Les Cahiers Du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Index des cahiers

Les cahiers du Crasc, N° 04, Turath n° 2, 2002, p. 9 | Texte Intégral


 

 


Ahmed-Amine DELLAÏ et Rahmouna MEHADJI

 

 

Ce numéro consacré au poète de melhoun Abdelkader El Khaldi se veut avant tout une introduction à sa vie et à son œuvre. Nous avons tenté, à travers nos contributions, d’une part de présenter les principaux jalons de sa vie et de dégager quelques grands thèmes de son œuvre et d’autre part de donner une description détaillée du corpus rassemblé au cours de notre collecte et que nous travaillons à « mettre en forme » pour une édition critique dans une prochaine étape.

 Abdelkader El Khaldi est le poète de deux grandes villes de l’Oranie au dialecte arabe bédouinisant : Mascara et Oran. D’abord Mascara, sa ville natale,  grand foyer de poésie melhoun traditionnelle où il s’assimila, auprès de ses maîtres Abdelkader Bencherif, Tahar Ben Moulay, Moqaddem Meziane et Boutaleb Benyekhlef, l’héritage poétique des grands poètes de Mascara et de la plaine de Ghriss, sans oublier les autres poètes connus de l’Oranie comme Mohammed Belkheïr ou Mustapha Ben Brahim surtout.  Et puis Oran, ville au substrat bédouin indéniable, mais culturellement et musicalement plus cosmopolite, méditerranéenne, plus ouverte aux influences externes,  où inspiration en s’imprégnant d’un certain univers citadin typiquement oranais, a pu produire des œuvres d’une facture nouvelle, dans ce que l’on peut appeler « un melhoun citadin de langue bédouinisante ». Et il n’est pas étonnant, à ce titre-là,  que des genres musicaux locaux modernes comme le « ‘asri ouaharani » de Blaoui Houari, Ahmed Wahbi et Ahmed Saber, ou le « raï » des chebs se soient reconnus dans son œuvre inspiration et  se soient emparés de ses chants pour en faire des pièces centrales de leurs répertoires.