـلينا * بالجـزايـر استولـيــنا

                          استـلاء متمـوم

        لـك الحمـد يا مـولانـا * والـشّـكـر الـدّيــــــوم

 

 

Sujet : hymne patriotique. C’est le 5 juillet 1962 et l’Algérie fête son indépendance nouvelle.

Période : 1962

Forme : isométrique

Mètre : 8a-8a-5x

                   8a-5x

N.B : le poète essaye de conserver une rime fixe dans la plus grande partie du texte soit 8x-8x-5y-8x-5y

Longueur : 17 vers

50. مقوى مـول المحنة ما ايطيب له ارقــاد * كي يهنا يا رجّــالَ

                                      (مولاة السّيّالة)

 

 

Sujet : chant érotique, thème de l’éloignement, dédié à Bakhta à qui le poète reproche de ne plus lui donner de ses nouvelles.

Période : enregistré chez «La Voix de son Maître » en 1930

Forme : strophique (4 heddas de 6 vers et 3 frachs de 9 vers)

Mètre : hedda : 10x-7y

             frach 1 et 2 : 7w-7z1

             frach 3 : 7w-7z2

N.B : on note ici une tendance, contraire à la règle admise, de conserver les mêmes rimes d’un frach à l’autre.

Longueur : 51 vers

ه

51. هـاج الرّبـيـع هـيّـج مـن هـم حايّـيـن

                             لـيـتـاك يا اشـبـاب اتـولّي لـيـتـاك

 

 

Sujet : printanière. Description d’une virée, à bord de deux voitures, dont une Chambord, à Aïn-Franin, à l’est d’Oran, un jour de printemps, en compagnie de Zohra et Bahia venues de Mascara.

Période : oranaise

Forme : strophique (4 heddas et 3 frachs)

Mètre : hedda : 9x-9y 

             frach : 9a-7b

Longueur : 37 vers

52. هـبّ عـنّي انسـيـم نـكّـاس * هـزّ غـصـني و شـالى

 

 

Sujet : chant bachique. Evoque ses amis Ali «Tchato » et Lahmar, absents. Selon cheikh Mati, ce chant est dédié à une certaine Juliette qui possédait un bar sur le boulevard Charlemagne à Oran. Cf. n°2.

Période : oranaise. Enregistré chez Ducretet en 1954

Forme : strophique (4 heddas et 3 frachs)

Mètre : hedda :6x-5y

             frach : 6a-6b

N.B : toutes les heddas se terminent par  le même vers comme une sorte de refrain (sans être une richa), sauf la dernière qui n’en conserve que le second hémistiche.

Longueur : 55 vers

53. اهـتـكـت الـدّيـن و الشّـريعـة واتـعـدّيـت

                             شرع الله يا الكـاس خـلّـيـنا نهـنـو

                              (الكـاس)

 

 

Sujet : pièce sentencieuse et critique. Le poète brosse un tableau sans complaisance des ravages, sociaux et  moraux, de l’alcoolisme en milieu musulman et, à travers le procès de l’alcool, c’est un véritable réquisitoire contre le colonialisme que dresse un Khaldi plein de lucidité. Cf. n°67.

Période : enregistré à la Sacem en avril 1932

Forme : isométrique

Mètre : 10x-10y

Longueur : 46 vers

54. هذو اسنـيـن وانا قـلـبي هـاني

                          غـانـي اعـلى المسـايل واعلى الدّنـيـا

 

 

Sujet : chant érotique. Khaldi a depuis longtemps perdu de vue Bakhta, et mène désormais, côté cœur,  une vie paisible, mais voilà que surgit Yamina et qu’il succombe encore une fois...

Période : enregistré à la Sacem en avril 1932

Forme : strophique (2 heddas et 1 frach)

Mètre : hedda : 9x-9y

             frach : 9a-9b

Longueur : 27 vers

55. هـضّـو امـحايـنـه واتـفـكّـر * قـلـبـي اشـتـاق قـلـب امـعـسـكـر

 

 

Sujet : chant nostalgique, érotique et descriptif. Khaldi qui habitait, à ce moment-là, à El Harrach, près d’Alger,  y languit de Mascara, se souvient des soirées passées avec les poètes-chanteurs, et nous décrit les charmes d’une certaine Fatma qui réside à Mostaganem. Evoque, sans les nommer, son élève Benyahia de Mascara et son ami le poète Bellahrache.

Période : algéroise

Forme : strophique (3 heddas et 2 frachs)

Mètre : hedda : 7a-7a-6x

                         7a-6x

             frach : 7a1-7a2

Longueur : 33 vers

56. اهـلـك بحـري وهـاج فـكري والشّـوق اتـرادف

                          اهـدف لي هـادف

      جـاش الغـيـوان في اضميري واكـثـر تـهـوالـه

 

 

Sujet : pièce élogieuse et lyrique. Khaldi y vante les charmes et les mérites de Setti, la grande dame oranaise, avec qui il vient de passer des moments tout aussi délicieux qu’inattendus. Cf. n°14.

Période : oranaise

Forme : isométrique

Mètre : 12x-(5x)-12y(richa : hémistiche court invariable placé comme un leitmotiv entre le premier et le second hémistiche de chaque vers)

Longueur : 35 vers

57. هـلـكـو قـلبي و هـوّلوني الاخـبـار

                           من امعـسكـر واتـيارت في انـهـار وردو

 

 

Sujet : élégiaque et sentencieuse. Voici ce qu’écrivait Khaldi dans sa déclaration à la Sacem[21] :

« Réponse à des calomnies. Des rumeurs venues de Mascara et de Tiaret m’ont troublé. « Il ne fera rien ce bavard » ont-ils dit. Mais la justice immanente existe… ».

Période : algéroise, enregistré à la Sacem en 1953.

Forme : isométrique

Mètre : 9x-10y

Longueur : 30 vers

و

58. واش جـابـك لـيّا زدتـي اهـواسـي * زارني تـشـطـانـك بـغـتـة

                        (يا اربـيـع اعـيوني بـخـتـة)

 

 

Sujet : chant érotique dédié à Bakhta.

Période : enregistré à la Sacem en avril 1932

Forme : strophique (4 heddas de 5 vers et 3 frachs de 4 vers avec richa)

Mètre : hedda : 9x-7y

             frach : 7a-7b-(7y)(richa : hémistiche impair indépendant variable placé à la fin de la strophe pour annoncer la strophe suivante)

N.B : Le second hémistiche du vers final est identique dans toutes les heddas « يا اربيع اعيوني بختة, », il se répète comme un leitmotiv. 

Longueur : 32 vers

59. واش ايصـبّـر * ما ادريـت بحـبـيـبـي يـغـدر

                      مـا نـتـهـنّى فـايـت المـحـايـن ذا الـمحـنة

 

 

Sujet : pièce érotique dédiée à Yamina. Khaldi ne peut s’empêcher de continuer à l’aimer malgré ses infidélités[22].

Période : indéterminée

Forme : strophique (5 heddas de 3 vers et 4 frachs de 3 vers avec une richa)

Mètre : hedda : 4a-7a-11x

             frach : 4a-7a-4a-7a-(4a-7x)(richa : composée de deux hémistiches indépendants variables placés en fin de strophe pour annoncer la strophe suivante)

Longueur :  27 vers

60. وحـد الغـزال يا الاحـبـاب اسـرقـنـي

                               مـذكـور فالجـلـيـبـة الـوهـرانـيّـة

 

 

Sujet : chant érotique dédié à Yamina, la fille de Chlef         (El Asnam), qui habite le quartier d’Eckmühl à Oran.

Période : oranaise

Forme : strophique (2 heddas et 1 frach)

Mètre : hedda : 9x-9y

             frach : 9a-9b

Longueur : 36 vers


ي

61. يـا ذاك اسـتـنّـانـي * يـا مرسـول الحـبّ انحـشّـمـك

 

 

Sujet : voici le texte de la déclaration de Khaldi à la Sacem[23].

« Le messager de l’amour, pièce érotique. Messager de l’amour attends, je vais te confier une épître pour Yamina. Evoque-moi devant cette belle et transmet lui mes hommages… »

Période : oranaise, enregistré à la Sacem en 1953

Forme : isométrique

Mètre : 6x-7y

Longueur : 36 vers

 62. يا سـاقـي كاس الغـرام غـدّرت كـاسي

                              وانـايَا مثمـول من اهـوى مـن نهـواها

 

 

Sujet : voici le texte de la déclaration de Khaldi à la  Sacem[24] :

« L’échanson de l’amour, chant érotique. La coupe de l’amour m’a été servie toute pleine alors que j’étais déjà ivre. Plus de raison ni de sommeil, mais le tête-à-tête nocturne et diurne avec son image… »

Dédié à Yamina.

Période : oranaise, enregistré à la Sacem en 1953 et chez Ducretet en 1954

Forme : strophique (4 heddas de 4 vers avec richa et 3 frach de 5 vers avec richa)

Mètre : hedda : 10x-10y-(10y)(richa : hémistiche impair placé en fin de la première strophe, dans la version que j’ai ?)

                 frach : 10a-10z-(10y)(richa : hémistiche impair indépendant variable placé en fin de strophe pour annoncer la strophe suivante)

N.B : on notera que dans les frachs le poète a conservé la même rime  externe.

Longueur : 31 vers

63. يـا سـايـلـني اعـلى احـوالــي واهوايا

                             الـسّـرّ ايطـيـب للسّمع عـنـد التّخـمـار

 

 

Sujet : Dures reproches à Kheïra, l’infidèle, qu’il a tant aimé mais qu’il finit, ici, par vouer aux gémonies, et considérations amères sur les femmes. C’est le texte de la rupture avec Kheïra, la belle blonde aux yeux bleus. Cite ses deux fils Mohammed-Seghier et Mokhtar. Cf. n°66.

Période : oranaise

Forme : isométrique

Mètre :  10x-10y

Longueur : 46 vers

64. يا صـاحـب العـراقي عـمّـر لـنا اخـريـن

                         نـار الحـزيـن ذا ويـن اقـوى بـلـبـالـها

 

 

Sujet : voici le texte de la déclaration de Khaldi à la Sacem[25]:

« L’échanson, chant bachique. Ô échanson, verse d’autres coupes, le feu de la tristesse maintenant est attisé, les fils de ma trame sont inextricables aux deux bouts, ma conscience a chaviré et mes yeux pleurent l’objet de mes désirs, après l’oubli surgit le souvenir, la séparation et l’absence de nouvelles… ». Khaldi est ici à El Harrach, dans un bar, en compagnie de Marie,  Suzanne, et Mohammed El Rilizani.

Période : algéroise, enregistré en 1953 à la Sacem

Forme : strophique (4 heddas de 3 vers et 3 frachs de 7 vers)

Mètre : hedda : 10x-10y

             frach : 7w-7z

N.B :- les heddas commencent toutes par le même hémistiche impair

        - les frachs, contrairement à la règle, ne changent pas de rimes

Longueur : 33 vers

65. يا صـاحب المـدام اسقـيـني قـتّـالة

                             مـا زال خـاطـري يا سـاقي مثمـول

 

 

Sujet : voici le texte de la déclaration de Khaldi à la      Sacem [26] :

« L’échanson, chant érotique et bachique. Ô échanson verse une coupe décisive, j’ai encore un reste d’ivresse, la coupe de l’amour est un malheur accablant, une épreuve, un égarement et celui qui en boit une rasade s’en va perdu. J’en ai pris à pleine mains, à satiété, servie par Kheïra et mon ivresse est folie. Kora servi par Âllala n’en a pas pris autant et mon ivresse-(à moi ?)-dure depuis plusieurs années… ».

 Khaldi est ici à El Harrach, dans un bar, en compagnie de Marie (cf.n°64). Le même chant a été réutilisé plus tard mais avec le nom de Bakhta à la place de Kheïra.

Période : algéroise, enregistré à la Sacem en 1953

Forme : strophique (4 heddas de 4 vers et 3 frachs de 4 vers)

Mètre : hedda : 10x1-9x2

             frach : 7a-7b

Longueur : 28 vers

66. يا صـاحـي بعّـدني اسلـيـم لا تـنعـداش

                              يهـديـك الله من ذا الـسّـوال بـركـانـا

                            (التّـنـقـريـش)

 

 

Sujet : chant érotique dédié à Kheïra avec laquelle il rompra dans le chant n°63. Déjà percent ici les griefs qui vont conduire à la séparation.

Période : oranaise, enregistré en 1932 à la Sacem

Forme : isométrique

Mètre : 10x-10y

Longueur : 59 vers

67. يا اطـويـل الـرّقـبة فـيـك ريـت العـجـب

                              امحايـنـك اصعـيـبة واثّـرت فـالعـرب

 

 

Sujet : pièce morale, sentencieuse, et allégorique. Comme dans la pièce n°53,  Khaldi fait ici le procès du colonialisme à travers celui de l’alcool en décrivant ses ravages sur  la population et la société musulmanes.

Période : oranaise

Forme : isométrique

Mètre : 5x1-4x-5x1-4x ou (9x-9x) avec des rimes internes

Longueur : 21 vers

 

 

 

يا الـبـنـات الّي اتحـوّسـو فـالبـلاصـة

                               يـا حوريـات الـفـنا اجـلبـتـو اهـوالـي

 

 

Sujet : pièce érotique. Oeuvre de jeunesse de Khaldi qu’il a laissé inachevée, dit-on. D’après cheikh Mati les filles dont il s’agit, ici, sont les ouvrières employées dans les ateliers de tissage de tapis (دار الزّرابي) à Mascara. Khaldi les décrit ici à leur sortie du travail.

Période : mascarienne. Enregistré en avril1956 à la Sacem

Forme : strophique (2 heddas et 2 frachs)

Mètre : hedda : 10x-10y

             frach : 10a-10b avec des rimes internes(a-a-a-b)

Longueur : 29 vers

N.B : ce texte se termine par un frach, alors qu’il devrait se terminer sur une hedda, ce qui prouve bien qu’il est resté inachevé.

69. يا معـظـم يـومًا جــات * امـنـيّـتي سـابغة الـنّجـلات

             بخـتـة زيـنـة الانعـات * والــوجــاب الـهـواريّــة

                  فـاتـت نجـمـة الاوقـات * فالطّـبـع ذا المــزوزيّـــة

                               (بـخـتـة)

 

 

Sujet : pièce érotique et anecdotique. Khaldi part accueillir Bakhta à sa descente de train et l’emmène, en calèche,  dans un hôtel. Cite son ami mascarien Smaïn.

Période : mascarienne.

Forme : isométrique

Mètre : 6a-7a-6a-7x

             6a-7x

Longueur : 27 vers

70. يـا من درتـك خـلّـة اعلاه تنسي الخـلـيـل

                               بعـد اتـمالـحـنا ما ابـقـات خـدعـة

 

 

Sujet : pièce érotique dédiée à Bakhta à qui Khaldi reproche son long silence qui confine à l’indifférence.

Période : oranaise

Forme : strophique (3 heddas et 2 frachs)

Mètre : hedda : 10x-9y

             frach : 10a1-10a2 avec des rimes internes (a1-a1-a1-a2)

Longueur : 34 vers

71. يـوم العـيـد اسّـالـمـو الاحـبـاب*آبـخـتـة وانـا اسـلامـي ويــن

 

 

Sujet : voici le texte de la déclaration de Khaldi à la Sacem[27] :

« Jour de fête, jour de liesse, chant érotique. Reproche à l’amante : c’est la fête, tout le monde s’embrasse, pourquoi déroges-tu à cette règle, ô Bakhta ? Ma fête passe tristement à espérer, à désespérer, à nourrir de sombres pensées, à errer ça et là, sans but, comme un aveugle. Lune éblouissante, pourquoi me priver de ma part ? »

Période : oranaise, enregistré à la Sacem en 1953

Forme : strophique (4 heddas et 3 frachs de 4 vers)

Mètre : hedda : 8x-8y

             frach : 8w-8z

N.B : contrairement à la règle, les rimes ne changent pas d’un frach à l’autre.

Longueur : 29 vers

72. يـوم العـيـد ويـوم جمعـة * صـادتـني يا نـاس روعـة

     رحـت اعلى حسب الطبيعة * نسّارى زعمة انفاجي في الامحان

     لـن وافـيـت اريام ربعـة * بالغيّ اسكارا ايسوجو في بستـان

                      هـاج الفكر مع اشـواقي

                   (اخيـار النّشوة اعـراقي)

 

 

Sujet : chant érotique et anecdotique. Rencontre avec des belles marocaines, Yamina et Djamila. Inspiré, selon toute vraisemblance, par le fameux chant de Mestfa Ben Brahim "القيت أنايا خودات".

Période : marocaine, enregistré, en 1930, chez «la Voix de son Maître »(en duo avec Hamada) et en 1938. La déclaration à la Sacem ne date que de 1953.

Forme : isométrique

Mètre : 7a-7a-7a-10x

             7a-10x

             7y

Longueur : 25 vers


Annexe

 

Liste des œuvres inconnues, de transcription douteuse ou  introuvables,  déposées[28]  sous le nom de Abdelkader Khaldi

 

أيّا نغدو اشوار (الغدّارة)

بقّيت بالسّلام وطني و امشيت[29]

بلاك لا تامن النّسا[30]

اتبان غير قبّة[31]

Timah rentini (?)

جاني مرسول

خبّرني واش بك[32]

دبلوني يا صاحبي[33]

 

Dora manasouini(?)[34]

رايي الشين

ريت الزّين[35]

الزّين الغلطان

الزّين الفتّان

سال القمري

ساول بالك

سعدنا ابشايفة(؟)

الشّدّة ما اتدوم[36]

شفت عارم

صلّو اعلى الهادي[37]

 

الغزيزة يمينة

قدّاش فاتوك غمرات

قلبي هاني

لو صبت القدرة[38]

مسبوغة اللوامح

هلكتني يمينة[39]


واش ايصبّرني اعلى اخديجة (قلبي يا قلبي الله يهديك توب)[40]

وقت الملقى

وين راهي ساكنة اغزالي

يا اغشيم

يا البنات الّي اتموجو(chant n°67 ?)

Yali emissahini avavam (?)

يا مانة

 


الهوامش

 

[1] Al-Turath n°1,1992, annexe II : déclarations numérotées de 1 à 18.

 La lecture de ces déclarations  permettra, en outre,  au lecteur attentif de juger du niveau et de la qualité du français de Abdelkader Khaldi.

[2] Ibidem, discographie : documents n°1 et n°2.

[3] « Mestfa Ben Brahim, barde de l’Oranais et chantre des Beni ‘Amer », Dr.Abdelkader Azza, SNED, Alger, 1979 : page 10 et page 11 note 10.

 Et aussi « La poésie algérienne(melhûn), rythme, mètres et formes » par Ahmed Tahar, SNED, Alger, 1975 : pp.377-384.

[4] Ce terme désigne généralement un hémistiche indépendant placé en fin de strophe et qui a pour fonction d’annoncer le passage à la strophe suivante. Ce « signal » (ترياش)  consiste en ce que cet hémistiche est construit sur la même rime que la strophe qu’il préfigure. Signalons que dans les « Textes Arabes de Takroûna, par W.Marçais et A.Guîga » (Glossaire, tome 3ème, Paris, 1959, page 1644 ) le terme de ريش/ارياش »  » désigne un « chant modulé, parfois accompagné par la flûte en roseau ». 

[5] Nous n’avons malheureusement aucune référence sérieuse concernant le « chaabi » et sa terminologie technique. Par contre, pour la terminologie du « melhoun » marocain, nous avons :

-Abbâs Jirâri , « Mou’ajam moustalahât el melhoun el fannïa », in Al-Manâhil, Faculté des Lettres de Rabat, tome XI, mars 1978, pp.16-104.

-Mohammed El Fâsi, «  Ma’alamat el melhoun », tome 1, fasc.1, Rabat, 1986, pp. 69-136 : chapitre III « moustalahât el melhoun ».   

[6] Notons que la plupart des poèmes érotiques comportent  aussi des passages descriptifs, puisque tous les poètes, pratiquement, y incluent un  portrait de la belle, ce qui est quasiment une loi du genre. En outre, il est utile de préciser  que le terme « érotique » est pris, ici, dans son sens didactique et non dans son sens courant.

[7] Voir A.Jirâri à «نشب  » et M.El Fâsi à «الأبيات المنشوبة »  in références citées supra page 6 note 5. 

[8] Voir opuscule cité supra page 3 note 1 : déclaration n°14.

[9] Ibidem, déclaration n°15.

[10] Ibidem, déclaration n°16.

[11] Pour le rôle du « berrâh » voir « Mestfa Ben Brahim », (op.cité supra page 66 note 3) : pp.17-20.

[12] Ibidem, déclaration n°2.

[13] Ibidem, déclaration n°12.

[14] Ibidem, déclaration n°15.

[15] Ibidem, déclaration n°6.

[16] Ibidem, déclaration n°13.

[17] Ibidem, déclaration n°7

[18] Ibidem, déclaration n°4.

[19] Ibidem, déclaration n°8.

[20] Ibidem, déclaration n°11.

[21] Ibidem, déclaration n°17.

[22] D’après notre informateur, le poète Hadj Khaled Mihoubi de Tiaret, ce texte est l’œuvre du poète Abdelkader Benchérif El Abassi dont Khaldi aurait été un élève à Mascara.

[23] Ibidem, déclaration n°18.

[24] Ibidem, déclaration n°1.

[25] Ibidem, déclaration n°10.

[26] Ibidem, déclaration n°9.

[27] Ibidem, déclaration n°5.

[28] Voir : Al-Turath, II. Discographie, documents 1 et 2.

Nous tenons à remercier notre ami Hadj Khaled Mihoubi pour sa contribution à l’identification de certains titres.

[29] Ce chant est généralement attribué à Youcef Belabbès, Le frère du grand poète Belabbès El Mazouni. Mais selon Hadj Khaled, notre informateur, ce texte a été écrit par Balabbès au moment de partir en Tunisie où son frère Youcef justement venait d’être assassiné.

[30] Certains informateurs  attribuent, à tort, ce texte à son frère Sadek Khaldi. En réalité, ce chant appartiendrait à l’un des maîtres de Khaldi, le poète Si Tahar Ben Moulay de Mascara. Par ailleurs, dans un autre texte d’un autre poète de Mascara, Abdelkader Ben Hawwa, nous trouvons ce vers :

بلاك اتّامن فالنّسا * هما الّي دارو تاسا * كثرتهم ابلايسة * واكلامهم اخطيّة

[31] Ceci serait le début d’un chant du poète Ben Othman :

اتبان غير قبّة * اسرا في غابة * ضيّ الينبوبة...

[32] C’est le fameux chant de cheikh Boudissa que M.Belhalfaoui (La poésie arabe maghrébine d’expression populaire, 144) attribue fautivement à Bessouiket :

خبّرني واش بك يا عودي يهديك * حشّمتك بالنّبي وعيسى بن مريم

[33] Ceci est le début d’un chant très populaire du Caïd Boukhors :

دبلوني يا صاحبي الارسام * امشيت انزور امقام سعديّة 

[34] C’est probablement la transcription de « درة من النسواني ». Texte non identifié

[35] Ce serait un texte de Khaldi. L’hémistiche complet est «فالمحلّة  ريت الزّين».

[36] C’est le début du 8ème vers de «هلكو قلبي و هوّلوني الاخبار  ». (n°57) :

الشّدّة ما اتدوم وايجو الامطار*ما ايبس يخضار ويجري الما العوده 

 

[37] Ce serait un chant de Bellaflâf poète des Ouled Aouf de Mascara.

[38] Un texte satirique et sentencieux bien connu de Hadj Khaled Benahmed commence ainsi :

لو صبت القدرة انطير ابغير اجناح * و نهدى وطن الجافلين ابلا جفلة

Voir : El Kenz el meknoun, pp.110-114.

[39] Du poète Abdelkader Bencherif de Mascara.

[40] Ceci est le début d’une qacida du poète mascarien Abdelkader Bencherif El-Abassi:

قلبي يا قلبي الله يهديك توب * ليّاش طول الزّمان تلجى